Abdessattar Amamou/ Tunis: la légende et l’histoire





La compagnie d’assurances Comar a organisé avant-hier, comme à l’accoutumée, une soirée ramadanesque. L’invité n’est autre que Abdessattar Amamou, une mine inépuisable. Des petites histoires racontées délicieusement sur un fond de musique et de chant signés Sami Dorboz. Avec Abdessattar Amamou, on ne s’ennuie jamais. Dans son évocation de l’histoire de Tunis, l’historien conteur est intarissable. Il peut raconter la même histoire plusieurs fois, mais on ne s’en lasse jamais. Car, il sait, à chaque fois, par des digressions appropriées, susciter la curiosité de ses auditeurs. Il n’est jamais aussi efficace que lorsqu’il s’attarde sur un détail, un événement, un personnage… Avec lui, la Médina reprend vie et livre ses petits secrets. Dans ses écrits, on croise, au gré des promenades à travers les venelles de la vieille cité, ses places et ses monuments, des savants, des saints, des ministres, des poètes, des soldats et des femmes exceptionnelles qui ont marqué leur époque. Invité par le Club Culturel Comar à diriger une causerie ramadanesque sur le thème des “Portes de Tunis”, vendredi dernier, au siège de cette compagnie d’assurance en présence des cadres et employés, ainsi que de personnalités du monde culturel et artistique, Abdessattar Amamou a donné libre cours à son talent de conteur. Mêlant faits historiques avérés et légendes populaires, l’historien conteur a su donner à l’histoire de notre capitale une épaisseur qu’on ne lui soupçonnait pas. Les notes d’humour, savamment distillées, ont ajouté au charme désuet de cette évocation d’un passé qui est encore présent dans la mémoire des hommes, mais aussi dans le témoignage des monuments. Faisant parler les livres anciens et les vieilles pierres, Abdessattar Amamou, debout, micro à la main, tel un “fedaoui” des temps modernes, a présenté un aperçu dynamique et coloré de l’histoire des huit portes de l’enceinte intérieure de la capitale: Porte de France ou de la mer, dite Bab B’har, Bab Jazira, Bab Jedid, Bab Menara, Bab El Kasbah, dit Bab Arta (qui veut dire dix en berbère et qui servait uniquement de passage aux dix cheïkh hafsides au gouvernement), Bab B’net, Bab Souika et Bab Carthagenna. Il a aussi souligné le fait que chacune de ces portes qui gardaient la ville, était elles-mêmes gardées par un saint. Il s’est alors livré à une énumération des mausolées ceinturant la ville et qui étaient autant de repères dans une histoire non dénuée de spiritualité. Abdessattar Amamou est d’abord historien. Avec lui, l’histoire prend cependant des couleurs, et se confond parfois avec les légendes qu’elle recèle. Tout en jouant sur la confusion entre les deux genres (histoire-légende/historien-conteur), il veille à marquer les limites de chaque exercice. L’histoire lui apporte les faits, et les contes, les effets susceptibles de mieux les expliquer au grand public. Résultat: avec lui on apprend beaucoup, mais on se divertit aussi. Et c’est là presque une prouesse d’artiste. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com