Prix Cittadellante Minimum Prize 2005 : L’intelligence en fête





Le musicien engagé et ministre de la Culture du Brésil, Gilbert Gil a décerné avant-hier soir le prix Cittadellante Minimum Prize 2005 à Richard M. Stallman, le créateur du Système Opérationnel GNU. L’ambiance au siège de la Fondation Orestiadi à Tunis-Médina était colorée et de haute facture. Ils étaient presque tous là. Des ministres et parlementaires, des journalistes et autres invités parmi les 23.000 participants au SMSI de Tunis (du 16 au 18 novembre au Palexpo du Kram). Ils sont venus du Japon, du Brésil, du Portugal, d’Espagne, de France, d’Italie et d’ailleurs. Ils étaient là pour couvrir l’événement ou uniquement comme curieux. Ceux qui ont brillé par leur absence étaient, hélas, les communicateurs tunisiens. Qui ont raté un autre événement du Sommet. Car Richard Mathew Stallman est une figure emblématique dans le monde. Il s’agit du pape des logiciels libres. N’est-il pas ce fondateur de la Free Software Fondation qui a rendu possible l’exploitation libre des systèmes sans le passage obligatoire par la logique propriétaire? Et bien-sûr il mérite le prix de l’année (celui de 2004, a été donné au livre Parler avec l’ennemi de Jamil Hilal et d’Ilan Pappe). Mais ce prix lui sera attribué tard dans la soirée par (imaginez qui!) un autre homme célèbre. Il s’agit de l’enfant de Salvador de Bahia, l’artiste engagé des années 1960 et l’un des piliers du mouvement “Tropicalia”, Gilberto Gil. Qui a été nommé ministre de la Culture du Brésil par le président travailliste Lulla, il y a près de trois ans. Depuis, cet homme est à l’écoute des jeunes, qu’il ne cesse de croiser pendant ses fréquentes tournées. Car, monsieur le ministre (pour cinq jours de la semaine) continue à donner des concerts les week-end. Afin qu’il puisse couvrir frais et salaires et boucler la fin des mois de ses 20 ou plus musiciens. Après avoir assisté au débat de 19h30 qui a été un peu houleux sur la liberté et l’équité dans le monde, Gilbert Gil, impeccablement vêtu, toujours avec ses longues tresses retenues en arrière par un catogan et avec son large et éternel sourire, a décerné le prix de l’édition 2005 à Richard M. Stallman, une sorte de quote-part (une propriété du musée d’art contemporain en cours de construction, “Art Aevi” de Sarajevo) qu’a conçue l’architecte Renzo Piano. Quand ce dernier a fait son entrée tout en simplicité, tous les regards et projecteurs ont été braqués sur ce personnage. De taille moyenne, cheveux bruns longs et ondulés, une barbe généreuse, un tee shirt aux manches courtes et d’un vert “gazonné”, un pantalon kaki, le père des logiciels libres ne passe pas inaperçu avec ce badge qu’il a enveloppé de papier aluminium et bourré de symboles et autres “facteurs” de résistance afin que la liberté continue à exister pour tous. Félicité et primé, monsieur le libérateur a pris à son tour la parole pour remercier, encourager cette foule venue pour lui. Et qui continue à croire aux valeurs et aux progrès qui conduiront, par les arts et les connaissances, à la cohabitation heureuse entre tous les peuples du monde et avec toutes les différences. Ces propos ont été offerts avec une note d’humour et dans toutes les langues. Les présents ont été très touchés et l’ont applaudi. Mais, ils ont aussi sifflé ce grand moment qui va certainement leur rester pour longtemps gravé dans leur mémoire et la mémoire des technologies. Et bien sûr, la cérémonie doit bien se célébrer et se terminer en beauté. Le ministre-musicien n’a pas tardé à prendre sa guitare et à donner la voix. La voix de la conscience, de l'humanité, de la liberté, de la protection de la faune et de la flore. La vedette « finalement associée à la performance musicale, l’un des résultats du workshop C-O-D-E-X, organisé par Love Différence et Digital Culture (département du ministère de la Culture du Brésil) à Dar Bach Hamba, afin “d’activer et partager la créativité libre et responsable à travers l’emploi des technologies des free software”. A ces airs agréables enduits d’art et d’intelligence, ont pris part de Tunisie Brahim Bahloul et Habib Jouini avec un extrait de leur Ifriga. Mais aussi Abdellatif et Mohsen Tizaf du Maroc et Chrétien Scabello du Brésil. Tous ont été debout autour de cette magnifique et géante table représentant le Bassin méditerranéen, pour la bonne cause. “Il s’agit d’une guerre contre tous ceux qui veulent nous violer l’imaginaire et nous déposséder de notre naturelle liberté”, nous a dit le Français Xavier Faltot, un jeune participent au SMSI de Tunis, et qui milite comme les millions de jeunes pour la libre circulation des connaissances. Et que les gens du Nord et du Sud scellent leur union pour combattre les obstacles et effacer les frontières entre les pays et construire l’Histoire harmonieuse de tous les hommes de la planète, nés libres. Définitivement et avec les mêmes chances. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com