Après une offensive sans précédent : Israël se replie devant le Hezbollah





Le gouvernement israélien a indiqué hier qu’il veut éviter une escalade militaire avec le Hezbollah : un signe que ce dernier reste le maître du jeu au Liban Sud. Le Quotidien — Agences Israël a affirmé hier vouloir éviter une escalade militaire au Liban au lendemain d'affrontements, les plus violents depuis des mois, ayant opposé son armée au Hezbollah chiîte libanais à la frontière entre les deux pays. "Israël ne veut pas provoquer une escalade au Liban", a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Marc Regev. "La solution n'est pas militaire, elle passe par l'application dans son intégralité de la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'Onu", a ajouté ce responsable. "Cette résolution qui prévoit le désarmement de toutes les milices notamment de la plus importante d'entre elles, le Hezbollah, n'a pas été appliquée, rien ne s'est produit", a déploré le porte-parole. "La présence près de notre frontière nord d'une milice telle que le Hezbollah constitue un élément d'instabilité", a également souligné ce porte-parole. * Le Hezbollah défie Washington Ces déclarations israéliennes ont été considérées comme un aveu d’échec devant la force de Hezbollah qui vient de montrer avec ces attaques qu’il n’était pas question qu’il rendre les armes. Soutenu par Damas et Téhéran, toutes deux dans le collimateur des Etats-Unis, le Hezbollah est le seul groupe libanais qui n'a pas été désarmé après la fin de la guerre civile au Liban (1975-1990). L'armée libanaise est certes présente au Liban sud, mais le véritable maître du jeu reste le Hezbollah chiîte dont le bras armé, la résistance islamique, mène des opérations à intervalles irréguliers contre les positions militaires israéliennes dans le secteur des "Fermes de Chebaa", aux confins du Liban, d'Israël et de la Syrie. "L'escalade de lundi a envoyé le message qu'il existait deux camps au Liban: un camp de la résistance, qui soutient la Syrie face aux pressions américaines, et l'autre anti-syrien, qui soutient les projets hégémoniques des Etats-Unis dans la région", écrit le quotidien arabe Al-Qods al-Arabi. Le Hezbollah a fait lundi la démonstration de sa puissance au cours de violents affrontements avec l'armée israélienne qui ont fait quatre morts dans ses rangs et onze blessés israéliens. Le ministre israélien de la Défense Shaoul Mofaz a reconnu que le secteur des Fermes de Chebaa a connu les bombardements les plus massifs du Hezbollah, depuis le retrait d'Israël du Liban sud en mai 2000. L'accalmie enregistrée hier, au lendemain des affrontements, semble montrer cependant qu’Israël ne souhaitent pas pousser plus loin l'escalade. Le secteur de Chebaa est un minuscule territoire montagneux de 20 km conquis par Israël sur la Syrie avec le plateau du Golan en 1967. Il est revendiqué aujourd'hui par le Liban, avec l'assentiment de Damas. A l'occasion de la fête de l'indépendance libanaise, le Premier ministre Fouad Siniora a réaffirmé hier que ce secteur était "libanais". L'Onu considère cependant que la zone est syrienne. Adoptée en septembre 2004, la résolution 1559 de l'Onu, qui a conduit au retrait des troupes syriennes du Liban, demande le désarmement du Hezbollah et des groupes palestiniens, ainsi que le rétablissement de l'autorité du gouvernement de Beyrouth sur tout le pays. Mais le mouvement chiîte, désormais représenté dans le gouvernement, ne l'entend pas de cette oreille, et considère cette résolution comme une ingérence dans les affaires intérieures du Liban.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com