Iran-Irak : Talabani quitte Téhéran avec l’assurance de son soutien contre la Résistance





Le président irakien Jalal Talabani a conclu hier une visite historique en Iran, affirmant avoir reçu l'engagement de Téhéran à l'aider à mettre fin à l'insurrection qui touche son pays. Le Quotidien-Agences Ce déplacement, le premier d'un président de l'Irak en Iran depuis presque quarante ans a aussi été l'occasion d'aborder les relations économiques entre ces deux gros producteurs de pétrole. "L'Iran a un intérêt dans notre sécurité comme il a un intérêt dans sa propre sécurité. Nous devrions utiliser tous les moyens pour établir la sécurité en Irak", a dit le chef de l'Etat irakien en quittant son homologue iranien, Mahmoud Ahmadinejad, à l'issue d'une visite de trois jours. Talabani a affirmé avoir reçu des engagements de soutien en ce sens lors de ses entretiens avec le président iranien et le Guide suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei. "Ils m'ont tous dit une chose: il n'y a pas de limite à la coopération et au soutien de l'Iran au peuple et au gouvernement irakien", a-t-il assuré. De nombreux responsables irakiens, avec les Etats-Unis et la Grande Bretagne, accusent l'Iran de soutenir une frange de l'insurrection en Irak, mais aussi de s'ingérer dans les affaires politiques du pays. L'Iran a toujours démenti ces accusations, tout en se félicitant que les représentants de la communauté chiîte en Irak aient largement remporté, avec les Kurdes, les élections de janvier dernier, et y dominent l'appareil d'Etat. "Nous sommes très désolés de ce qui se passe en Irak en ce moment, et nous espérons que l'établissement d'un Etat souverain viendra rapidement", a dit Mahmoud Ahmadinejad en faisant ses adieux à Talabani. "Je suis certain que la partie iranienne nous fournira toute l'aide nécessaire pour éradiquer le terrorisme" frappant l'Irak, avait dit Talabani, à l'issue d'un entretien préliminaire lundi avec Ahmadinejad. Ce dernier lui avait répondu que dans cette lutte, "la nation iranienne se tiendra au côté de la nation irakienne et de son peuple". * Coopération économique "Nous avons discuté de politique et de coopération économique et sécuritaire", a dit hier le chef de l'Etat irakien, en évoquant des échanges de gaz et pétrole, une possible liaison ferroviaire entre Bassorah dans le sud de l'Irak et Khorramshar en Iran, ainsi que la facilitation du voyage de pèlerins iraniens vers des lieux saints chiîtes en Irak. L'Iran, deuxième producteur de pétrole de l'Opep, "est prêt à mettre à la disposition de l'Irak son expérience dans les domaines pétrolier, gazier, pétrochimique et électrique", avait dit Ahmadinejad, en accueillant Talabani. Ce dernier était accompagné des ministres irakiens de l'Electricité et de la Planification, mais aucun accord dans ces secteurs n'a été annoncé à l'issue de la visite. Elu en avril, Jalal Talabani est le premier chef d'Etat irakien à effectuer une visite officielle en Iran depuis celle de Abdel Rahman Aref, président de l'Irak entre 1966 et 1968. Le Premier ministre irakien, Ibrahim Jaafari, s'est rendu en juillet en Iran. Le prédécesseur de Ahmadinejad à l'époque, Mohammad Khatami, avait alors qualifié cette visite de "tournant dans les relations historiques des deux pays", devant permettre de "panser les plaies et de réparer les dégâts causés par Saddam (Hussein) à la coopération commune". Il faisait référence à la guerre ayant opposé l'Iran et l'Irak de 1980 à 1988 et qui aurait fait environ un million de morts, selon une estimation communément admise. Les relations entre les deux pays se sont nettement réchauffées depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, et a fortiori après le succès des listes chiîte et kurde aux élections générales irakiennes de janvier. L'Iran chiîte soutenait ces deux communautés contre le régime sunnite de Saddam Husseïn.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com