«Angham al assil» : Sans surprise…





Vendredi dernier, Fethi Zghonda a présenté au Théâtre de la ville de Tunis un concert de musique andalouse, “Angham al assil”. Fethi Zghonda est orfèvre en la matière. La musique classique arabe et surtout tunisienne n’a aucun secret pour lui. C’est un musicien, compositeur et chef d’orchestre racé, qui s’attache à la tradition qu’il essaie de préserver et de servir au mieux. De ce point de vue, le concert qu’il a présenté dans le cadre du festival de la Médina est irréprochable. Avec une douzaine de musiciens et autant de choristes, il nous a proposé un programme puisé dans le répertoire du malouf tunisien avec ses deux composantes: profane et religieuse. Les chansons interprétées sont très connues, car très prisées des tackht et orchestres spécialisés dans le genre. A commencer par la Rachidia, grande référence dans ce domaine. D’où justement le sentiment de déjà vu et de déjà entendu. Le chef d’orchestre, ses musiciens et chanteurs s’étant contentés d’interpréter leur répertoire dans un scrupuleux respect de la tradition et dans un esprit de rigueur académique. Il a donc manqué au concert la petite touche de créativité voire de fantaisie qu’il aurait rendu moins convenu. Le dernier morceau “Taranoumet”, une composition récente de Fathi Zghonda, répondait à ce besoin d’innovation, mais il était venu un peu tard à la fin du spectacle, pour pouvoir réussir l’intérêt des spectateurs. D’ailleurs, on aurait aimé écouter des créations nouvelles inspirées de l’univers mélodique et rythmique du malouf lui-même dont on commence, en l’absence d’un vrai travail d’exploration et de renouvellement, à se lasser vraiment. Cela pose une nouvelle fois le problème du traitement à réserver le patrimoine musical. Faut-il seulement préserver comme on le ferait d’une pièce de musée, donc le momifier? C’est ce qu’a fait Fethi Zghonda lors de son dernier concert et que font souvent nos interprètes. Ce rôle étant assumé par la Rachidia qui a, d’ailleurs, été créée à cet effet, on aurait aimé voir nos musiciens faire preuve d’un peu plus d’audace et d’imagination créatrices en explorant plus profondément l’univers du malouf, de redécouvrir ses ressources mélodiques et rythmiques et pourquoi pas les enrichir de sonorités nouvelles. Mais c’est là un débat qui , aussi étrange que cela puisse paraître, ne semble pas préoccuper nos musiciens et interprètes. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com