La grande distribution en Tunisie : La menace des enseignes étrangères





L’implantation en Tunisie, depuis l’année 2000 des géants internationaux de la grande distribution, plonge de plus en plus le secteur des supermarchés dans une concurrence exacerbée. Un colloque qui se tient depuis hier à Tunis jette la lumière sur les perspectives du secteur. Tunis - Le Quotidien Le colloque, organisé par l’Unité de Recherche en marketing de l’Ecole supérieure de commerce de Tunis sur le thème «Les nouvelles tendances de la grande distribution en Tunisie», soulève de nombreuses problématiques touchant l’état des lieux et les perspectives de croissance du commerce intérieur en Tunisie, marqué plus que jamais par l’extension de la grande distribution. La structure actuelle du marché de la grande distribution en Tunisie selon les études les plus récentes accorde aux grandes surfaces une part de 10 à 15% du marché. Une part qui n’était que de 5% d’après les chiffres de 2001. Cette croissance très rapide du secteur de la grande distribution trouve en fait son origine dans la tendance générale des habitudes de consommation des Tunisiens. Le Pr Mohsen Dabbabi, responsable de l’Unité de recherche en marketing à l’Ecole supérieure de commerce (ESC), estime dans ce sens qu’«en plus de l’évolution du niveau de vie et la croissance du pouvoir d’achat du citoyen tunisien, il y a aussi cette culture de foule qui caractérise les Tunisiens en comparaison avec le consommateur occidental, tel que l’Américain par exemple qui considère les courses dans les hypermarchés comme étant une corvée, ce qui a fait que des enseignes, telles que «Carrefour» n’a pas réussi à s’implanter dans le marché US et a rapidement mis la clé sous la porte». L’explosion de la grande distribution en Tunisie a eu lieu, il faut le noter, suite à l’arrivée des enseignes internationales qui se sont implantées sur le marché local avec une très grande expérience et un savoir-faire en matière de marchandising et de promotion de ventes. «Cette nouvelle donne laisse aux enseignes locales aucune autre alternative que de développer leur compétitivité pour garantir leur survie», indique le spécialiste. * Menace et faiblesse! D’après lui, il ne faut pas croire que les enseignes étrangères représentent une très grande menace pour les opérateurs locaux, mais pour s’en sortir il y a de multiples points de faiblesse auxquels il faut impérativement remédier. «Ce qu’il faut faire avant tout et qui représente à mon avis, la base d’une compétitivité forte pour les grandes et moyennes surfaces (GMS) tunisiennes, c’est de travailler la composante «Humaines». Car la formation dans les techniques de marchandising et de la force de vente constitue jusqu’à présent le maillon faible dans la chaîne de distribution. Deuxième volet qui revêt une importance aussi déterminante c’est celui de la taille». Par ailleurs et sur le plan réglementaire, le professeur du marketing considère que pour assurer le développement du secteur et garantir un bon positionnement des enseignes locales tout en mettant les petits commerçants à l’abri du risque d’être écrasés, il faut bien étudier l’implantation de ces surfaces dans un plan d’aménagement urbain plus organisé. Une problématique qui figure déjà dans la stratégie globale de la modernisation du secteur commercial, mise en œuvre par le ministère du Commerce et de l’Artisanat. «La mise en place d’un plan directeur pour l’extension des grandes surfaces pour mettre à profit leur rôle dans la modernisation du secteur», constitue, en fait, une des recommandations de la réforme du secteur, annoncées par M. Mondher Zenaïdi, ministre du Commerce et de l’Artisanat lors de ce colloque. Des mesures et des réformes qui viennent à la rescousse des GMS tunisiennes en proie à une menace étrangère qui ne fait pas de quartier. H.G.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com