J.T.C. 2005 : L’Afrique ouvre le bal





“Sogolon: la vie ordinaire d’une femme épique” est une épopée musicale qui donnera le coup d’envoi des Journées Théâtrales de Carthage 2005. De l’Afrique et en particulier de la Côte d’Ivoire nous vient ce spectacle qui s’interroge sur la philosophie de la beauté et de la laideur. C’est à partir de 19h00 que le Théâtre Municipal ouvrira ses portails pour accueillir les invités de la 12ème session des Journées Théâtrales de Carthage, une manifestation d’envergure internationale qui vise à présenter les expériences théâtrales actuelles mais surtout à rendre hommage à ces militants de l’Afrique, de l’Europe et de l’Asie qui ont choisi le 4ème art. La cérémonie d’ouverture aura lieu à partir de 19h00 en présence de Mohamed El Aziz Ben Achour, ministre de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine et d’un chapelet d’hommes de théâtre qui ont répondu présent à l’invitation de Mohamed Driss, le directeur artistique de cette 12ème édition. “Je suis sûr que vous allez aimer Sogolon, c’est un vrai chef-d’œuvre enraciné au cœur de l’Afrique et qui répond bel et bien au thème principal de cette édition qui est l’ouverture” nous a promis Mohamed Driss, lors de la conférence de presse tenue mardi. Ce soir, sera le jour de la vérité et les enjeux sont majeurs car Driss doit prouver son bon choix d’avoir cédé l’ouverture à un spectacle ivoirien et non pas tunisien, sujet d’un débat houleux, actuellement! Après les allocutions de bienvenue, le public découvrira l’épopée musicale “Sogolon: la vie ordinaire d’une femme épique, un spectacle basé sur un mariage des expressions artistiques différentes telles que le théâtre, le chant, la danse et le jeu des marionnettes. Sogolon Kedjou est le symbole suprême de la laideur: mais la légende a voulu aussi qu’elle soit la mère de l’Enfant Prédit Sunjata Keita, l’un des grands empereurs d’Afrique. Entre la légende et les voyances des chasseurs du Mandigue est née cette contradiction entre deux mondes et les interrogations se sont accumulées. Comment la majesté, la beauté et le pouvoir peuvent naître de la laideur ? La lumière de l’obscurité? La force de la faiblesse? Cette épopée est représentative car elle souligne cette démarche que les grands aèdes africains ont dû faire pour atteindre les cieux de la créativité de leurs ancêtres et pour se plonger au cœur de l’Afrique. Ces lignes ne sont qu’un avant-goût du spectacle de l’ouverture qui porte la signature de l’Ivoirienne, d’origine camerounaise Werewere - Liking une artiste qui multiplie les casquettes entre peinture, mise en scène, dramaturgie, écriture de scénario, costumière de théâtre et de cinéma. A l’affiche de cette épopée, Werewere - Liking “accapare” l’écriture et la composition des chants, la mise en scène, la conception des décors, de costumes, des marionnettes et des accessoires. Elle partage également la dramaturgie avec Zadi Zahourou et la scène avec une brochette de comédiens comme Nserel Njock, Légré Djièk, Pap Gnepo, Ben Mpeck, Péhoula Zerehoué, Prince Macauley, Grédé Kevin, Lem Liking, Ba Banga Nyeck, Zaoli Mabo, Soro Badrissa et Opoh Dabo. Nous y reviendrons. Imen ABDERRAHMANI ___________________________________________ J.T.C. : Les comédiens tunisiens livrent leurs attentes C’est aujourd’hui que démarre la 12ème session des Journées théâtrales de Carthage. Qu’attendent les artistes et comédiens de cette kermesse du 4ème art dans sa version 2005? Le Quotidien a recueilli les témoignages de quelques-uns d’entre eux. Chedly Arfaoui “C’est seule l’appréciation positive du public qui nous vaudra tous les galons. On ne cherche ni d’être dans une compétition ni d’avoir un Tanit. Notre pièce, “La Gare”, répond aux critères académiques d’une œuvre qui se respecte. On espère que cela sera appréhendé par le public. A priori, je suis satisfait de l’organisation de cette manifestation, car on m’a désigné une salle pour y répéter quatre jours avant la représentation. J’ai même mis les décors qu’il faut et placardé mes affiches. Lors de la dernière session des JTC, j’ai été écarté; pourtant j’avais une pièce nouvelle “Le Testament” d’un texte de Sghaïer Ouled H’med. Alors, j’ai créé à El Teatro un festival destiné aux jeunes metteurs en scène en février 2004. Il a réussi si l’on considère que toutes les personnes qui y ont participé, ont été admises dans cette session des JTC. Cela montre que nos jeunes ont leur place sur la scène théâtrale tunisienne. Il faut tout juste leur donner l’opportunité de montrer leur compétence et