Ali Fergani (Entr. C.A.B.) : «Bizerte mérite à coup sûr une meilleure équipe»





Annoncé à un certain moment au Nasr Husseïn Dey après avoir décliné l’offre de l’USM Alger, Ali Fergani revient à Bizerte, moins de deux années après l’avoir quittée. Cette fois-ci, le challenge n’est pas moins risqué : tirer le CAB des profondeurs de la Ligue 1 et redonner moral et sourire à des supporters qui vécurent tel un interminable cauchemar ce premier tiers de championnat. Une fois le contrat signé pour 19 mois (jusqu’en juin 2007), l’ancien entraîneur de l’ASM, de l’EST, de l’USMo, de l’OB, du ST... nous a parlé de la rude mission qui l’attend chez les «Jaune et Noir». Ali Fergani, vous n’avez pas mis trop longtemps avant revenir aux affaires bizertines ? Je viens effectivement de signer avec le club Athlétique Bizertin un contrat allant jusqu’en juin 2007, semblable à celui passé avec la même association il y a deux ans. J’avais alors pris également l’équipe en cours de route, en janvier 2003 avec pour objectif d’assurer le maintien. Nous y avons réussi et le bilan comportait au bout d'une saison et demie une coupe de la Ligue. Comme vous le constatez, ce retour du côté de la ville de l’Evacuation comporte beaucoup de similitudes avec mon premier passage. On peut tout autant croire que le challenge n’est pas moins risqué, ni moins exaltant ? Certainement, d’autant que nous partageons tous la conviction que Bizerte mérite à coup sûr une meilleure équipe et une meilleure place. N’oublions pas que le CAB a rapporté à la Tunisie la première Coupe africaine de son histoire. Nous allons donc tout mettre en œuvre pour améliorer la situation. Après avoir signé avant-hier le contrat, on peut s’attendre à ce que vous releviez Nejmeddine Oumaya dès cette fin de semaine ? Non, mon entrée en fonction ne se fera qu’entre le 1er et le 8 novembre pour une raison bien simple. Il y a quelques jours, et alors que je m’entraînais au stade Zouiten, une petite dalle du côté de la main courante m’était tombée sur le pied, m’obligeant à mettre douze points de suture. Fort heureusement, le tandem d’Achille n’a pas été touché. Mes débuts à Bizerte se feront par conséquent en fonction des délais de rétablissement. A un certain moment, je ne pouvais même pas conduire et cette blessure nécessite trois semaines de repos. Quel regard jetteriez-vous sur le CAB d’aujourd’hui ? J’ai pu suivre la sortie des cabistes à El Menzah devant le Club Africain et là, je dois avouer que nous avons assisté à une équipe sans âme. Seulement, en détaillant les composantes de l’effectif, on ne peut s’empêcher de se sentir étonné par le fait que le rendement soit tombé aussi bas. Le CAB a par ailleurs manqué cette saison de réussite comme en témoignent les quatre penalties ratés. S’ils avaient été réussis, le club n’en serait pas maintenant à une aussi peu enviable 12e place, avec un petit point d’avance sur le premier relégable, trois buts marqués et une seule victoire après dix journées. On sent le mental chancelant et les joueurs en proie au doute duquel il est souvent difficile de se débarrasser. C’est comme dans un cercle vicieux. A priori, seule une victoire peut améliorer l’ambiance. On imagine que vous êtes au courant du chemin de croix traversé par votre prédécesseur Nabil Maâloul ? Vous savez, les entraîneurs ressemblent à des fusibles qui sautent au premier court-circuit. Je considère que Maâloul n’a pas eu de réussite. Il a énormément travaillé sur un effectif largement renouvelé. Mais au bout du compte, ce n’est jamais une mince affaire de déterminer où se situent les failles. Sans doute cela met-il beaucoup plus de temps lorsqu'on travaille avec autant de nouvelles recrues. L’essentiel pourtant est de savoir que la séparation s'était passée à l’amiable, sans éclats. Ces divorces à répétition sont le lot quotidien des entraîneurs. Vous en savez quelque chose puisque vous venez de rompre votre liaison avec la sélection nationale algérienne... Au départ, déjà, c’était presque mission impossible et il aurait fallu battre et le Nigeria et le Gabon pour se relancer. Ce fut néanmoins pour moi un grand honneur de coacher les «Fennecs». Nous avons ainsi dû réaliser le contrat qui prévoyait pour être prolongé la qualification à la CAN 2006, puis le passage au second tour, là-bas au Caire. Les Aigles de Carthage traversent en revanche un formidable cycle de réussite. Qu’est-ce qui a fait à votre avis la différence entre la Tunisie et le Maroc dans le groupe 5 ? C’est le Kenya qui a départagé deux ensembles de valeur sensiblement égale. Le Maroc n’a pas perdu un seul match à ces éliminatoires et même s’il a dû démissionné, Badou Zaki a fait de l’excellent travail. Pour l’ensemble de son parcours, l’équipe de Tunisie a largement mérité d’aller en Allemagne, même si elle dût attendre un but venu de nulle part, celui de l’égalisation, œuvre de Adel Chedly. Je dirais «bravo Lemerre» car le bonhomme a su fort bien gérer son effectif et les qualifications. On peut tout de même s’étonner qu’un championnat aussi moyen que celui tunisien réussisse à dégager une sélection tout aussi hautement compétitive ? Non. Le championnat du Maroc ou d’Algérie serait-il supérieur à celui tunisien ? Bien évidemment, non. Ce sont les pros qui font la différence. Mais rappelons-nous toujours que les Badra, Jaïdi, Trabelsi, Mnari, Hagui, Jaziri, Ghodhbane... sortaient tous du championnat de Tunisie. L’expérience européenne les a certes bonifiés et améliorés, mais ils sortent du vivier local. Donc, ne soyons pas trop sévères vis-à-vis de ce championnat que je trouve par ailleurs fort intéressant et très animé cette saison, proposant chaque semaine d’étonnants bouleversements. Recueillis par S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com