Festival de la Médina : A bonne souvenance des géants de la musique arabe





La troupe El Hefni de musique arabe a animé au Théâtre municipal de Tunis un concert au cours duquel elle a visité les meilleures compositions de Mohamed Abdelwaheb et d’autres géants de la musique arabe. Les musiciens de la Troupe El Hefni qui se sont produits sur la scène du Théâtre municipal avaient tous un talent indéniable. Ils ont démontré tout au long de leur concert qu’ils maîtrisaient une bonne partie des répertoires classiques des grands noms de la musique arabe, comme Mohamed Abdelwaheb, Abdelhalim Hafedh, Oum Kalthoum, entre autres. Ils ont ainsi fait découvrir à un public de férus et de nostalgiques des grands concerts cairotes de musique classique, la richesse, et surtout les meilleures compositions interprétées sur scène par ces grands artistes arabes. Le concert qui a démarré avec près d’une heure de retard à cause de la pluie qui a arrosé mercredi la capitale, a drainé une foule de férus de chants et de la musique classique, toutes les générations confondues. La troupe El Hefni de musique arabe qui compte plus d’une cinquantaine de musiciens, s’est produite cette fois-ci avec un groupe de dix musiciens, répartis entre virtuoses du ûd, du nay, du violoncelle, du piano entre autres. La soirée qui a démarré vers 22 heures était divisée en deux parties d’une heure chacune. Les dix compositeurs de la troupe égyptienne, ont entamé leur prestation par des morceaux purement instrumentaux où rythmes et sons classiques font bon ménage pour donner une mélodie musicale mi-classique, mais foncièrement raffinée et agréable à écouter. Une trentaine de minutes après le démarrage du concert, la célèbre cantatrice égyptienne Nihed Fathi apparut sur scène pour accompagner les dix musiciens de la troupe El Hefni. Et le concert changea de ton. Nous voilà dans la chaleur des rythmes symphoniques et classiques interprétés, comme au bon vieux temps. C’est que la chanteuse égyptienne qui a préféré se produire dans un style inspiré de Fairouz a visité les meilleures compositions de Mohamed Abdelwaheb. Une demi-douzaine des morceaux ont été repris par Nihed, dans un style mélodieux, qui lui est bien propre et qui conjugue une façon classique d’interprétation à celle de la créativité. Parmi ces compositions on cite notamment “Loula Al Malama”, “Ayadhounnou”, entre autres qui sont des morceaux de Mohamed Abdelwaheb écourtés mais chaudement applaudis par le public. Note occidentale La deuxième partie de ce concert a été surtout marquée par la montée sur scène du célèbre pianiste aveugle égyptien Amrou Slim. Surdoué, aux doigts magiques, Amrou Slim a orienté la consonnance des différentes compositions durant cette deuxième partie, el leur donnant une note occidentale, très raffinée, splendide et enivrante. Le pianiste égyptien et les dix musiciens de la troupe El Hefni ont visité des arrangement de Mohamed Abdelwaheb, et d’autres appartenant à Abdelhalim Hafedh, et à Oum Kalthoum. Sans pour autant ôter aux répertoires visités leur sens classique, ils ont introduit dans de nombreuses compositions, leur propre note de créativité personnelle. Une façon pour les ténors de cette troupe de sauvegarder ces trésors immortels et de les adapter aux goûts de la nouvelle génération. Créée il y a quinze ans par la musicologue égyptienne Ratiba Hefni, la troupe El Hefni de musique arabe a pour objectif de sauvegarder les répertoires des plus grands musiciens arabes disparus. Elle comprend plus d’une cinquantaine de musiciens de différents pays arabes. Elle sillonne chaque année de nombreux pays à travers le monde avec comme objectif de vulgariser les répertoires arabes classiques. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com