Sommet de Hampton : L’UE dans le labyrinthe de la mondialisation





Les dirigeants européens se sont réunis hier au palais de Hampton Court près de Londres pour discuter des défis de la mondialisation, un exercice qui se veut consensuel et entend renvoyer à plus tard les arbitrages difficiles sur le budget européen. Le Quotidien-Agences La rencontre informelle d'une journée, organisée à l'initiative du Premier ministre britannique Tony Blair dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne, a duré en tout et pour tout huit heures. "J'espère qu'aujourd'hui, lors des débats de Hampton Court, il n'y aura pas seulement une discussion mais également des projets concrets", a commenté avant le début des travaux le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso. Mais la seule initiative qui pourrait voir le jour à Hampton Court, la mise en place d'un fonds européen d'ajustement à la mondialisation, a été accueillie fraîchement par les membres les plus libéraux de la famille européenne. "Je suis un peu sceptique sur un fonds d'ajustement à la mondialisation", a ainsi déclaré le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, qui se dit prêt "à regarder de plus près si cela doit promouvoir un marché du travail plus flexible et plus dynamique". Le Premier ministre estonien Andrus Ansip était encore plus sceptique: "C'est assez difficile de comprendre pourquoi nous aurions besoin d'un fonds d'ajustement à la mondialisation. En Estonie, nous avons ouvert notre économie depuis dix ans et nous avons maintenant une économie florissante", a-t-il déclaré. Dans un coup de patte à Blair, le Premier ministre belge Guy Verhofstadt a de son côté jugé que ce sommet était "nécessaire après quatre mois de silence" de la présidence britannique de l'UE. Face à la mondialisation, le Premier ministre belge juge qu'"il ne faut pas seulement une réponse défensive, mais une action offensive, avec une stratégie socio-économique et une politique industrielle entre pays de la zone euro". Alors que deux visions s'opposent au sein de l'Europe, l'une plus "libérale" et l'autre plus politique et sociale, Blair avait répété avant-hier ses objectifs devant le parlement européen à Strasbourg. Il s'agit d'abord, a-t-il dit, de "trouver un accord sur la bonne direction économique de l'Europe, puis de définir de nouvelles priorités d'action, et enfin sur cette base parvenir à un accord budgétaire lors du sommet de décembre". Hier, son ministre des Finances Gordon Brown a insisté sur la nécessité de passer rapidement à l'action. "Prendre la réforme économique au sérieux, ce n'est pas simplement parler, mais c'est joindre le geste à la parole en modernisant les marchés du travail, des capitaux et des produits", a-t-il expliqué dans une tribune publiée dans l'édition européenne du Wall Street Journal.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com