Automédication et comportement alimentaire : Le Tunisien dépasse la dose prescrite





Le Tunisien est de plus en plus soucieux de sa santé. Mais en contrepartie il ne rompt pas encore avec l’automédication, un phénomène qui prend des proportions alarmantes. Tunis - Le Quotidien L’automédication est un problème qui ronge de plus en plus la santé des Tunisiens. Leur alimentation n’est pas non plus dans sa meilleure forme. Au contraire, beaucoup sinon la plupart ont tendance à manger n’importe quoi. A propos de ces deux phénomènes qui caractérisent la société tunisienne, le bureau régional de l’Ariana de l’Organisation de la Défense du Consommateur (ODC) a organisé vendredi soir une rencontre qui a réuni une pléiade de spécialistes. D’emblée, M. Ridha Kechrid, ministre de la Santé publique a rappelé les transformations qu’a subies la société. celles-ci ont donné lieu au prêt-à-manger, à l’automédication et à l’expansion du tabac. Mais les nouvelles habitudes ont été également à l’origine des toxicopathies, de l’HTA, de l’obésité et du diabète comme étant des maladies contemporaines. Le ministre a souligné les risques des effets secondaires des médicaments. C’est pourquoi, le ministère ainsi que les structures concernées dont le Centre de pharmacovigilance sont vigilants quant à l’usage du médicament. * Les “cocktails” Il va sans dire que nos concitoyens semblent boycotter les cabinets des généralistes. Dès qu’un rhume, une angine ou même une bronchite persistent, ils s’adressent directement à la pharmacie. Mais ils se rendent aussi aux infirmeries des quartiers où on réclame les fameux “cocktails” qui sont des injections “miraculeuses”. A cet effet, M. Chelbi Belkahya, directeur du Centre national de pharmacovigilance insiste sur l’importance de la prescription médicale, indispensable pour l’octroi des médicaments. Mais au cas où nos concitoyens étaient tentés par l’automédication, ils devraient éviter d’acheter sans ordonnance les antibiotiques, les anti-inflammatoires et les psychotropes. Au sujet de l’automédication, un intervenant s’est demandé pourquoi présenter un fait au lieu de chercher les raisons d’un tel comportement. Et le ministre de répondre que certains consommateurs faute de moyens, ne peuvent pas se permettre une consultation chez un médecin. Ils grillent alors cette étape et s’adressent aux pharmacies croyant ainsi bien faire. “L’assurance maladie va résoudre ce problème”, a affirmé M. Kechrid. Actuellement, les négociations se poursuivent à ce sujet afin qu’il y ait un consensus entre les différents acteurs et pour éviter tout risque de fuite d’argent. Selon le ministre, tout sera prêt avant l’été prochain. * Les aliments “in” Par ailleurs, l’alimentation fait également l’objet d’une importante remise en question. D’un côté des gens ne comprennent pas l’intérêt des oméga 3. Et d’un autre ils ne savent pas si les “light” sont bons pour la santé. A ce titre, M. Abdelmajid Abid de l’Institut national de nutrition a précisé que l’aliment doit avoir une valeur, respecter l’hygiène, être de qualité et à un prix raisonnable. Or, aujourd’hui on assiste à un “Tsunami” alimentaire dans la publicité. Pour ce qui est de l’oméga 3 qui a fait surface en Tunisie avec les œufs, il se trouve que c’est un type de lipides qui interviennent dans les tissus. Parmi les aliments riches en oméga 3, M. Abid a cité le poisson bleu, l’huile de colza, le lin et les fruits secs. Pour sa part , M. Khaled Zarrouk de l’INN a commencé par donner quelques chiffres à propos des gens qui vérifient l’étiquetage. Ainsi 33% des personnes qui ont un niveau supérieur le font. 27% de ceux qui un niveau secondaire ne le font pas parfaitement. Quant au reste qui ont un niveau primaire, ils achètent et consomment automatiquement. Les additifs font, en effet, l’objet d’une polémique. Ils sont utilisés pour plusieurs raisons. On cherche à améliorer l’apparence du produit et à tenter le consommateur . On n’hésite pas non plus avec ces additifs à tromper le consommateur ou à améliorer la valeur alimentaire du produit. D’ailleurs, en Europe, sur 307 produits additifs, 144 n’ont pas été disculpés de leur éventuelle implication dans des maladies. A préciser que les additifs sont les colorants, les arômes, les conservateurs, les épaississants, les gélifiants, les édulcorants, les améliorants, les antioxydants, les régulateurs d’acidité et les exhausteurs de goût. M. Zarrouk a mis en garde contre les effets cumulatifs à moyen et long terme de ces additifs. Les obèses et les diabétiques doivent être particulièrement conseillés et orientés. En plus, il propose d’interdire la vente libre des produits light, puisque certains produits tels que l’aspartame sont encore discutés et ne font pas l’unanimité quant à leur “innocence”. M.KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com