Un témoin syrien se retracte : «Saâd Hariri m’a forcé à mentir»





Un témoin syrien entendu par la commission d'enquête de l'Onu a déclaré que plusieurs responsables libanais, dont le fils de Rafic Hariri, l'avait forcé à mentir lors de son audition sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais. Le Quotidien-Agences Hossam Taher Hossam, qui dit avoir travaillé avec les services de renseignement syriens et libanais durant les années de tutelle militaire de Damas sur le pays du Cèdre, a affirmé à la télévision syrienne qu'il avait été enlevé et torturé par des proches de Saad Hariri et d'autres responsables anti-syriens. Ceux-ci lui auraient demandé de fournir un faux témoignage devant le magistrat allemand Detlev Mehlis, chef de la commission d'enquête de l'Onu, mettant en cause des responsables syriens, dont Maher al Assad, frère du président Bachar al Assad, et le général Assef Chaoukat, chef des services de renseignement militaires. Ses ravisseurs lui auraient aussi demandé de se rendre à Vienne pour faire face aux cinq responsables syriens qui doivent y être interrogés par Mehlis dans les bureaux de l'Onu. Hossam précise que le fils Hariri lui aurait dit qu'il était convaincu de l'implication de Damas dans le meurtre de son père mais qu'il avait besoin de son témoignage pour le prouver. Hossam a par ailleurs accusé le ministre de l'Intérieur libanais Hassan al Sabaa de lui avoir proposé 1,3 million de dollars pour certifier au juge Mehlis avoir vu le camion utilisé pour le meurtre de Rafic Hariri dans une base militaire syrienne. D'après lui, le leader druze libanais Walid Djoumblatt et le ministre libanais des Télécommunications Marouane Hamadeh auraient également demandé à d'autres témoins de fournir de faux témoignages. * Complot Le général Sayyed a été arrêté en septembre à la demande de Mehlis. "Maher al-Assad (frère du président Bachar al-Assad) et Assef Chawkat (beau-frère du président) étaient les plus visés (...) On m'a demandé de les attaquer. Tout ce que j'ai dit, c'est qu'ils sont les commanditaires de l'attentat", a dit Houssam, avant de revenir sur ses déclarations. "Tout ce qui s'est passé est (...) un complot (...) La Syrie est innocente du meurtre. Les accusations ont été fabriquées", a-t-il dit. En octobre, un rapport de la commission d'enquête avait fait état de "preuves convergentes" sur l'implication des services de renseignements syriens et libanais dans l'assassinat de Rafic Hariri. Fin octobre, le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté la résolution 1636 exhortant la Syrie à coopérer "sans réserve et sans condition" avec la commission Mehlis. Houssam a affirmé avoir "rencontré Detlev Mehlis à deux reprises dans une cafétéria au Liban et (avoir eu) le sentiment qu'il n'était au courant de rien". Le témoin affirme avoir fui le Liban pour la Syrie. ________________________________ Detlev Mehlis se prépare Le chef de l'enquête des Nations unies sur l'assassinat de Rafic Hariri, Detlev Mehlis, a rencontré un responsable syrien à Beyrouth pour régler les derniers détails des auditions de plusieurs membres du régime de Bachar El-Assad. Sous la pression internationale, la Syrie a finalement autorisé vendredi ces auditions qui se tiendront à Vienne, peut-être dès aujourd’hui. Selon des sources proches de l'enquête, Riyad Dawoudi, le conseiller juridique du ministère syrien des Affaires étrangères, s'est rendu à Beyrouth pour un entretien d'une heure avec Detlev Mehlis.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com