Nathalie Tremblay : La reine du clavier





La 17ème soirée de l’Octobre musical a été signée par la pianiste canadienne Nathalie Tremblay. Et avec ses dix doigts. Devant un public assez nombreux composé en grande majorité d’Européens et de jeunes Tunisiens, Nathalie Tremblay était bien dans sa peau. Mais aussi excessivement bien dans la peau de ses aînés, les Bach, Schubert, Landry, Pépin, Janacek et autres monstres de la musique classique du 17ème jusqu’au 20ème siècle. Elle était en symbiose avec ses notes et variations marquées par la vigueur du rythme et enveloppées de poésie. D’un brin de folklore jusqu’à la musique religieuse et très proche de la veine populaire. A voir cette canadienne, née à Chicoutimi il y a 39 ans (elle fait beaucoup plus jeune) et qui a adopté avec bonheur le clavier depuis l’âge de quatre ans et demi — sans jamais voir quiconque dans sa famille embrasser musique ou autres formes artistiques — s’attaquer aux morceaux les plus corsés du classicisme et s’en sortir avec brio, on ne peut que se poser au moins une question sur sa personnalité. Couronnée à maintes reprises dans son pays natal, Nathalie Tremblay ne s’est pas contentée de l’Institut de musique et des cours au conservatoire. Elle a aussi côtoyé les géants. Dans les années 1990, elle a accompagné comme soliste André Laplante à New York. Puis Ricardo Brengola, en musique de chambre à “l’Academia Chigiana di Siena”. Elle a aussi participé à des travaux dirigés par le “dieu” de la musique classique à Rome Franco Donatoni. Et ce n’est pas tout, elle, qui a accompagné de nombreux chanteurs et instrumentistes de par le monde, se plaît aussi dans l’enseignement et donne des cours au Centre musical Uni-Son. Elle est aussi la directrice artistique des Concerts Couperin au Musée national des Beaux-Arts. Mademoiselle s’intéresse aussi à la technique de l’enseignante américaine Dorothy Taubmann qui concerne la posture et la gestuelle du piano. Explication : “il s’agit d’une technique de recherche sur la relaxation et le contrôle des mouvements des mains, des doigts ...”, nous a-t-elle dit avec son petit accent québecois. Et l’accent, Nathalie Tremblay l’a bien mis dans son premier concert tunisien. Elle était à l’aise. Très à l’aise avec son petit sourire. Moulée dans sa longue robe noire, légèrement échancrée, mais ô combien sobre et discrète, la pianiste était portée par une rare sensibilité. Elle jouait juste et bien. Et c’est ainsi qu’elle a pu saisir son public de l’Acropolium de Carthage qui l’a écoutée religieusement. Les morceaux joués étaient généralement brefs mais repris avec harmonie. Ce qui n’a pas laissé les mélomanes indifférents. Ils ont aimé et chaleureusement applaudi la reine de la soirée. Qui rentrera au Canada le 31 octobre après son concert de demain à Sfax et après sa rencontre avec les étudiants de l’Institut supérieur de musique de la capitale du Sud. Entre-temps, elle racontrera son amie, l’artiste Sadika, dans son atelier de verre soufflé sis à la Soukra. Ainsi que le romancier Alain Nadaud qui réside depuis quelques années en Tunisie. Il était auparavant dans la diplomatie française accréditée au Québec, en tant qu’attaché culturel. “Là-bas, il a laissé derrière lui de bons souvenirs...”, nous a confié la pianiste qui était heureuse de ces retrouvailles. Z. A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com