Jeunes et autorité parentale: Ils refusent la démission et s’opposent à la sévérité excessive





Les parents sont parfois exposés à un vrai dilemme où ils hésitent entre discipline et liberté. Autrefois, les parents prônaient une discipline de fer et croyaient que la liberté faisait de l’enfant un ... raté. A présent, les mentalités ont changé et les parents d’aujourd’hui redoutent les refoulements et les frustrations qui pourraient engendrer aussi des dégâts irréparables. Alors que faire ? Selon quels principes juge-t-on les bons parents? Quelle est l’atmosphère familiale idéale selon les jeunes? Tunis - Le Quotidien A priori et d’un point de vue psychologique, la discipline et la correction sont nécessaires pour que la personnalité soit libre. Il est dans ce cas, parfois nécessaire, d’être sévère avec sa progéniture. Mais une sévérité excessive peut-être perçue comme une expression haineuse qui plonge l’enfant dans un état de terreur et qui, une fois à l’âge de l’adolescence, échappera au contrôle et n’acceptera pas qu’on le retienne quand il veut étendre ses ailes. Et même s’il ne manifeste pas son mécontentement, la sévérité excessive peut avoir un effet boomerang. Une fois loin du contrôle, il se crée son propre monde où il agit à sa guise, histoire de se “venger” ... Certains parents ont l’impression de posséder totalement leurs descendants ... Normal ils les ont “créés” ! Du coup, ils les entravent les surveillent et ne leur laissent aucune marge de liberté. D’autres, savent que s’ils frustrent leur petits cela aura des répercussions graves sur leur équilibre. Raison pour laquelle ils optent pour la juste mesure. C’est le cas des parents de Afef Hosni, 20 ans étudiante. Afef bénéficie d’une marge de liberté assez confortables. Ce qui caractérise sa relations avec ses parents, c’est la confiance mutuelle. “Ma relation avec mes parents est avant tout basée sur la confiance. Ils m’ont inculqué des normes de base et ils ont confiance en moi. Ils savent que je ne foulerai jamais aux pieds certaines règles. Je n’ai jamais ressenti que l’un de mes parents cherche à envahir ma vie. Certes, ils me posent quelques questions et je réponds. Ils ne fouillent pas dans mes affaires et je ne me suis jamais sentie obligée d’agir en cachette. La transparence, la confiance et le dialogue me laissent épanouie. Cela dit, je sais que nombreux sont les jeunes qui n’ont pas la même chance que moi. Mais ce que doivent comprendre les parents, c’est que si un jeune s’entête à faire quelque chose, nul ne peut le dissuader même en lui imposant une règle de conduite draconienne. Cela pousse un jeune à se sentir frustré et réprimé et c’est là où réside le vrai danger”, dit-elle. Nesrine Ouertani, 20 ans étudiante, semble aussi bénéficier d’un capital de confiance qu’elle veut préserver coûte que coûte. “Tout parent normalement conçu saura éduquer ses enfants selon les normes. Si les parents se montrent très sévères, cela traduit chez eux une certaine anomalie. Toute personne a un besoin vital de bénéficier d’une marge de liberté sinon, elle risque de devenir atteinte psychologiquement d’un certain complexe. Toutefois, les parents ont absolument un droit de regard sur leurs enfants. Je suis tout à fait contre la démission parentale. Lorsque mes parents interviennent pour me remettre à l’ordre ou me demandent des explications, je me sens en sécurité. C’est une preuve qu’ils seront toujours là pour accomplir leur rôle. En revanche je jouis d’une importante marge de liberté et ils m’ont appris que cette liberté je dois la mériter et la gagner. Je n’ai jamais été fouillée ou “espionnée” à mon insu. Ils me font confiance et j’en suis digne dans la mesure où je suis très responsable”, dit-elle. Khaled Lachaâl, 22 ans étudiant, reconnaît avoir été sujet aux “questionnaires” et aux “comptes rendus” quand il était adolescent. Mais cela ne déplaît aucunement au jeune homme qui se sent aujourd’hui digne de la confiance que ses parents lui accordent. “Je pense que tout adolescent doit être suivi et orienté”. A cet âge, il a l’impression qu’il a grandi et qu’il peut s’assumer entièrement et c’est faux ! Certes, il faut toujours laisser une marge de liberté à cet enfant qui a grandi, mais il faut aussi lui faire comprendre qu’il est toujours sous contrôle jusqu’à ce qu’il atteigne la maturité. Je suis contre la démission parentale qui a aussi bien des répercussions négatives au même titre que la sévérité et la répression. Et je pense en outre qu’il est impossible d’avoir une recette standard. Chaque être est différent et chacun doit être traité selon ce qu’il est. Un enfant frivole ou ayant des pulsions agressives, ne peut pas bénéficier de la même marge de liberté qu’un autre beaucoup plus obéissant et responsable. C’est-là où doivent intervenir les parents pour corriger, orienter ... Sinon punir. En revanche, je suis intransigeant quant à la nécessité d’avoir droit à la liberté individuelle. Certaines choses sont inconcevables et ce n’est pas parce qu’on est des parents qu’on doit penser que tout est permis”, dit-il. Farouk, 15 ans élève, bénéficie, en dépit de son jeune âge d’une certaine liberté. “Mes parents me demandent des explications et posent beaucoup de questions. Je pense qu’ils n’ont le droit de s’immiscer dans mes affaires que lorsque je commets des erreurs. En revanche, j’ai le droit de décider de certaines choses. Ils peuvent me punir si j’ai de mauvaises notes, mais ils n’ont pas le droit de m’imposer certains amis et m’interdire de fréquenter d’autres par exemple. Ils peuvent discuter avec moi, m’orienter et me conseiller, mais c’est à moi de décider”, dit-il. Abir Chemli-Oueslati


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com