E.S.S. – Al Ahly (0-0) : Hors… sujet !





Samedi dans la soirée l’Etoile Sportive du Sahel accueillait Al Ahly du Caire pour le compte de la finale aller de la Ligue africaine des champions. Le stade de Sousse, quoique exigu pour contenir les milliers de supporters étoilés, s’est avéré comme quelquefois à l’occasion des grands événements vécus par l’Etoile un véritable chaudron mais dont l’ardeur s’atténuait au fur et à mesure que le temps avançait et que l’Etoile, censée être le principal animateur de la rencontre pour les raisons que l’on sait, donnait l’impression d’être timorée par l’événement et extrêmement intimidée par la valeur de l’adversaire, Al Ahly. On le sait, en effet, que le club cairote est l’un des grands d’Afrique, mais on oublie aussi que l’Etoile en est un à la valeur de son palmarès de ces dix dernières années. Et puis, en football il n’existe pas de Lapalissade. Personne avant cette finale aller ne donnait Al Ahly favori en puissance et l’Etoile incapable de retrouver son football. Les plus avertis parmi les observateurs vous auraient dit que le match allait être très disputé et les coéquipiers de Zouaghi devraient logiquement tirer profit de l’appui de leur public pour au moins se prémunir d’une petite marge de sécurité avant d’aller au Caire. * Qui ne risque rien n’a rien ! Qu’on attribue à Al Ahly un statut de géant capable de tout entreprendre sur un terrain de football, on pourrait en convenir mais force est de constater que l’Etoile par un passé non lointain (et les exemples sont nombreux) a croisé sur son chemin des équipes plus huppées qu’Al Ahly qu’elle a réussi à dompter et à maîtriser. Et ce n’est pas à cause d’une campagne (inconsciemment) menée vantant les qualités de l’équipe cairote que l’Etoile se trouve du coup placée en position d’outsider comme si elle était parvenue en finale par un concours heureux de circonstances. Mais l’équipe étoilée ne doit en fin de compte s’en prendre qu’à elle-même et l’entraîneur devrait bien revoir sa copie bien avant le 12 novembre prochain. Pour avoir carrément enchaîné son équipe en l’obligeant à se cantonner dans sa zone en position d’attente, Bazdarevic a non seulement tué l’initiative innée chez certains joueurs, mais mieux est, préconisé un schéma tactique que même les Egyptiens n’espéraient pas voir à Sousse. En quelque sorte le Bosniaque a servi Al Ahly même en croyant bien faire. Inutile d’invoquer l’absence de fraîcheur physique chez les joueurs étoilés si l’on n’avait pas œuvré pour la faire retrouver ne cherchant que le résultat immédiat sans opérer réellement un turn-over à moins que le reste de l’effectif soit condamné à garnir le banc des remplaçants. La position du reste incompréhensible des instances fédérales de refuser de ménager l’Etoile à l’instar de ce qui a été fait au profit d’Al Ahly, ne doit pas non plus constituer un alibi, sinon le seul, pour justifier la lassitude physique des joueurs étoilés. * Changer le fusil d’épaule ! Maintenant que le moindre mal est fait, il s’agit en premier et unique lieu pour l’entraîneur Bazdarevic de se fixer sur les potentialités réelles d’Al Ahly en décortiquant son jeu à travers au moins ses derniers matches. Il gagnerait par mesurer la juste valeur de l’adversaire, à se débarrasser d’une idée préconçue qu’on a essayé et parvenu à lui faire admettre : Al Ahly, l’ogre inaccessible. Dans le cas contraire, les Etoilés savent mieux que d’autres, leur expérience aidant, comment amadouer les Cairotes chez eux. D’ailleurs, José Manuel, le coah d’Al Ahly «accuse» l’Etoile d’avoir privé ses supporters et les téléspectateurs d’un spectacle qui aurait pu l’être si elle avait renoncé à se figer dans sa zone et pris à son compte le jeu au moins assez souvent car évoluant chez elle. L’entraîneur des Cairotes trouve aussi que le match retour sera encore plus difficile si l’Etoile venait à opter pour le même comportement tactique mais il avertit tout