Tunis 2005 : Un nouveau monde est né





Le Sommet Mondial sur la Société de l’Information vient de se clôturer en laissant un nouvel héritage à l’humanité, une nouvelle culture et une nouvelle manière de penser. Nous sommes ainsi les témoins privilégiés de la naissance d’un nouveau monde où l’exclusion et l’intégration sont aussi aisées l’une que l’autre et où seuls ceux qui s’y investissent sans limites peuvent prétendre survivre. Tunis - Le Quotidien Le constat de la naissance de ce nouveau monde part d’une interrogation toute simple: pourquoi ces centaines d’entreprises de premier plan, dont le but est pourtant de gagner de l’argent, ont-elles tant investi pour être vues à Tunis? La réponse est aussi simple: elles ont déjà identifié le potentiel immense et les perspectives sans précédent de la construction de la société du savoir partout dans le monde. Elles savent que la tendance est absolument irréversible et que la marche forcée vers cette société est désormais enclenchée, aussi bien dans les pays industrialisés qui mènent le mouvement que dans les régions en développement dont les ambitions de prendre le train en marche est de notoriété publique. Elle n’est pas folle la guêpe et elle n’a certainement pas la vocation du bénévolat puisque l’entreprise, surtout quand elle est d’envergure internationale, ne fait pas un pas et, a fortiori, ne se jette pas à corps perdu dans un créneau, sans être d’abord passée par une foule impressionnante de consultants, de bureaux d’études, d’enquêteurs... qui passent au crible les moindres détails, du stratégique aux ressources humaines, en passant par le marketing, le management, le plan de financement, les marchés cibles, les programmes ad hoc... Et c’est exactement ce qui s’est passé ces dernières années. Une convergence sans égal a été observée dans les travaux de toutes sortes de gourous reconnus de penseurs, d’analystes, de commentateurs, d’universitaires... où les conclusions se rejoignaient sur un point essentiel: la Société de l’Information est entrain de naître et les implications de cette naissance toucheront tous les domaines de la vie des nations: politique, économique, social, écologique, sécuritaire, technologique... Dans cette mesure, le Sommet de Tunis est venu faire le bilan, mettre les points sur les “i” et donner la preuve que cette nouvelle société sera, sans le moindre doute, à l’ordre du jour de la Communauté internationale pour de longues années à venir. Mais, cette société, n’apporte pas uniquement des perspectives. Elle est également porteuse de responsabilités aussi incontournables que lourdes parce que le niveau de leur nécessité caracole vers les sommets de l’investissement de soi, de l’engagement total des nations et de la participation réelle de la Communauté. C’est une nouvelle manière de penser qui est demandée expressément à chacun d’entre nous, une nouvelle culture où nous avons à passer de nos habitudes du monde physique à un royaume plus virtuel, plus rapide et plus qualitatif. Pour ne prendre qu’un exemple parmi des milliers, ceux qui ont pris l’habitude d’utiliser le papier pour toutes sortes de travaux doivent trouver les ressources de passer aux supports électroniques; Au début, ce sera évidemment difficile et, d’ailleurs, le zéro papier hésite à s’intégrer dans les mœurs alors que la question est sur la table depuis des années. Ce qui est vrai pour le passage du papier à la page électronique l’est également pour tout ce qui fait notre vie de tous les jours. A nous tous de nous rendre à l’évidence des sollicitations d’une toute nouvelle culture qui véhiculerait une approche vraiment qualitative entre l’outil et le contenu. Nous avons ainsi à nous approprier cet outil des TIC, à le maîtriser, à l’asservir à nos besoins, à le diriger vers nos priorités. Pour cela, il n’y a pas d’autre perspective que d’investir encore et encore. Que ce soit par le budget personnel de chacun d’entre-nous ou par les programmes de nos Etats ou encore par le soutien des institutions internationales. Tout cela de concert et en marche forcée car le temps œuvrera contre les retardataires. Quant au contenu, il commence immanquablement par l’individu qui n’a d’autre perspective que de s’engager dans l’apprentissage permanent et finit par les Etats qui doivent y mettre du leur en passant par les jalons essentiels de la société civile et des entreprises. Ce nouveau monde qui est né à Tunis est une chance et une épreuve; à chacun d’entre-nous de ne rater ni l’une ni l’autre. Manoubi AKROUT manoubi.akrout@planet.tn


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com