Festival de la médina : Intarissable Sabah Fakhri…!





Quatre concerts à guichets fermés, dont deux donnés samedi et le dernier hier soir, ont fait de la tournée ramadanesque de Sabah Fakhri en Tunisie, l’événement exceptionnel de cette 23ème édition du Festival de la médina. Quand Sabah Fakhri monta sur la scène du Théâtre municipal de Tunis samedi dernier, vers 21 heures et 45 minutes pour donner son premier spectacle, nombreux étaient ses fans qui n’ont pu cacher leur émotion. Certains n’ont d’ailleurs pu retenir leurs larmes. Parce que Sabah Fakhri n’a pas perdu un iota de sa superbe voix et fait partie d’une catégorie de chanteurs arabes qui ont marqué, par leur art et leur talent, les générations des années 70 et 80. Cette catégorie de chanteurs a la particularité d’être polyvalente. Et Sabah Fakhri, par ses apparitions télévisées, en tant que comédien, chanteur des feuilletons célèbres, s’est montré, tout au long de sa carrière, cet artiste arabe au talent multidimensionnel. Il a prouvé tout au long de son concert, qu’il reste l’un des plus grands maîtres du tarab arabe. Il est d’ailleurs resté fidèle à son répertoire qui se compose de morceaux très populaires, liés les uns les autres, dans l’esprit de la «wasla» (suite) avec des parties improvisées et mesurées, allant du «mouachah» au «mawal» (déclamation développée sur un poème). Le tout assorti de compositions «Sammai» et d’improvisations sur des modes appelés «Taqsim». * Comme au bon vieux temps Devant un public composé en bonne partie de férus moins jeunes, Sabah Fakhri, a visité ses anciennes compositeurs musicales connues de ses fans. Parmi celles-ci, on cite notamment les «mouachahat» comme «Ya Toura», «Chadi El Alhane», mais également «Tala al Badr», composées dans un style soufi d’Alep, où il est né il y a 72 ans. Sabah Fakhri, ou celui qu’on nomme le chantre des valeurs spirituelles auxquelles il est resté fidèle durant tout son récital, s’est permis de revisiter quelques unes de ses compositions rythmées où il a démontré son talent de danseur, le tout accompagné des gestes comiques adressés à une assistance qui lui est entièrement acquise. Rappelons que l’aura de ce premier spectacle a été rehaussée par la présence, de M. Abdelaziz Ben Achour, ministre de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine et de Abbès Mohsen, maire de Tunis. Ousmane WAGUE _____________________________ Il faut lutter contre toute forme de marginalisation de notre identité” De ses nouveaux albums, de son école du chant et de la conjoncture actuelle, la vedette syrienne Sabeh Fakhri a parlé à force détails, lors d’une conférence de presse tenue hier à Tunis. Avant son 4ème concert, qu’il a donné déjà la veille, l’artiste Sabeh Fakhri a tenu à rencontrer le public des journalistes. “Je veux remercier de tout mon cœur le Festival de la Médina et le peuple tunisien. J’ai été très ému par l’accueil chaleureux et par cet amour... mon histoire d’amour et d’amitié avec le peuple tunisien, avec cette terre a commencé depuis trente ans”, a déclaré Sabeh Fakhri, lors de cette conférence. Et d’ajouter “Je suis très heureux d’être en Tunisie et de rencontrer les représentants des médias tunisiens et étrangers. Vous les journalistes, vous êtes nos armes contre toutes ces attaques contre l’homme arabe, contre sa culture et ses valeurs. Vous êtes nos armes pour lutter contre ces produits culturels de basse gamme qui cherchent à déformer les réalités et à massacrer l’histoire splendide des Arabes”. Interrogé sur les critiques qui lui ont été faites, Sabeh Fakhri a souligné que les vrais critiques d’art respectent bien son art. “Les critiques qui m’ont été faites proviennent de crises de jalousie. Je respecte, énormément, les bonnes critiques qui me permettent d’évoluer.... Il faut faire attention contre cette invasion qui cherche à effacer notre identité culturelle, notre civilisation... les USA et Israël sont deux facettes d’une seule médaille; les USA ont chassé les Indiens de leur terre-mère et Israël fait la même chose, actuellement, avec les Palestiniens. Malheureusement, plusieurs chaînes arabes ont choisi de faire partie de ce projet anti-arabe et de devenir des armes contre le Monde arabe”. Loin de la politique, Sabeh Fakhri s’apprête à éditer un livre intitulé “ce que Sabeh Fakhri a chanté”. Ce livre comportera un grand nombre de chansons de “Mouachahatt”, “Mawawil”, “Koudoud”, l’histoire de gestation de chaque chanson accompagnée par une analyse littéraire des paroles, un CD et les notes de chaque chanson pour faciliter l’apprentissage à ceux qui veulent apprendre la musique de Sabeh Fakhri. “J’espère que ce livre sera une référence dans la bibliothèque musicale arabe. Parallèlement, j’espère inaugurer dans 5 ou 6 mois l’école de Sabeh Fakhri pour le chant qui sera équipée avec les nouvelles technologies. j’ai quatre albums en gestation, le premier sera consacré aux perles de la musique arabe et ce dans le cadre de la sauvegarde de notre patrimoine musical. Le deuxième album, comportera nos propres chansons, c’est-à-dire mes paroles et mes compositions. Quant au troisième, il s’inscrit dans le cadre de tout un projet qui réunira une brochette de poètes et de compositeurs de tout le monde arabe. Le 4ème album portera des invocations et des louanges à Dieu”. Y a-t-il des projets de collaboration avec des artistes tunisiens? C’est possible. Sabeh Fakhri n’a pas caché son admiration pour plusieurs voix tunisiennes comme Lotfi Bouchnak, Sonia Mbarek, Amina Fakhet, Sofia Sadok etc. Notons que cette vedette syrienne a déjà chanté tunisien: un poème du regretté Ahmed Al Gharbi intitulé “Seli Al Foued Al Khadhra ya halab”. La Palestine a été au cœur de ce débat, “J’ai visité la Palestine avant 1967 et j’ai chanté pur les Palestinien pour ces militants audacieux et je continuerai à chanter pour ce peuple”, souligne Sabeh Fakhri avec une grande amertume. Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com