Tout en se déclarant prête à coopérer : La Syrie dans l’embarras





Tout en se déclarant prête à coopérer, la Syrie a annoncé que la résolution adoptée lundi à l'unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies est "très négative" pour le pays. Le Quotidien-Agences "Nous considérons que la résolution est très négative pour le pays et le fait qu'elle ait été adoptée à l'unanimité la rend encore plus problématique", a déclaré une source proche du ministère des Affaires étrangères. Le texte de la résolution "est accusateur et adopte les suppositions auxquelles est arrivé (l'enquêteur de l'Onu Detlev) Mehlis", a ajouté cette source, précisant que les conclusions du rapport d'enquête du magistrat allemand étaient "hâtives et pas assez objectives". Le Conseil de sécurité a voté lundi à l'unanimité une résolution exigeant la coopération de Damas dans l'enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. La référence à d'éventuelles sanctions a toutefois été supprimée et remplacée par une allusion à des "mesures supplémentaires" non précisées. * Bonne volonté Pour sa part, la presse officielle syrienne affichait hier la volonté de la Syrie de coopérer avec la commission d'enquête de l'Onu sur l'assassinat de Rafic Hariri. Sans commenter directement cette résolution adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'Onu et sommant Damas de coopérer à l'enquête des Nations unies sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais, les quatre quotidiens syriens ont mis en avant les propos tenus par le ministre des Affaires étrangères syrien Farouk al-Chareh devant le Conseil à l'issue du vote. Tout en publiant le texte intégral de la résolution 1636, ces quotidiens ont évité de mettre en exergue les clauses de ce texte gênantes pour Damas, notamment la référence au chapitre VII de la Charte de l'Onu (qui inclut une possibilité de sanctions si la Syrie ne coopère pas) et les points enjoignant Damas de mettre les suspects à la disposition entière de la commission d'enquête de l'Onu présidée par le juge allemand Detlev Melhis. Al-Thawra titre ainsi: "Le Conseil de sécurité adopte une résolution expurgée de menaces de sanctions et réclame la coopération", ou encore, "Chareh”: Il existe une intention de nous accuser mais nous coopérerons avec la commission pour apporter des preuves accablant les criminels". "Ce n'est pas la première fois que la Syrie subit d'énormes pressions même si celles d'aujourd'hui sont les plus dangereuses (...) Elle s'est tiré d'affaire par le passé et surmontera encore les tentatives de la mettre à genoux", écrit l'éditorialiste du journal, Fayez Sayegh. "La résolution de l'Onu suppose que la Syrie est coupable au lieu de présumer de son innocence, et notre décision est de coopérer comme nous l'avons fait jusqu'à présent", écrit le journal Techrine, soulignant que "la résolution n'évoque ni l'utilisation de la force, ni une possibilité claire de sanctions". "La tentative de transformation du Conseil de sécurité en instrument d'investigation et la tentative d'ingérence dans les prérogatives de la commission d'enquête ont échoué car il existe une majorité au niveau de la communauté internationale qui ne doute pas de la transparence des positions syriennes", peut-on lire dans l'éditorial du journal. _____________________________ La rue syrienne mobilisée Plus de mille Syriens se sont rassemblés hier matin à Damas à proximité de l'ambassade des Etats-Unis, pour manifester contre les pressions qui pèsent sur Damas, au lendemain du vote de la résolution 1636 au Conseil de sécurité de l'Onu, a constaté un photographe de l'AFP. "Nous n'avons rien à cacher", proclame une grande banderole portée par deux jeunes Syriens sur la place Raoudah, dans le centre de la capitale. "Amérique, Amérique, la nuit ne durera pas", "Attaquer le vilain américain, c'est la solidarité véritable", ont clamé des manifestants. La Société syrienne pour les relations publiques, à l'origine de cette manifestation, avait appelé à l'action "tous ceux qui rejettent les pressions et les menaces injustes contre la Syrie". _____________________________ Moscou salue la résolution Moscou-Agences Moscou s'est félicité hier de la résolution adoptée la veille par l'Onu qui enjoint la Syrie de coopérer à l'enquête internationale sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri mais ne la menace pas clairement de sanctions. "La menace de sanctions imposées automatiquement à la Syrie (...) a été écartée, ainsi que les tentatives d'accuser Damas d'être impliqué dans les activités terroristes", s'est réjoui le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. "Il est très important que la résolution confirme la nécessité d'un règlement pacifique", a ajouté le ministère. Le projet initial de la résolution adoptée lundi par le Conseil de sécurité contenait une menace implicite d'un recours à des sanctions économiques ou diplomatiques à l'égard de Damas. Il a été édulcoré pour obtenir l'unanimité des 15 membres du Conseil, et notamment l'assentiment de la Chine, de la Russie et de l'Algérie, hostiles par principe à la menace de sanctions. "Grâce aux efforts de la partie russe et à ceux d'autres délégations, les dispositions politiciennes, n'ayant rien à voir avec l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri, ont été retirées" du texte de la résolution, a encore relevé le ministère russe. La Russie s'est dite "persuadée qu'une coopération responsable entre Damas et la commission" d'enquête permettrait "d'établir la vérité et d'assurer la victoire de la justice". _____________________________ Beyrouth presse la Syrie de coopérer pleinement Beyrouth-Agences Le Liban, soucieux de préserver ses relations avec la Syrie, a pressé Damas de "coopérer pleinement" avec l'Onu dans l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri alors que le chef de la commission d'enquête des Nations unies, Detlev Mehlis, est retourné à Beyrouth. Le Premier ministre libanais Fouad Siniora a salué au nom de "tous les Libanais" la résolution adoptée à l'unanimité lundi par le Conseil de sécurité de l'Onu et sommant la Syrie de coopérer avec la commission d'enquête internationale. Insistant sur "les relations fraternelles et l'avenir commun des deux pays", Siniora a souhaité que les dirigeants syriens "joignent les actes aux paroles et coopèrent pleinement avec la commission". Le Liban se trouve dans cette affaire dans une position délicate vis-à-vis de son ancien tuteur. Tout en demandant que les coupables soient punis, le gouvernement libanais, dirigé par un proche de l'ancien Premier ministre assassiné, ne souhaite pas envenimer ses relations avec son seul voisin arabe, avec lequel il entretient déjà des relations tendues depuis que l'armée syrienne s'est retirée du Liban en avril, contrainte et forcée, deux mois après l'attentat contre Hariri. C'est par souci de préserver ces relations que le Liban a préféré ne pas envoyer à New York son chef de la diplomatie, a souligné le ministre du Travail Trad Hamadé.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com