Embrasement sur la frontière avec Israël : Le gouvernement libanais joue la carte du Hezbollah





Le gouvernement libanais a affiché sa solidarité avec le Hezbollah, que l'Onu a rendu responsable de la flambée de violence meurtrière en début de semaine à la frontière libano-israélienne. Le Quotidien-Agences Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné les hostilités qui ont opposé lundi le Hezbollah à l'armée israélienne le long de la Ligne bleue, qui sert de frontière, en imputant l'initiative au parti chiîte. Mais, le Premier ministre libanais Fouad Siniora a rejeté sur "les violations israéliennes de l'espace aérien libanais la responsabilité des derniers affrontements". Siniora a également estimé que la tension entre le Hezbollah et l'Etat hébreu était due à "la poursuite par l'armée israélienne de l'occupation des fermes de Chebaa", un secteur controversé aux confins d'Israël, de la Syrie et du Liban et revendiqué par Beyrouth. Le chef du gouvernement libanais a également réclamé la restitution par Israël des corps de trois membres du Hezbollah tués dans les affrontements de lundi, une mesure qui permettra, selon lui, de désamorcer la tension. De son côté, le chef de la majorité parlementaire, Saad Hariri, a déclaré que "le désarmement du Hezbollah ne peut pas nous être imposé car sa résistance a permis de libérer la plus grande partie du Liban sud". L'armée israélienne s'est retirée du Liban en 2000 après 22 ans d'occupation. "C'est une affaire que nous devons régler par le dialogue", a-t-il dit dans un discours dans les Antilles où il était en visite. Les membres du Conseil de sécurité ont réitéré "leur appel au gouvernement du Liban pour qu'il étende son autorité et exerce un monopole de la force sur la totalité du territoire, en conformité avec les résolutions du Conseil", dans une allusion à la résolution 1559. Cette résolution, qui a conduit au départ des soldats syriens du Liban, réclame le désarmement du Hezbollah et des Palestiniens. Selon des sources diplomatiques occidentales à Beyrouth, Washington, Ryad et le commandement de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), ont multiplié ces derniers jours les démarches pour le retour au statu quo à la frontière. Israël a néanmoins indiqué qu'il se réservait le droit de riposter en temps opportun, alors que le Hezbollah, qui fait partie du gouvernement libanais, continue d'afficher sa volonté de ne pas rendre ses armes en dépit des pressions internationales. Les affrontements de lundi ont fait quatre morts dans les rangs du Hezbollah et 11 blessés israéliens. "Les récentes agressions israéliennes visent à faire appliquer la résolution 1559 ce qui montre qu'elle est d'inspiration israélienne", a déclaré le ministre du Travail proche du Hezbollah, Trad Hamadé. "Les grandes puissances vont continuer à exploiter les agressions israéliennes pour tenter de faire appliquer la résolution 1559", a surenchérit le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad. "Les décideurs ont voulu nous mettre à l'épreuve mais notre riposte a montré que nous ne sommes pas prêts de céder aux pressions", a-t-il fait valoir. La presse libanaise a de son côté souligné l'ampleur de ces affrontements qui interviennent alors que la Syrie, soutien traditionnel du Hezbollah, est aussi dans le collimateur de la communauté internationale en raison des soupçons qui pèsent sur elle dans l'affaire de l'assassinat de Rafic Hariri.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com