Cours particuliers : Quand les enseignants exercent des pressions sur les élèves …





Une pratique malsaine semble faire boule de neige au sein des établissements éducatifs. En effet, certains enseignants obligent leurs élèves à suivre des cours particuliers par des moyens peu orthodoxes, voire illégaux. Tunis - Le Quotidien Une étude réalisée par l’Organisation de la Défense du Consommateur (ODC) en juin dernier a montré que 73,2% des parents d’élèves interrogés ont reconnu que leurs enfants suivent des cours particuliers. L’enquête a également révélé que 100% des élèves font appel à leurs propres professeurs pour suivre des cours particuliers contrairement aux dispositions de l’article 9 des dispositions du décret présidentiel promulgué le 25 mars 1988 relatif à l’organisation des cours de rattrapage et des cours particuliers, lequel préconise que l’enseignant ne peut en aucun cas, donner des cours particuliers à ses propres élèves. Ce chiffre explique, en partie, une pratique peu orthodoxe qui se propage au niveau de certains établissements éducatifs. Appâtés par les perspectives du gain juteux qu’offrent les cours particuliers, nombre de professeurs ont recours à des moyens illégaux pour “convaincre” leurs élèves à suivre ce genre de cours. Manque d’exercices et de travaux pratiques en classe, absentéisme, pressions sur les élèves qui obtiennent de mauvaises notes constituent, en effet, des moyens pour obliger les élèves à recourir aux cours particuliers. Houda, élève en 1ère année secondaire, confie que son professeur de mathématiques en 9ème année de base “ne donne pas assez d’exercices aux élèves en classe”. Le professeur en question n’hésite pas à demander aux élèves de suivre des cours particuliers qu’il donne à domicile pour mieux comprendre. “Beaucoup d’élèves ont été contraints à suivre des cours particuliers pour ne pas rater l’année”, ajoute Houda. D’autres enseignants s’absentent fréquemment et acculent ainsi indirectement leurs élèves à faire appel aux cours particuliers. C’est le cas du professeur des sciences physiques de Mohamed Amine, élève en 2ème année secondaire, qui donne des cours particuliers dans un garage qu’il a aménagé à cet effet. * La complicité des parents Le ministère de l’Education et de la Formation pointe un doigt accusateur vers les parents, lesquels deviennent complices en étouffant les affaires liées aux pressions sur les élèves. “Nous ne disposons pas d’un nombre important d’inspecteurs pédagogiques de nature à nous permettre de contrôler 163 mille enseignants”, soulignent des sources bien informées au sein du ministère. Et d’ajouter : “les cours dispensés en classe sont largement suffisants pour assurer la réussite des élèves sans compter les cours de soutien et de rattrapage et les cours télévisés qu’organise le ministère au profit des élèves des classes terminales”. Le syndicat de l’enseignement secondaire impute l’apparition de ce phénomène nouveau au programme chargé, à l’encombrement et au manque d’équipements nécessaires pour le bon déroulement des cours. Des sources dignes de foi au sein du syndicat inscriminent également les cours de rattrapage et de soutien. Ces derniers ont, selon les syndicalistes, encouragé les parents à recourir aux cours particuliers pour améliorer les chances de réussite de leurs enfants. C’est pourquoi le syndicat appelle à un débat national sur la situation des établissements éducatifs auquel prendront part tous les intervenants. Une idée à creuser pour assurer des lendemains meilleurs aux générations futures... Walid Khefifi


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com