leur talent”. Ramzi Azaïez “Je suis satisfait de la programmation de la 12ème session des JTC car les jeunes n’ont pas été négligés, ils ont eu une place aux côtés des “grands”. Il faut donner l’opportunité aux jeunes pour montrer leurs compétences et en même temps il ne s’agit pas de laisser tomber les anciens. Le juste équilibre est retrouvé cette année. Au sujet de l’absence cette année d’une compétition dans les JTC, je pense que c’est une bonne et une mauvaise chose à la fois. C’est positif dans le sens où la comparaison entre le théâtre tunisien et à titre d’exemple africain est difficile voire impossible en raison de la foncière différence entre les deux théâtres. C’est négatif si l’on considère qu’une compétition crée un esprit d’émulation. Elle encourage moralement et matériellement les artistes”. Atef Belhassine “J’ai boycotté la dernière session des JTC parce que notre pièce a été annulée à la dernière minute. Mes attentes concernant cette 12ème session? D’emblée, on ne peut rien dire d’objectif tant que les JTC n’ont pas encore commencé. Mais, à mon sens, il faudrait bien revoir la relation des JTC avec le public. Cette manifestation cible-t-elle une certaine élite qui commence à perdre du terrain ou est-elle destinée à tout le monde, tous niveaux intellectuels confondus. Pour le deuxième cas, il faudrait sensibiliser le citoyen à cette manifestation par un programme d’animation spécifique. Sans oublier la publicité (affiches, annonces radio et TV) qui est une partie intégrante de toute manifestation qui réussit et qui se respecte. Il faut aussi se poser une question fondamentale sur la relation du théâtre avec les hommes de théâtre. Est-ce que les comédiens font de l’art pour l’art ou est-ce qu’ils choisissent la solution de facilité si jamais un contrat dans un feuilleton TV leur était présenté. Il est par ailleurs un problème inhérent aux espaces: pourquoi se limiter à quelques lieux connus et ne pas en adapter bien d’autres au théâtre, tels que les salles de cinéma et les espaces commerciaux. On pourrait ainsi amener le théâtre vers le public et non pas le contraire. Avant, les gens se déplaçaient pour voir une pièce de théâtre. Aujourd’hui, la TV répond à toutes leurs attentes. Alors les hommes de théâtre devraient repenser leur stratégie pour fidéliser le public. Celle-ci passe aussi par les médias”. Mona BEN GAMRA ___________________________________________ D’ici et delà * Le théâtre tunisien est fortement présent via plusieurs spectacles: “Etat civil” de Atef Ben Hassine, “Carton pour deux” de Ramzi Azaïez et Amel Farji, “Hawa Watani” de Raja Ben Ammar et Moncef Sayem, “Ahl El Hawa” de Dhafer Néji et Abdelwaheb Jomli, “Erostate” de Moncef Souissi, “Z’indiens” de Noureddine El Ouerghi, “El Moutachaâbitoun” de Ali Louati et Mohamed Driss, “Les voleurs de Bagdad” de Taoufik Jebali “Mourir d’adorer” de Mohamed El Ouni et Hassen Mouadhen, “Œdipe, le tyran” de Noureddine El Ati, “Le carnaval” de Hamadi El Mezzi, “Zamen” de Ezzeddine Madani et Ridha Drira, “Bakhara” de Lassaâd Ben Abdallah, “Dar Ellil” de Imed Jomaâ, “Les étoiles filantes meurent en silence” de Nawel Skandrani et “Sergio Gazzo”, “Mille et une nuits” de Naceur Khémir “Minuit moins une” de Sondoss Bel Hassen. * Plusieurs rencontres seront organisées, parallèlement aux représentations théâtrales réuniront les instituts d’Art dramatique arabes, africains et méditerranéens. Parmi les instituts qui seont au rendez-vous, on cite: l’Institut Supérieur d’Art Dramatique de la Tunisie de Damas et l’ Ecole Régionale d’acteurs de Cannes - France et l’Ecole Ki Yi Werewere Abidjan, de la Côte d’Ivoire. * L’Irak sera présent malgré toutes les entraves: “Irak-Irak” sera jouée le 30 novembre, à 21h30, à la salle le Mondial qui s’est relookée pour accueillir les hommes de théâtre tunisiens, arabes et africains. Le deuxième rendez-vous avec cette œuvre théâtrale sera le 1er décembre sur les planches du Mondial mais à 17h00. “Irak-Irak” porte la signature de Jawad Chakarji qui ne sera pas le seul artiste irakien à défiler sur les “scènes tunisiennes. Parmi les invités d’honneur, on cite: “Haythem Abderrazek, Salah Kassab, Aouatef Naïm... * L’Institut National du Patrimoine a choisi d’adhérer à ces journées théâtrales de Carthage à travers une exposition intitulée “Patrimoine sous la lumière”. C’est à l’espace de l’Etoile du Nord que le grand public peut découvrir le quotidien; un regard sur le passé, le présent... sur un monde magique... à voir ! I.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com