Enquête sur l’assassinat de Hariri : Damas mi-figue, mi-raisin





Menacée de sanctions, la Syrie a affiché sa volonté de coopérer à l'enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, affirme avoir sécurisé sa frontière avec l'Irak et se démarque des groupes palestiniens. Le Quotidien-Agences A deux jours d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies qui doit adopter demain une résolution exigeant de la Syrie une totale coopération à l'enquête internationale, sous peine de sanctions, Damas reste cependant intransigeante et veut "des preuves" avant de livrer, à la Commission d'enquête dirigée par Detlev Mehlis, un quelconque suspect syrien. Lors d'un entretien vendredi avec son homologue égyptien, Hosni Moubarak, venu à Damas prêcher la bonne parole, le président syrien Bachar al-Assad "a redit l'attachement et la disposition de la Syrie à poursuivre la coopération avec la commission d'enquête" sur l'assassinat de Rafic Hariri tué en février à Beyrouth. L'entretien "a porté sur les concertations en cours au Conseil de sécurité après la publication (la semaine dernière) du rapport de Mehlis et sur le refus que les résultats de ce rapport, qui ne sont pas encore définitifs, soient utilisés pour servir les visées de certaines parties", selon l'agence officielle Sana. Selon des sources diplomatiques arabes, citées hier par le journal Al-Hayat, "Le Caire croit que la coopération avec Mehlis est inévitable" et qu'il est "nécessaire" que "la Syrie poursuive une politique modérée en Irak". "Moubarak a réitéré sa position sur la nécessité que Damas coopère au maximum à l'enquête, unique moyen d'éviter les pressions internationales" ajoute Al-Hayat. Selon un porte-parole présidentiel syrien, toujours cité par Al Hayet le président Moubarak "qui refuse l'isolement de la Syrie, a voulu lui montrer son soutien afin de trouver une issue en contrepartie d'une coopération totale syrienne avec le rapport Mehlis". Rendu public le 20 octobre, le rapport du magistrat allemand Detlev Mehlis soupçonne de hauts responsables des services de sécurité syriens d'avoir organisé le crime en coordination avec d'anciens responsables de services de sécurité libanais et accuse Damas de ne pas coopérer suffisamment à l'enquête. La Syrie a rejeté ce rapport, tout en disant être prête à coopérer avec la communauté internationale sur ce dossier. Le Conseil de sécurité de l'Onu discute actuellement d'un projet de résolution proposé par les Etats-Unis, la France et le Royaume-uni et qui contient une menace de sanctions économiques ou diplomatiques à l'égard de la Syrie pour la forcer à coopérer. Pour tenter de calmer le jeu, un responsable syrien a réaffirmé que son pays avait pris "toutes les dispositions" pour sécuriser sa frontière et empêcher l'infiltration de combattants étrangers en Irak. Il répondait aux accusations répétées de Washington selon qui Damas ne fait pas suffisamment d'efforts pour empêcher l'infiltration de combattants étrangers en Irak. Le responsable syrien, le général Amine, a précisé que la Syrie avait intercepté 1.400 extrémistes de différentes nationalités, dont des ressortissants arabes, "un grand nombre de Syriens" qui tentaient de s'infiltrer en Irak ainsi que 2.500 Irakiens qui ont été remis aux autorités irakiennes ou américaines. Abondant dans le même sens, le ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé hier que les permanences du mouvement palestinien, Jihad islamique, sont fermées en Syrie, en réponse à un appel du quartette sur le Proche-Orient (Onu, Union européenne, Etats-Unis, Russie). La volonté de coopérer avec le rapport Mehlis est cependant conditionnée. Le conseiller juridique du ministère syrien des Affaires étrangères Riad Daoudi a affirmé i qu'"il est impossible de mettre en prison le chef des services de renseignement (...) juste parce que Mehlis veut le mettre en prison". "Pour faire cela, il faudrait produire des preuves", a-t-il ajouté.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com