Festival de la Médina : La Wasla dans tous ses états





Le festival de la Médina a effectué, avant-hier soir, un retour aux sources. Les grands noms de la musique tunisienne du XXème siècle ont été visités, sous un nouveau style et un nouveau ton. Le spectacle conçu par Kamel Ferjani et qui a réuni sur la scène du Théâtre municipal de Tunis quelques-unes de nos meilleures voix à l’instar de Sonia M’barek, Nabiha Karaouli, Zied Gharsa, Zine El Haddad et Béchir Salmi a tenu ses promesses. Cette «suite» ou Wasla au cours de laquelle quelques-unes des œuvres de Ali Riahi, de Hédi Jouini, Kadour Srarfi, Khemaïes Ternane, Ridha El Kalaï, Tahar Gharsa etc, ont été visitées sous un nouveau look, est loin d’être une déception. Il y avait une création indéniable dans l’art de composer les œuvres de ces géants de la musique tunisienne, mais également et, surtout, une fidélité à la façon d’interpréter de ces artistes. Certes, avouons-le, tenter de réadapter ces meilleures compositions des années fastes de la musique tunisienne, n’est pas sans risque de dérapage dans les improvisations et d’autres compartiments de l’arrangement, mais le travail colossal effectué par Kamel Ferjani combiné au talent de nos artistes, ont pu sauver la mise et faire de cette suite, une soirée splendide, authentique et nostalgique à la fois. Sa particularité est que le concepteur a pu effectuer un travail de tri très intelligent, tant au niveau du choix des morceaux qu’à celui des artistes; dont les voix s’adaptent parfaitement aux arrangements de ces grands noms de la musique tunisienne. L’autre spécificité de cette suite, est que, dans l’interprétation de ces chants, les artistes ont eu recours à de nouveaux instruments, comme la trompette, le saxophone et le tamtam, lesquels combinés à la contre-basse, au nay et au violon, ont donné à cette «Wasla» une vocation instrumentale raffinée. * «Illi T’aâdda Oufeet» Pour parler des compositions de cette soirée, disons qu’elle ont été visitées de façon très originales, comme d’ailleurs au bon vieux temps. Nos cinq artistes ont interprété les meilleures compositions de ces artistes qui ont fait rayonner la culture musicale en Tunisie au XXème siècle, au côté de l’école de la Rachidia, fondée en 1934. La soirée fût sur un autre plan un hommage à la créativité de ces grands noms de la musique tunisienne. Zied Gharsa qui a eu l’honneur d’inaugurer le spectacle a interprété «Samaï Mazmoum» de Mohamed Triki, avant que Sonia Mbarek ne chante «Illi T’adda Oufat», un célèbre morceau de Hédi Jouini. Pour sa part, Zine Haddad a repris quelques-unes des meilleures compositions de Ali Riahi durant la première partie de la soirée. Quant à Nabiha Karaouli, elle s’est contentée de visiter des compositions de Khemaïes Ternane, dans un style mi-bédouin, mi-classique. La deuxième partie de la soirée fût un voyage nostalgique dans le patrimoine chansonnier tunisien. «Zarzis», un morceau très célèbre a été repris par Béchir Selmi, aux côtés de nombreuses autres compositions appartenant à Ali Riahi, Khemaïes Ternane, visitées par les cinq belles voix accompagnées de 40 instrumentistes, sous la direction de Kamel Ferjani. L’enseignement à tirer de cette soirée est qu’à travers cette suite un pas a été franchi vers le relookage des meilleures compositions des grands noms de la musique tunisienne du XXème siècle. Le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine ne semble pas se tromper de chemin en soutenant des projets concoctés par les jeunes talents, lesquels visent à donner au patrimoine chansonnier national un goût adapté à celui des jeunes générations. Et la suite présentée, avant-hier soir, au Théâtre municipal en est une illustration. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com