de même son homologue Bazdarevic de la capacité de son équipe de trouver les solutions adéquates pour remporter le titre. Le ton est déjà donné par les Cairotes par le biais de leur entraîneur. * Positiver le semi-échec Avec un brin de philosophie, on pourrait relativiser l’échec des Etoilés devant Al Ahly. On leur accorde le mérite d’avoir évité les cartons jaunes pour se présenter au Caire au complet et surtout de ne pas avoir encaissé le moindre but à domicile. Ceci est à l’actif des Etoilés, le passif est à apurer au Caire même si l’on tient encore à ce titre tant désiré. Mounir EL GAIED ______________________________ L’analyse technique de ... Rejeb Essayeh «Des choix inappropriés» Pour avoir adopté une tactique trop attentiste face à Al Ahly, l’Etoile n’a presque rien obtenu samedi soir. Comme quoi en football comme dans la vie, qui ne risque rien n’a rien. Cela dit, le club sahélien qui n’a ni perdu ni encaissé de but, est appelé à réussir son déplacement au Caire pour remporter le trophée. Pour en savoir plus sur la prestation de l’Etoile samedi et sur ses chances, nous avons contacté l’entraîneur Rejeb Essayeh qui a vite fait de mettre le doigt sur les choix inappropriés suivis d’entrée par les camarades d’Austin. * Le jeu de l’Etoile Face à un adversaire du calibre d’Al Ahly, l’Etoile a opté pour le schéma tactique le plus mauvais. Pour gagner à domicile il fallait oser et provoquer la faute chez l’adversaire. L’Etoile, elle, a opté pour un jeu attentiste et pour les contres. Résultat: elle a subi la loi d’Al Ahly à l’entre-jeu et a eu du mal à contrer. Apparemment, les Sahéliens cherchaient surtout à ne pas encaisser de but et à ne pas perdre. C’est étonnant de la part d’un club qui veut remporter le trophée continental. En voulant se créer des espaces, les Etoilés ont subi, le jeu adverse. Et puis comment peut-on aligner d’entrée un joueur aussi peu compétitif que Jédidi ? En tout cas, ces difficultés à s’imposer je les ai entrevues en championnat local où l’Etoile n’arrive pas encore à décoller. C’est bien dommage d’avoir raté ce rendez-vous important même si tout reste à jouer au Caire. * Le jeu d’Al Ahly Voilà un club qui a retrouvé ces deux dernières années toute sa splendeur. Cela fait cinquante matches qu’il n’a pas perdu et à Sousse samedi dernier, il a adopté un jeu intelligent développé dans la zone de l’adversaire, mais aussi très compact sans réels points faibles et avec beaucoup de calme et, de complémentarité. Mais si Al Ahly s’est montré conquérant, il n’a pas marqué et au retour, il n’aura pas non plus la partie facile notamment sur le plan mental. * Bien gérer le retour Les choses étant ce qu’elles sont, les Etoilés sont condamnés à réussir leur sortie au Caire dans un stade tout acquis à la cause d’Al Ahly. Une seconde manche qui sera difficile à gérer d’autant plus que le représentant tunisien aura à choisir entre viser le nul vierge pour aller jusqu’aux tirs aux buts, une loterie qui ne lui réussit pas particulièrement ces dernières saisons, ou jouer le contre pour surprendre un adversaire coriace, équilibré et qui fera tout pour faire pencher la balance en sa faveur. Jamel BELHASSEN ______________________________ Leurs impressions Mehmet Bazdarevic «L’Etoile a manqué de punch. Nous avons évolué selon nos moyens et en tenant compte des potentialités de l’adversaire. Je pense que nous aurions pu faire la différence si on avait osé un peu plus. Le verdict étant reporté, il nous appartient de bien préparer le match du Caire pour espérer réaliser l’exploit». José Manuel «Je suis très déçu par la manière de jouer de l’Etoile qui n’a, à aucun moment, cherché à nous presser dans notre zone. L’Etoile a été carrément renonciatrice, chose qui nous a facilité la tâche d’obtenir la parité à Sousse. Au match retour, nous trouverons les solutions pour déverrouiller le dispositif étoilé». M.E.G.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com