Majaless : Tirs croisés sur «Les voleurs de Bagdad»





«Majaless» les séances de débat autour de la chose culturelle continuent de drainer un public d’intellectuels nombreux. Un public connaisseur qui n’a pas été du tout tendre pour critiquer certaines œuvres présentées aux JTC. La parole de la séance d’avant-hier a été donnée à Awatef Naïm, une metteur en scène irakienne vivant en Irak. Naïm a abordé la question de la censure qui selon elle vide le théâtre arabe de son intérêt. «Cela oblige les créateurs à modifier les contenus de leurs œuvres. Ils n’arrivent pas parfois à concilier entre cette contrainte et le scrupule de parvenir au public qui demande de la clarté», a-t-elle avancé. Le problème, d’après notre interlocutrice, est aussi de savoir comment pouvoir combattre cette hésitation et cette incertitude dans les expériences théâtrales arabes qui par ailleurs se perdent dans la modernité et la post-modernité. Abdelghani Daoud, un intervenant égyptien, a passé quant à lui en revue plusieurs expériences du théâtre arabe qui usent du dialectal et de l’arabe littéraire. La leçon à tirer, est celle d’enraciner ces expériences dans le mouvement d’idées qui les sous-tendent «peu importe le langage, dit-il, mais le projet doit être l’expression d’un vécu». Nissaf Alaoui, Amina Salem, Majed Samerraï, Khaled Soulaïmane et Heïthem Abderrazek ont tous dirigé une critique acerbe sur la pièce de Taoufilk Jébali «Les voleurs de Bagdad». Nissaf Alaoui, metteur en scène du Yémen a exposé sa prise de position vis-à-vis de cette pièce où elle trouve que le metteur en scène a ridiculisé la cause arabe. Elle se demande si cette attitude n’est pas indigne d’un metteur en scène arabe vis-à-vis d’une manifestation comme les JTC. Amina Salem, membre du théâtre national égyptien et journaliste a parlé du mérite des JTC de réunir des sensibilités artistiques différentes et fait part de sa déception du parti-pris du metteur en scène des «Voleurs de Bagdad» vis-à-vis de la religion. Elle a aussi évoqué le déséquilibre qui ressort de la programmation. Elle trouve qu’il est anormal que le pays hôte de la manifestation programme 29 créations tunisiennes. Majed Samarraï, un auteur dramaturge irakien a avancé quant à lui que «la prise de position de Taoufik Jebali est commanditée par l’étranger». Khaled Soulaïmane, critique de théâtre égyptien, reprend quasiment les mêmes propos qui ont été déjà émis. Il remarque qu’il y a une confusion énorme dans le regard de Jebali dans la situation irakienne. Heïthem Abderrazek, universitaire de théâtre irakien, se demande s’il fallait laisser tomber le théâtre puisqu’il ne répond plus aux critères qui ont préludé à son existence. Il avance qu’il a vu quatre pièces traitant du sujet irakien et qu’aucune de ces œuvres ne l’a touché. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com