Spéculations sur l’issue du référendum : L’Irak en suspens





L'adoption du projet de Constitution irakienne est suspendue aux résultats de la province à majorité sunnite de Ninive, dans le nord-ouest du pays, qui fera pencher la balance d'un côté ou de l'autre. Le Quotidien-Agences Un haut responsable de la Commission électorale en a convenu hier en déclarant que cette province détient la clé de la consultation, pour ajouter tout de suite que ses résultats n'ont pas été comptabilisés. Pour que le projet soit adopté, il faut qu'il soit approuvé par la majorité simple des votants au niveau national et qu'il ne soit pas rejeté par les deux tiers de ceux de trois provinces. Grâce à une mobilisation de l'électorat sunnite, deux provinces ont voté contre le projet, semble reconnaître la Commission électorale, qui a été très prompte à démentir la victoire du oui à Ninive. Des problèmes logistiques et une tempête de sable compliquent le décompte des voix de la province, qui a pour capitale Mossoul, et ce résultat devient un enjeu capital pour les responsables favorables ou non au projet. Si le député kurde Mahmoud Osmane penche pour un faible oui, en se basant sur des résultats partiels en provenance de Mossoul, des leaders arabes sunnites affirment au contraire que le rejet a été massif et en concluent que le projet de Constitution a été rejeté. Ces spéculations nourrissent un début de polémique dans le pays. "Quel que que soit le véritable résultat à Ninive, le projet va passer, car c'est là la volonté des Etats-Unis", a estimé ainsi un professeur d'études politiques à l'Université de Bagdad, Abdel Jabbar Ahmed. Il se fonde pour cela sur une déclaration de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice qui avait évoqué dès le lendemain du vote de samedi la probabilité d'une adoption du projet de Constitution. "La Commission électorale assumera la responsabilité" de toute manipulation des résultats, a-t-il estimé, ignorant les protestations de responsables de cette instance contre les propos du chef de la diplomatie américaine. Sans mettre en doute la crédibilité de la Commission, qui a osé se lancer dans une large vérification des résultats jugés peu conformes aux normes internationales, un autre universitaire a averti que le retard dans l'annonce de celui du référendum "ne va pas manquer de nourrir les suspicions". "On commence à murmurer que le retard pris dans l'annonce du résultat global est dû à des manipulations des votes", a constaté Hassan al-Bazzaz, professeur des relations internationales à la même Université de Bagdad. "D'après les différentes estimations, le vote a été massif à Ninive et le niveau du vote négatif élevé et il revient à la Commission électorale d'annoncer les résultats pour couper court à toute polémique", a-t-il estimé. Dans le camp chiite, on reste confiant en l'adoption du texte. "Le projet va passer et le non ne sera pas aussi significatif. Ce sera une bonne chose car un rejet du texte va créer une situation d'incertitude et accroître la tension dans le pays", a affirmé Iyad Jamaleddine, un homme politique et un religieux chiite. L'argument des hommes politiques favorables au projet de Constitution est que la province de Ninive compte, outre les sunnites majoritaires, d'importantes communautés kurdes et chrétiennes. Ils estiment que, théoriquement, les votes de ces communautés favorables au projet de Constitution est un facteur essentiel car il rendra difficile un rejet par les deux tiers des votants de la province du texte constitutionnel.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com