Christian Leotta : Sobrement jubilatoire





Il est jeune et beau. Et il a du talent à offrir... et à gogo mais savamment. Pour que la bonne et vraie musique continue à exister... Si le président de la République italienne, Carlo Azegli Ciampi lui a conféré sa prestigieuse Médaille pour la présentation de l’intégrale des 32 sonates de Beethoven en huit récitals, en avril 2004, alors qu’il n’avait pas encore soufflé ses vingt-cinq bougies, c’est parcequ’il l’a bien mérité. Et il nous l’a bien confirmé, jeudi dernier, lors de son concert donné à l’Acropolium de Carthage dans le cadre de l’Octobre musical et devant un public nombreux. Très nombreux même. Et pour cause : Primo, l’enfant de Catane la sicilienne jouit d’une réputation hors-pair de par le monde. A son âge, il s’est déjà produit dans plus de 30 pays des cinq continents. Il donne régulièrement en solo ou avec les plus prestigieux orchestres comme le Münchmer Philarmoniker, la Neuen Philarmonie ou aux Orchestre national symphonique de la RAI. Aussi, HDN et (High Definition Television Production Compagny de Dallas, Texas) lui ont consacré en octobre 2003 un long métrage dans lequel le pianiste a notamment présenté un enregistrement en direct. Secondo, la majorité de ce public est venue «gratuite». La section culturelle de l’ambassade italienne accréditée en Tunisie ne rate aucun événement pour choyer sa communauté résidente chez nous. Lors de cette soirée mémorable, Christian Leotta a encore démontré son talent. Mais quel talent !... A nous laisser bouche-bée. «Il a une forte personnalité dans le jeu. Dans son interprétation très personnelle, il est fidèle à l’image de l’époque. C’est-à-dire on est dans l’époque de l’auteur avant tout. Tout en étant présent, il ne change rien à l’œuvre intégrale. Et c’est dans trois styles différents, de l’avant classique au romantisme, en passant par le classique de Vienne. Outre son talent, ce garçon a du magnétisme sur scène. Dans sa présence, il y a beaucoup de noblesse, de finesse», nous a dit de lui, pendant l'entracte, la pianiste bulgare, Milena Trifonova, qui était entourée de ses étudiants de l’Institut supérieur de Musique de Tunis. Effectivement, Christian Leotta, qui est sorti vainqueur de la 48ème édition du concours international de piano Gian Battista Viotti de Vercelli (consacré à Beethoven et à Brahms), tout en remportant aussi le Prix du Public, à l’âge de 19 ans, a encore parfait son talent. Il faut imaginer son jeu sept ans après. Juste et sobre. Et sans ébrécher d’un iota aux œuvres de ses aînés. Mieux encore, il les enveloppe d’un air jubilatoire. Mais d’une rare retenue. Avec les Scarlatti (17-18ème siècle), Liszt (19ème siècle) et Beethoven, il y a déjà ces ambiances de prosternation. Et quand leurs œuvres sont bien interprétées, on a l’impression de se soumettre au génie créateur. Ce soir-là, et face à ce beau garçon, sobre et méticuleux, nous avons eu l’impression de nous prosterner devant un autel (et le cadre de l’Acropolium, auparavant église Saint Louis s’y prête à merveille). Si seulement les grands noms de la musique classique étaient présents, ils l’auraient applaudi et félicité. Et ils seraient même étonnés de son savoir-faire. Ou peut-être jaloux... Nous avons passé des moments agréables, relaxants à souhait et il est inutile de dire qu’on était en bonne compagnie. Avec un surdoué dans la matière, qui promet... et Larousse ou autres encyclopédies mentionneront certainement et pour bientôt son nom sur les pages de l’histoire... Un nom à retenir et surtout à greffer dans la mémoire. Zohra ABID


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com