L’invité du jour





Hamadi Mezzi : “Il faut repenser les J.T.C.” Hamadi Mezzi a certainement changé, depuis “Le moulin à vent” en 1989 et jusqu’à “Carnaval” en 2005. Il est aujourd’hui à la tête d’un espace culturel et est appelé à honorer ses fonctions de bon pédagogue pour guider une jeunesse à la recherche du droit chemin en matière de théâtre. L’artiste metteur en scène présent lors de cette session des JTC s’explique. Seriez-vous satisfait après cette longue carrière en matière de théâtre? - Il y a eu certainement une évolution dans ma carrière depuis les années 80. En ces temps-là j’ai incarné avec mes compagnons de route l’esprit du temps. On rêvait des JTC, d’un festival qui ferait participer les jeunes et les moins jeunes. Sans les JTC je n’aurai jamais connu le théâtre africain ou irakien ou autres. Donc j’étais parmi un groupe, un fondateur des JTC en 1983 et j’ai été pendant la 1ère et deuxième session le directeur de la programmation. J’ai participé avec la pièce “Je t’aime O Moutanabbi” qui a représenté la Tunisie. Aujourd’hui, je suis satisfait et je suis resté égal à moi-même. J’ai fait du théâtre sur la base de textes classiques de Moutanabbi, Maâri, etc. J’ai aussi utilisé l’arabe littéraire qui, dans le théâtre, n’est pas facile à manier (problèmes de diction et autres…). je me suis tourné vers les jeunes pour leur donner une vision esthétique de ce qu’ils étudient à l’école en adoptant les textes qu’ils lisent au théâtre. * Vous êtes resté depuis très lié aux jeunes, n’est-ce pas? - Tout à fait. Aujourd’hui, je cible les jeunes qui sont eux-mêmes les acteurs de mes pièces depuis 5 ans. Les dialogues de mes œuvres sont devenus en arabe dialectal. N’empêche que depuis 1992 je me suis occupé des jeunes dans le cadre d’une manifestation donnée à Ibn Rachiq “Les primeurs du théâtre tunisien”. Toutes les nouvelles pièces avaient le droit de passer dans cet espace. Sans oublier les manifestations théâtrales “mono-drame”, “La quinzaine du théâtre amateur” qui étaient organisées dans le but de créer la tradition du théâtre auprès du public tunisien. J’ai été le premier à avoir insisté sur le fait que le théâtre pour enfants n’est pas de l’enfantillage. * Les JTC ont certainement perdu de leur aura, quelles sont les lacunes à combler? - La rigueur! Il faut faire fi de l’improvisation et repenser les JTC dans le cadre d’une stratégie. On a besoin de réfléchir sur l’avenir de cette manifestation, on a besoin aussi de donner aux gens l’occasion d’exprimer leurs idées. Une petite idée deviendra grande avec la qualité d’écoute des responsables. La culture est notre seul arme contre l’hégémonie d’autres phénomènes de société. Il faut donc la préserver. Propos recueillis par Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com