L’ambassadeur US échappe de justesse à une attaque : La Résistance monte d’un cran





Sur fond de pessimisme des Irakiens sur la conférence de réconciliation du Caire, la Résistance est montée d’un cran en attaquant sans l’atteindre l’ambassadeur US à Bagdad. Le Quotidien-Agences Un obus est tombé hier près du lieu où se tenait une cérémonie de remise aux autorités irakiennes des palais de Saddam Hussein à Tikrit, en présence de l'ambassadeur des Etats-Unis, qui a été protégé par ses gardes du corps lors de la chute du projectile, selon l'armée américaine. Le commandant des forces américaines en Irak, le général George Casey, et des responsables irakiens, dont le gouverneur de la province de Salaheddine Hamad Mahmoud Al-Qaïssi et le ministre de la Justice Abdel Hussein Chandal, étaient aussi présents. L'obus de mortier est tombé à environ 500 mètres du lieu où se déroulait la cérémonie, qui venait de commencer, semant la panique parmi les participants. Les gardes du corps de l'ambassadeur américain, Zalmay Khalilzad, se sont immédiatement jetés sur lui pour le protéger, alors que ceux du général Casey le mettaient à l'abri, en courant. Selon des personnes sur place, l'obus a explosé et une personne a été légèrement blessée. Toutefois, un porte-parole américain, le colonel Barry Johnson, tout en confirmant la chute d'un obus "à quelques centaines de mètres" du lieu de la cérémonie, a assuré qu'il n'avait pas explosé et n'avait pas fait de blessé. Après une brève interruption, la cérémonie a pu reprendre et le drapeau irakien a été hissé à la place de l'américain. Le gouverneur de Salaheddine a reçu les clefs du complexe et affirmé que certains palais serviraient de bâtiments publics alors que d'autres seraient transformés en complexe touristique. "La remise du complexe au ministère irakien des Finances et au gouvernorat (de Salaheddine, dont Tikrit est le chef-lieu) sera un événement important qui démontre la capacité grandissante du gouvernement irakien à s'auto-administrer", avait déclaré lundi le colonel Billy Buckner, porte-parole militaire américain. Cette attaque spectaculaire intervient alors que les Irakiens ont affiché un optimisme prudent, au lendemain de la réunion inter-irakienne du Caire, en espérant que les avancées réalisées dureraient jusqu'à la conférence de réconciliation prévue début 2006. "L'important ce n'est pas d'obtenir des décisions et des déclarations finales mais de les voir appliquées sur le terrain", a déclaré le président du Parlement, le sunnite Hajem al-Hassani, en commentant la réunion du Caire. "Maintenant que le dialogue est ouvert, il faut lui voir des applications réelles dès le retour des délégations à Bagdad. Nous ne pouvons pas attendre deux ou trois mois (jusqu'à la conférence de réconciliation) pour commencer à y penser", a-t-il ajouté. Les principales forces politiques, réunies pendant trois jours au Caire, ont surmonté les divergences et convenu de tenir cette conférence fin février ou début mars prochain, à Bagdad. Elles ont établi aussi une série de "mesures (pour le) rétablissement de la confiance", dont l'arrêt de l'échange d'accusations entre les différentes communautés et la tenue de réunions régulières entre ses membres pour "préparer le climat d'entente" avant la conférence. "Nous espérons que cette entente survive jusqu'à février. Si la volonté affichée au Caire est réelle, cette entente durera. Sinon, l'Irak s'enfoncera encore plus dans la tourmente", a affirmé le député chiite Fattah al-Cheikh, proche du courant du dirigeant radical Moqtada Sadr. Il a espéré que "toutes les parties" participeront au prochain gouvernement, en référence aux sunnites. La réunion du Caire a en effet permis aussi la réintégration, avant les législatives du 15 décembre, sur la scène politique des sunnites qui, en janvier dernier, ont boycotté les premières élections générales de l'après-Saddam Hussein. Hassani a estimé que leur présence au Caire a représenté "un pas plus important que ceux qui avaient été pris par le passé". "J'espère qu'il sera suivi d'autres, notamment lors des élections de décembre". La presse de Bagdad a également affiché un optimisme prudent. Si les journaux rapportent, en détails et en Une, les résultats de la réunion, peu vont jusqu'à en tirer des conclusions, en attendant le retour des délégations. "Malgré le peu d'espoir que cette réunion avait suscité au départ, tout le monde s'accorde à dire qu'il s'agit d'un bon début", écrit le quotidien indépendant Al-Mashriq.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com