C.A. : Selliti, l’inconcevable jeu à cache-cache





Kamel Idir a répété à plusieurs reprises dans son premier point de presse, samedi dernier, que le public du Club Africain reste le meilleur public de sport et qu’il comptait énormément sur son appui et sur sa fidélité. Comme tout public, la galerie clubiste n’aime pourtant pas qu’on se fout de sa gueule ou qu’on triche. Mohamed Selliti donne pourtant aujourd’hui l’impression d’en faire trop. Nous avons si souvent entendu son entraîneur Kamel Chebli prendre carrément sa défense et lui trouver des circonstances atténuantes. Chebli ne veut pas, à coup sûr, perdre un atout dans un effectif déjà squelettique quantitativement. Une fois, il rappelle ainsi que l’attaquant rouge et blanc a attrapé en plein mois de Ramadan une infection intestinale; une autre fois, il évoque, pour justifier son absence, une élongation… Jamais il ne parle de mesure disciplinaire prise à son encontre. Oui, toutes ces justifications sont plausibles; on peut les croire. Les gens ont tendance à imaginer tous les excès possibles et à verser dans l’affabulation dès que le Sieur Selliti se trouve au cœur du débat. Trop souvent, l’enfant terrible de Teboursouk a dû payer le tribut de son refus obstiné de communiquer ou même d’esquisser le moindre petit sourire amical et bien veillant. Mais, à vrai dire, il en fait un peu trop cette saison et ses employeurs n’ont désormais plus d’autre recours que de le prier de travailler en solitaire, en attendant de devoir s’expliquer sur ses retards à répétition et ses absences pour des raisons qui ne convainquent plus grand monde. D’ailleurs, à 24 ans (il est né le 28 mars 1981), l'ancien Béjaois puis Stadiste est en train de passer à côté d’une belle carrière. Le potentiel est intéressant, celui d’un renard des surfaces, d’un bomber à l’instant de ‘“killer”, capable de somnoler tout un match pour surgir au moment adéquat et se révéler décisif. Mais de là à se prendre pour un élément irremplaçable qui va mettre au pas tout un club, eh bien, Selliti va peut-être un peu trop loin. Les appels des sirènes sfaxiennes peuvent se traduire par un intéressant parti financier auquel l’ancien meilleur buteur de la Ligue 1 ne resterait pas insensible. La rude bataille juridique qu’il entendrait mener à ses employeurs pour faire prévaloir son point de vue (possibilité de départ du C.A le 31 décembre prochain, et non le 30 juin comme le réclame son club), s’inscrit ainsi dans le chapelet de l’interminable gâchis dont il porte les stigmates tant le C.A n’aura, à notre avis aucun intérêt à la retenir, contre son gré, jusqu’à la fin de la saison. Et le public rouge et blanc ne voudrait pas d’un joueur inscrivant sa présence sur le terrain telle une corvée, même s’il arrive à Selliti avec ou sans invitation de son entraîneur, à aller côté virage brandir le maillot clubiste et l’embrasser théâtralement. Comme dans un acte désespéré de rédemption, de vaine recherche du rachat. S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com