Jouets à risque : Les chiffres de la peur





• Lancement d’une campagne nationale de sensibilisation Une campagne nationale de sensibilisation contre les jouets dangereux a démarré le 24 octobre à l’occasion du mois de Ramadan. Elle se poursuivra jusqu’à la fin de cette année scolaire et universitaire. Tunis-Le Quotidien Il n’est pas de Ramadan et d’Aïd sans pétards. Dans chaque quartier, il faut qu’un groupe d’enfants persiste à terroriser les gens avec ces «explosions». Mais il n’y a pas que les pétards. Les enfants continuent malheureusement à manipuler des jouets dangereux qui peuvent, à un moment ou un autre, provoquer un drame. Le comble c’est que ces jouets - tout comme les pétards - sont strictement interdits. Pourtant, ils circulent encore presque au vu et au su de tout le monde. Afin de sensibiliser les enfants, les parents et les éducateurs aux dangers de ces gadgets, une campagne nationale de prévention a démarré le 24 octobre. Cette campagne est initiée par le ministère de la Santé publique en collaboration avec les ministères de l’Education et la Formation, des Affaires de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des personnes âgées, des Affaires religieuses ainsi que les organisations non gouvernementales concernées. A cet effet, les différents espaces d’éducation et d’animation, les clubs et les institutions relevant des ministères en question vont convertir une partie de leurs programmes, voire en réserver certains à ce phénomène. A préciser que cette campagne qui se tient sous le signe : «Des petits jouets... aux grands risques» est organisée à l’occasion du mois de Ramadan qui connaît une recrudescence de l’usage de ces jouets. Mais elle va se poursuivre également durant le reste de l’année scolaire et universitaire. * Adultes et enfants : même galère Il va sans dire que ce genre de jouets, généralement à la portée des petites bourses, sont nuisibles à la santé. Pistolets de toutes les couleurs, tire-boulettes, pétards et arcs risquent de bousiller la vie d’un gosse. Ils sont faits de matières plastique allergènes, ce qui justifie les prix attrayants. Leur manipulation peut tourner au drame sans compter les accidents qui peuvent survenir au niveau des appareils respiratoire et digestif. En effet, des statistiques réalisées par l’Institut Hédi Raïes montrent que sept accidents graves ont été enregistrés pendant les jours de l’Aïd El-Fitr 2003. Les accidents des yeux ont doublé en 2004 pour atteindre 25 incidents. Les victimes sont treize filles âgées entre 7 et 11 ans et 12 garçons âgés entre 7 et 12 ans. A l’hôpital régional de Nabeul, le service d’ophtalmologie a accueilli six cas d’enfants et de jeunes âgés entre un et 20 ans pendant les derniers jours de Ramadan 2004. Mais les risques ne concernent pas uniquement les petits qui utilisent ces jouets. Tout au contraire, les victimes sont souvent des adultes. En témoignent les sept cas qui ont été examinés dans le même hôpital. Ce sont des accidents liés directement aux tire-boulettes. A Sousse, le bilan est important également. Entre janvier 2003 et septembre 2005, le service d’ophtalmologie à l’hôpital Farhat Hached a enregistré 64 cas d’enfants âgés de moins de 15 ans. Pour sa part, le service d'ophtalmologie de l’hôpital universitaire de Monastir a réalisé une étude statistique. Elle a montré que les accidents des yeux dus à ces jouets chez les enfants âgés entre 8 mois et 15 ans ont atteint 63%. Quant à l’hôpital Habib Bourguiba à Sfax, il a enregistré 4 accidents des yeux pendant Ramadan 2004. Les victimes sont aussi des enfants âgés entre 7 et 17 ans. Ceci étant, le problème se pose encore. Ces jouets sont toujours présents sur le marché notamment parallèle. Malgré le contrôle qui se veut rigoureux à ce niveau, les marchands ne baissent pas les bras. On se demande, par quel circuit ces jouets atterrissent dans nos murs ? Mais la responsabilité incombe aux parents aussi qui se laissent convaincre en voulant faire plaisir à leur progéniture. M. KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com