Sharon annonce la couleur : Oui pour un Etat palestinien… démilitarisé





Le parti Kadima d'Ariel Sharon qui se dit ouvertement favorable à la création d'un Etat palestinien indépendant et démilitarisé, suscite des défections chez les travaillistes avant celle attendue de Shimon Peres. Le Quotidien — Agences Le programme de Kadima pour les législatives du 28 mars, rendu public par la ministre de la Justice Tzipi Livni prévoit la création d'un "Etat palestinien démilitarisé ne se livrant pas au terrorisme". Parmi les principaux points du programme figure le maintien du contrôle d'Israël sur l'ensemble d’Al Qods, y compris la partie orientale conquise et annexée en 1967 où vivent plus de 200.000 Palestiniens ainsi que sur les grands blocs de colonies en Cisjordanie, où est installée la grande majorité des 240.000 colons. Ce programme souligne également que "le plan de retrait (de la Bande de Gaza achevé en septembre) a fourni des occasions pour reprendre le processus politique dans le cadre de la Feuille de route", un plan de paix international. Le programme de Kadima, créé par Sharon après sa défection du Likoud (droite), définit également Israël comme le "foyer national du peuple juif" où "la majorité juive de la population doit être maintenue". Sharon avait souligné lors de l'annonce de la création de son parti la semaine dernière qu'il n'avait pas l'intention d'appliquer un autre plan de retrait en Cisjordanie, comme celui mis en oeuvre dans la Bande de Gaza et dans le nord de la Cisjordanie. Le Premier ministre n'avait toutefois pas exclu le démantèlement de petites colonies israéliennes en Cisjordanie ne faisant pas partie des grands blocs d'implantations. "Nous devons abandonner une partie de la terre d'Israël pour établir un Etat juif et démocratique", a affirmé le quotidien Yedioth Aharonot citant le programme électoral de Kadima. Lundi, la députée travailliste Dalia Yitzhik a décidé de rejoindre le nouveau parti de Sharon portant à deux le nombre de transfuges parmi les parlementaires travaillistes. Yitzhik, ancienne ministre des Communications qui a démissionné la semaine dernière de ses fonctions comme les autres ministres travaillistes est une proche de Shimon Peres, une figure "historique" du parti travailliste qui pourrait lui aussi rejoindre Kadima. Haïm Ramon, un autre député travailliste et ancien ministre avait déjà annoncé dimanche son ralliement à la formation de Sharon. Ariel Sharon a laissé récemment entendre qu'il poursuivrait sa collaboration avec Shimon Peres, vice-Premier ministre dans le gouvernement actuel, peu avant la démission des ministres travaillistes. Depuis sa défaite face à Amir Peretz pour la direction du parti travailliste, Peres, qui a pratiquement exercé toutes les fonctions ministérielles au cours d'une carrière politique de plus d'un demi-siècle, a maintenu le flou sur ses intentions. Selon plusieurs enquêtes d'opinion, Kadima est crédité d'au moins 30 sièges sur 120, lors des prochaines législatives, les travaillistes de plus de 25 (contre 22 actuellement) et le Likoud de moins de 15 contre 40 dans le Parlement élu en janvier 2003. Dans cette hypothèse, aucun parti ne disposerait de la majorité nécessaire pour former un gouvernement et la reconduction d'un gouvernement d'union, Sharon-travaillistes paraît la plus probable, selon les analystes.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com