Sommet de Barcelone : Quelles perspectives pour le partenariat “euromed”?





Alors que les regards s'orientent vers la capitale catalane où se tient le sommet de l'euromed qui décidera de l'avenir du partenariat entre les deux rives de la Méditerranée, à Bruxelles, où on s'active à préparer les grands dossiers du sommet, on dresse un bilan plutôt mitigé et des perspectives peu reluisantes. * De notre envoyé spécial à Bruxelles : Sabri Brahem Le constat est unanime. Dans les instances européennes qu'abrite la capitale belge en l'occurrence la Commission, le Conseil et le Parlement européens - dont la majorité des acteurs se sont déjà envoyés hier à Barcelone - on ne se fait plus de doute sur le bilan mitigé de dix ans de partenariat dans le cadre du processus de Barcelone, lancé en 1995 pour créer un partenariat politique, économique et social. De grands espoirs fondés sur les nobles principes des objectifs du partenariat euroméditerranéen se trouvent ainsi conditionnés de la réussite du sommet euromed qui se tient à partir de demain dans la capitale catalane. Il y a dix ans des objectifs ambitieux avaient été à l'origine d'un projet de partenariat qui allait faire de la région méditerranéenne un espace commun de paix et de stabilité. Aujourd'hui, à défaut de changer d'un iota, les choses stagnent et empirent, en partie au vu de la conjoncture internationale mais aussi et surtout à cause de l'incapacité des partenaires à mettre en œuvre les mécanismes établis en 1995 pour asseoir les bases d'un partenariat solide et évolutif. A Bruxelles, où la majorité de ces mécanismes sont étudiés, négociés et établis, les analystes vont dans tous les sens quant à l'échec du processus et des perspectives de sa relance. M. Raimon Obioils, député européen, membre de la commission des affaires étrangères estime qu'une “vision, souvent opposée, de ce que devrait être la coopération et des engagements des deux parties - (ndlr : L'Europe élargie d'une part et les pays de la rive sud de la Méditerranée d'autre part) a facilité cet echec. En fait la première parite qui reste dépositaire de l'initiative financière reproche aux pays du sud leur incapacité à aller de l'avant dans les réformes notamment celles relatives à la gouvenance. Ceux-ci lui reprochent par contre son engagenement peu efficient dans le développement dans leur pays.” Ainsi, précise le député, le fossé s'est creusé davantage entre la rive nord et la rive sud en 10 ans; la même période qui était cencée le rapprocher davantage. C'est d'ailleurs dans ce cadre et partant de cette même vision de l'échec constaté du processus de Barcelone, notamment sur le dossier de la coopération économique que les députés européens présents à une réunion tenue récemment à Rabat avaient appelé le sommet euroméditerranéen de Barcelone, à soutenir les réformes économiques en profondeur et l'élimination des barrières pour parvenir à une zone de libre-échange d'ici l'année 2010. Ils ont également insisté sur la nécessité d'établir un cadre réglementaire pour promouvoir la croissance économique et drainer davantage d'investissements étrangers dans la région. * Des enjeux politiques Les instances européennes semblent donc décidées à donner un nouvel élan à la coopération et au partenariat euroméditerranéen dans le cadre du même processus de Barcelone mais en partant de nouvelles perspectives que pourraient offrir le rendez-vous de Barcelone. Un rendez-vous auquel les pays du sud accordent la plus grande importance au vu des perspectives de développement qui pourraient représenter une relance du partenariat et un engagement plus éfficient de la rive nord. Car comme le précise M. Obioils, “L'euromed n'a pas donné les résultats escomptés mais il reste la seule alternative quant à une éventuelle coopération efficiente entre les deux rives de la Méditerranée.” Mais si le volet du partenariat économique se veut le grand dossier du sommet - et celui qui accaparera certainement la part du lion du débat au sein du sommet - il n'en demeure pas moins que d'autres enjeux d'ordre politique et relatifs aux engagements réciproques des deux parties figurent sur l'agenda des participants au sommet. Des contacts à Bruxelles ont précisé au Quotidien que des hypothèses auraient été probablement formulées tant au niveau des pays membres de l'UE qu'au niveau supra- national des instances européennes. Il s'agit notamment du rôle que les parties respectives se sont engagées à jouer dans la stabilistation de la région de la Méditerranée et de faire évoluer tant le paysage politique que le dénouement des crises locales qui pourraient avoir une incidence directe sur la marche du développement dans la région. Dix ans après, en fait, l'UE n'a pas pu jouer un grand rôle au Proche Orient ni exercer la moindre pression sur Israël qui fait pourtant partie de la région et qui plus est concerné par le processus de Barcelone. Sur ce dossier, Mme Christina Gallagh, porte-parole de M. Javier Solana, se veut plutôt rassurante, tout en se félicitant du rôle “avant-gardiste” joué par l'UE dans l'ouverture du passage de Rafh qui a eu lieu hier et qui a permis de désenclaver la Bande de Gaza. Mais elle précise par ailleurs, que l'UE tout en étant disposée à jouer un rôle plus agissant ne peut envisager son action qu'avec les autres partenaires notamment les USA. La porte-parole ajoute que M. Solana part à Barcelone avec un agenda qui, tout en reflétant les grandes lignes de L'UE sur les grands dossiers du sommet, vise à dynamiser les mécanismes de l'action de l'UE tant sur le plan économique que politique et humanitaire. Mais au vu des lenteurs qu'à connu le programme euromed lors de ces dix premières années, il y aurait loin de la coupe aux lèvres et les nobles principes risquent de buter sur la dure réalité.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com