Mondher Ben Ayed : «100% des billets du stade bientôt sur Internet»





Mondher Ben Ayed est l’initiateur de la vente des billets des matches de l’équipe nationale via Internet. Aujourd’hui, il considère l’opération comme étant une réussite et souhaite que l’on continue dans cette voie. Comment est née l’idée de la mise en vente des billets d’accès au stade sur Internet? — Il y avait une double exigence qu’il fallait satisfaire. D’abord, il n’était pas normal d’ignorer les techniques modernes de communication. L’ordinateur, l’Internet et autres sont de plus en plus accessibles à une bonne partie de la population tunisienne. La seconde exigence provient d’une constatation. Celle-ci fait suite aux inextricables problèmes rencontrés lors de la vente des billets pour la finale de la CAN. Dans ce genre d’occasion, il faut faire face à une très grande pression et une très forte demande qui équivaut proportionnellement à un billet disponible pour 500 demandes. Quelles conclusions avez-vous tiré de cette expérience de la finale de la C.A.N? — Il fallait tirer les conclusions et prendre les mesures et les dispositions qui s’imposaient. On voulait absolument trouver les moyens pour éviter que ça se passe aussi mal à l’avenir. Et ce fut donc la décision de mettre en vente les billets sur Internet? — Effectivement! Cependant, à ce niveau, nous devions y aller doucement, progressivement. Car’ le danger ne provenait pas d’un quelconque problème technologique mais le challenge était plutôt d’ordre culturel. Car on ne pouvait pas deviner l’accueil des Tunisiens à ce nouveau procédé. Le premier essai fut réalisé à l’occasion du match amical contre le Cameroun après la CAN. Après une accord avec la Poste, nous avons mis en vente sur Internet une petite quantité de billets -1500- et miracle, les gens les avaient achetés. Le citoyen achetait son billet puis passait au siège de la FTF où il trouvait une enveloppe nominative avec son numéro de CIN contenant son sésame d’entrée au stade. Depuis, cette expérience, plutôt positive, a été renouvelée pour tous les matches de l'Equipe nationale ainsi que pour la finale de la Coupe de Tunisie qui avait opposé l’E.S.T au C.S.S, pour laquelle 3500 billets ont été vendus par Internet. Cette réussite a certainement constitué une surprise pour vous. A quoi est-elle due? — En tous les cas, il s’agit d’une surprise fort agréable. Sa réussite s’est produite grâce aux bonnes impressions transmises de bouche à oreille. Les citoyens se sont rendu compte qu’à partir de chez eux ou d’un publinet, ils pouvaient acheter un billet pour un match important. C’est d’un confort inégalable. Justement quels peuvent être les aspects positifs de cette expérience de vente par Internet? — Ils sont nombreux et vont tous dans le sens de faciliter la tâche du citoyen. Tout d’abord, la vente par Internet réduit considérablement le marché noir. Les spéculations ne peuvent plus acheter des quantités illimitées de billets. D’ailleurs, même les membres fédéraux n’ont eu droit à l’occasion du dernier Tunisie-Maroc qu’à l’achat de dix billets au maximum. Ensuite, nous avons réduit les bousculades et les files interminables où on enregistrait auparavant plusieurs incidents. En troisième lieu, nous avons permis à tous les citoyens de tous les gouvernorats d’accéder à cette possibilité d’acheter un billet à partir de chez eux sans se déplacer à la capitale. D’autant plus que la procédure de remise des billets à leurs propriétaires a été modifiée? — Effectivement, et toujours en accord avec la Poste, l’acheteur choisissait lui-même le bureau de poste le plus proche de son domicile pour y aller retirer son billet. Et sur ce plan, je peux dire que la réussite de l’opération a atteint 100% avec zéro incident. Comme quoi, tous les billets ont trouvé leurs acquéreurs et tous les acquéreurs ont trouvé leurs billets. Le match Tunisie - Maroc n’a pas été quand même une expérience facile? — Non, bien entendu. Il n’était pas aisé de mettre le tiers des billets disponibles en vente via l’Internet. Pour un match d’une telle envergure et avec une demande incroyable, il