Jaafari : Non au transfert du procès de Saddam





Le Quotidien — Agences Sous pression en raison de l’assassinat d’un avocat de la défense dans le procès de Saddam Husseïn, le gouvernement irakien a écarté d’avance toute idée de juger l’ancien président ailleurs qu’en Irak. Le Premier ministre Ibrahim Jaafari a souligné, à ce propos, que ce procès était "une affaire purement irakienne, qui doit se dérouler sur le territoire national". "Il est hors de question de le transférer ailleurs", a-t-il dit. "L'idée même de ce transfert ne doit pas effleurer notre esprit", a-t-il souligné en réponse aux pressions intérieures et d'ONG internationales s'inquiétant pour la sécurité des personnes impliquées dans le procès. Il a estimé que ceux qui ont enlevé jeudi soir et tué Saadoun Janabi, l'avocat d'un des coaccusés de Saddam Hussein, "voulaient, peut-être, par cet acte, parvenir à cet objectif", à savoir transférer le procès hors de l'Irak. Jaafari a concédé que les avocats "doivent être protégés pour qu'ils puissent accomplir leur devoir", comme le demandent des ONG internationales. Human Rights Watch (HRW) a ainsi souligné que l'assassinat de Saadoun Janabi "risque de décourager les avocats et par conséquent compromettre le droit des accusés à un procès juste". HRW appelle le gouvernement irakien "à mener une enquête approfondie sur l'enlèvement et l'assassinat de Saadoun Janabi" et à châtier ses auteurs. Soulignant que le procès se tient dans une "atmosphère de grande insécurité", HRW affirme qu'un "procès équitable nécessite une équipe de défense qui peut défendre ses clients sans peur de représailles". Plus généralement, l'organisation de défense des droits de l'homme a appelé à "des mesures immédiates pour assurer la sécurité de l'équipe de défense, des témoins et de leurs familles". Saadoun Janabi était l'avocat d'Awad Ahmad al-Bandar, un des coaccusés dans le procès de Saddam Hussein. Et en tout, six personnes --Saadoun Janabi, un juge d'instruction et quatre employés du TSI- ont été tuées ces derniers mois, selon Amnesty international. ________________________ Pour des raisons de sécurité Me Doulaïmi ne viendra pas à Amman Amman — AFP L'avocat irakien de Saddam Hussein, Khalil al-Doulaïmi qui devait coordonner hier à Amman un plan d'action, a annulé son voyage pour "des raisons de sécurité", a affirmé à l'AFP un membre du comité de défense. "Khalil al-Doulaïmi ne viendra plus en Jordanie, pour des raisons de sécurité", a déclaré l'avocat jordanien Issam Ghazzawi. Me Ghazzawi a également fait état de "complications administratives volontaires du côté irakien qui ont empêché le départ hier (vendredi) de Khalil pour Amman". Il n'a donné aucune précision sur ces "complications", affirmant toutefois qu'elles étaient "volontaires et visaient à l'empêcher de quitter l'Irak". "Mais c'est l'aspect sécuritaire qui l'a finalement découragé de venir", a-t-il dit précisant que l'avocat était "rentré chez lui". Me Khalil al-Doulaïmi, a mis en cause l'armée américaine pour le manque de protection des acteurs du procès. "La Convention de Genève oblige la force occupante à défendre des citoyens du pays occupé", a-t-il affirmé à la chaîne Al-Jazira. "Cet enlèvement a pour but d'effrayer les avocats" a-t-il ajouté, soulignant que les menaces, "directes, par mail ou téléphone", contre les avocats étaient "constantes". L'absence de Me Doulaïmi affecte "la stratégie de défense que prépare le comité qui comptait sur le compte rendu de Khalil al-Doulaïmi", a ajouté Me Ghazzawi. "Nous allons essayer de faire avec ce que nous avons", a-t-il dit, en référence aux préparatifs de la défense en prévision de la reprise du procès le 28 novembre. ________________________ Il prendra un jour de congé le jour J ! Talabani ne s'opposera pas à la peine de mort pour Saddam Rome — AFP Le président irakien Jalal Talabani a affirmé hier dans un entretien au quotidien italien Corriere della Sera qu'il ne s'opposerait pas à la peine de mort contre le président déchu Saddam Hussein, même s'il refusera de signer un éventuel décret exécutant cette peine. "Je ne signerai pas, ni sa condamnation, ni celle de quelqu'un d'autre", a déclaré Jalal Talabani, avant d'ajouter: "Je n'ai pas dit que je m'opposerai à cette sentence." "Je prendrai un jour de congé (le jour de la signature du décret). Les deux vice-présidents pourront signer, s'ils le veulent. Nous nous sommes déjà comportés de cette manière à plus d'une douzaine de reprises", a ajouté le président irakien. Opposé à la peine capitale, Jalal Talabani avait néanmoins déclaré au début du mois de septembre que Saddam Hussein méritait de "mourir cent fois". La peine de mort a été rétablie en Irak le 30 juin 2004 après avoir été suspendue en mars 2003 par Paul Bremer, l'ancien administrateur américain en Irak.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com