Lucerne Chamber Brass : Petites ambiances suisses





Pétillants et frais étaient les airs et sons venus en direct de la Suisse... Et bien sûr le public, peu nombreux mais fin connaisseur, qui a assisté au concert donné par Lucerne Chamber Brass (LCB), samedi soir à El Teatro, ne nous démentira pas. A preuve : les cinq membres de LCB, quintette de cuivres, qui se sont déjà produits la veille à l’Acropolium de Carthage dans le cadre de l’Octobre musical et le lundi au Centre d’Arts dramatiques de Sfax ont tout pour séduire. Leur musique, savamment jouée, était un croustilant cocktail, plein de recherche, de nouveauté et harmonieusement gratinée. Le florilège de notes offertes par Basil Hubatka, Martin Bieri, tous deux à la trompette, David Johnson qui a dû remplacer au cor le membre permanent de l’Ensemble, Philipp S.-Chulze — qui se trouve en Suisse pour d’autres concerts —, Pirmin Rohrer au trombone et Daniel Sch?deli au tuba, était en deux parties. Et pour cause : si au début, les pièces extraites des profondeurs du 16ème, 17ème et 18ème siècle avec Tielman Susato, Tomaso Albinoni et Ludwig Maurer, étaient réarrangées spécialement pour LCB en les modernisant, le deuxième volet était entièrement tiré d’une proche époque avec Chostakovitch, J-F-Michel et Pfister. Les morceaux étaient à la fois frais, caressants, poétiques, éthérés... Des pièces qui flirtent avec la musique folklorique et traditionnelle suisse. Elles étaient légères comme les pétales d’une rose, attachantes comme une belle nymphe dans un pré, radieuses comme un sourire. Elles nous viennent de ces montagnes des Alpes, de ces vallées du Rhône et du Rhin, de ces collines et plateaux... Tantôt les sons galopent, tantôt s’attendrissent au gré de ces instruments à vent et du professionnalisme de ces professeurs de musique qui ont sillonné le monde et joué sur les plus prestigieuses des scènes, et toujours avec des pièces qui ruissellent de lumière. Le secret d’une recette ? «On était tous étudiants quand nos professeurs nous ont réunis dans cet ensemble en 1999. C’était à l’Université de Lucerne. Entre nous, il y a une rare entente. Et c’est cette entente qui nous a permis de bien travailler sur la qualité. Et c’est elle la recette de notre succès...», nous a confié Daniel Sch?deli à la fin du concert. Il nous a parlé avec fierté. Son visage dessinait un petit sourire. Tout comme dans la salle. Le public qui a écouté religieusement LCB était ravi. Car il n’a pas l’habitude d’entendre un quintette de cuivres, qui joue à la fois du jazz, du classique, du folk et du traditionnel. Une musique qui s’adapte avec bonheur aux pièces de théâtre ou de chorégraphie. Zohra ABID


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com