était logique de rencontrer quelques difficultés. Il y eut une véritable bousculade par Internet interposé avec une visite du site de 200 mille entrées lors de la première heure de son ouverture. En fait, le problème était essentiellement technique. Le système n’était pas techniquement prêt à faire face à une telle demande? — Oui! Le serveur national de paiement est seulement de 2 mégas alors qu’il en faudrait un qui puisse atteindre une puissance de 200 ou même 400 mégas. Pour l’instant, les capacités du système sont sous-dimensionnés et l’infrastructure de l'Internet en Tunisie ne suit plus la forte demande qui existe actuellement, et qui ne peut aller qu’en augmentant. Donc le challenge culturel dont vous nous parliez au début a été atteint? — Absolument! On a contribué à créer en Tunisie une habitude et un réflexe commercial nouveau. Désormais, les citoyens savent que l’on peut acheter des produits via l’Internet. C’est là un commerce non négligeable qui devrait évoluer à grande vitesse chez nous. Cependant, il va falloir investir pour améliorer les serveurs et les logiciels, tout en développant d’autres sites marchands. Maintenant, il s’agit d’approfondir la relation de confiance des citoyens dans le commerce électronique en veillant à ce que ses attentes et ses demandes, qui sont énormes, soient satisfaites. Je pense que le confort incomparable que crée le commerce électronique va stimuler son développement et son essor. Peut-on dire quand même que l’expérience du match Tunisie - Maroc en quelques ratés? — Comme je l’ai dit auparavant, cela était dû la très forte demande et aux capacités techniques limitées mais à l’avenir, on fera mieux. Quels sont les moyens prévus pour cela? — Premièrement, nous allons remplacer le e-dinar par la carte de crédit. Autrement dit, le citoyen ne sera plus obligé d’aller acquérir des e-dinars mais il utilisera directement sa carte bancaire. On avait pensé commencer à utiliser cette technique à l’occasion de Tunisie-Maroc, mais la plate-forme n’était pas encore éprouvée. Maintenant, c’est fait et c’est ce que nous espérons faire la prochaine fois. Quoi d’autre envisagez-vous dans ce domaine? — Nous avons toujours opté pour une démarche progressive. Désormais que le réflexe de l’achat de billets par Internet existe et que le seuil culturel a été bien atteint, on devrait s’orienter de plus en plus vers cette solution jusqu’à la commercialisation en ligne de tous les billets qui seront mis en vente. Car c’est la solution de l’avenir. Il y a d’autres domaines où l’activité administrative de la FTF a été modernisée? — Bien sûr! Vous savez, travailler à la FTF exige un temps fou et beaucoup d’énergie. Croyez-moi si je vous dis que j’y consacre 80% de mon temps et de mes forces. Nous avons 1700 matches à gérer par semaine, ce qui n’est pas une mince affaire. On sait qu’il n’y a plus de problème de licences ? — Effectivement ! Nous avons informatisé les 23 mille licences délivrées par la FTF. Ce qu’on a fait, c’est qu’on a préparé des cartes pré-imprimées et ainsi toutes les licences ont été délivrées avant le début de la saison. Les seules exceptions — et c’est normal — ont touché les mutations. D’ailleurs, les arbitres exigent au moment de la vérification de la liste des joueurs leurs licences et non plus des pièces d’identité comme cela se faisait auparavant. Car si le joueur en question ne possède pas de licence, c’est qu’il n’est pas qualifié pour jouer au sein de ce club. C’est là une grande réussite que vous devez mener à terme ? — Il y aura d’autres personnes qui seront capables de mener à terme ces projets et de les faire évoluer. Personnellement, je ne compte pas me présenter une nouvelle fois pour faire partie du bureau directeur de la Fédération Tunisienne de Football. Je crois profondément en l’alternance aux postes de responsabilités ou dans les activités liées à la société civile. Je préfère laisser ma place à d’autres qui viendront poursuivre l’œuvre entamée. A eux de la faire évoluer et de la faire avancer dans le bon sens. ABDELLATIF


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com