Accords de l’OMC : L’UTICA mobilise les chefs d’entreprise





“Nous devons nous mobiliser davantage auprès de nos autorités dans l’élaboration des positions tunisiennes afin de tirer profit de cette libéralisation”. C’est de la sorte que l’UTICA affiche ses positions vis-à-vis de la 6ème Conférence ministérielle sur les négociations multilatérales de l’OMC qui aura lieu à Hong Kong en décembre. Une journée d’information a été organisée, hier, dans ce sens par la Centrale patronale en collaboration avec la Fondation Konrad Adenauer. Tunis-Le Quotidien Pourquoi l’UTICA a-t-elle organisé cette journée d’information sur les accords de l’OMC dans la perspective de la 6ème Conférence ministérielle de Hong Kong alors que chacun sait pertinemment que les négociations se font par les gouvernements des pays membres? Simplement parce que l’aboutissement de ces négociations touche et concerne directement le secteur privé. C’est l’essentiel de la position de la Centrale patronale qui appelle tous les chefs d’entreprise tunisiens à jeter impérativement un regard spécialement scruteur sur ces négociations. “Nous devons nous mobiliser davantage (auprès de nos autorités) dans l’élaboration des positions tunisiennes afin de tirer profit de cette libéralisation”, souligne M. Mohsen Trabelsi, président de la Fédération des services (UTICA), dans une intervention au nom de M. Hédi Djilani, président de la Centrale patronale. M. Trabelsi annonce d’ailleurs que l’effort d’information et d’implication des chefs d’entreprise se poursuivra: “Après la conférence de Hong Kong, l’UTICA organisera d’autres réunions au cours de l’année 2006 sur le sujet afin d’informer et d’impliquer plus encore les professionnels du secteur privé”. C’est donc une affaire sérieuse et que nous sommes devant des négociations difficiles. On le comprend également en consultant l’ordre du jour de la Conférence de Hong Kong: - L’agriculture - L’accès aux marchés des produits non agricoles (NAMA) - Les services - Les questions de développement - L’avancement sur les règles Cinq points aussi litigieux les uns que les autres, surtout les services et l’agriculture. Mais il y a aussi une question non moins épineuse; celle de l'accès aux marchés des produits non agricoles. Comprenez qu’il s’agit surtout des textiles, de l’habillement et autres produits manufacturés. Et l’un des problèmes les plus ardus concerne l’entente sur une formule de réduction des tarifs, compliqué avec ce que l’on appelle “Formule suisse simple” qui, en gros, attaque les tarifs élevés plus que les tarifs bas sans répondre à l’exigence de réciprocité moins que totale et en établissant une harmonisation critiquée entre les tarifs des membres. La Tunisie est parmi les pays qui ont constamment rejeté la formule suisse simple, entre autres parce que les coefficients proposés jusqu’ici entraîneraient de grandes pertes pour le revenu de l’Etat et une érosion de nos préférences, en particulier sur le marché européen. Selon M. Mounir Ben Rjiba, Conseiller à la Mission permanente de la Tunisie à Genève, l’application de la formule suisse simple réduira considérablement les droits de douane. Malgré cette réalité, la Tunisie a soigneusement veillé à honorer ses engagements vis-à-vis de l’OMC. Les droits de douane sur les produits industriels baissent ainsi d’une année à l’autre. Entre 2004 et 2005, quelque 582 produits non agricoles ont enregistré des baisses significatives, particulièrement dans les textiles et l’habillement. Et l’engagement politique poursuit dans ce sens puisque le Chef de l’Etat a décidé, à l’occasion du 7 Novembre 2005, de baisser les droits de douane sur une nouvelle liste de produits. M. Ben Rjiba tient également à disserter sur les opportunités, comme il l’a fait pour les défis, soulignant que nous sommes devant des opportunités pour les exportations tunisiennes sur des marchés protégés jusqu’ici par des droits de douane élevés: l’habillement vers le sud asiatique (Japon, Singapour, Hong Kong) ainsi que le Royaume Uni et le Mexique, les câbles et fibres optiques vers la Chine, l’Allemagne, les Pays-Bas, les USA, le Japon et le Canada, les produits chimiques inorganiques vers le Canada, les USA, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Brésil. Affaire à suivre! Manoubi AKROUT manoubi.akrout@planet.tn


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com