«Rachidiyat» : Au goût du jour





L’Ensemble «Moussiqat» a clôturé lundi dernier les soirées ramadanesques au Club culturel Tahar Haddad, avec le spectacle «Rachidiyat» qui tire son élixir magique de notre patrimoine... Après la frénésie culturelle intrépide qu’a connue la capitale un mois durant, nous voilà en train d’assister aux clôtures des festivals qui ont bien rythmé pendant le tout Ramadan. L’un après l’autre avant de nous plonger enfin dans les Journées théâtrales de Carthage prévues pour le 23 novembre et qui se poursuivront jusqu’au 3 décembre, notre rendez-vous biennal du mois d’octobre musical et qu’on a dû reculer de quelques semaines à cause de l’événement international, le SMSI qui se produira dans nos murs dans une quinzaine de jours. Lundi dernier, alors que tous les espaces de la vieille ville ayant accueilli la 23ème édition du Festival de la Médina, ont pris congé en attendant d’autres manifestations, le Club culturel Tahar Haddad de la rue du Tribunal dans la Médina, lui, a offert la dernière soirée ramadanesque avant de célébrer incessamment la fête de l’Aïd et celle du 7 Novembre. Où les petits auront leur lot de bonheur. Avec des douceurs et des spectacles. Et nos mômes de ne pas rentrer les mains vides. Ils auront en cadeau, un livre de contes : «Baba Aïd», texte de Lamia Chahed et illustration de Emna Masmoudi. Ainsi ils lâcheront un peu leurs parents, animeront leur temps évanoui et décortiqueront mille et un mystères. Revenons à notre soirée, avec son programme bien concocté par «Moussiqat» (un pluriel de musique en arabe et qui n’a jamais existé dans les lexiques), un ensemble qu’a créé depuis Paris, le violoncelliste Naoufel Ben Aïssa dans les années université. Et qui continue aujourd’hui à diriger avec une pléiade de ses compagnons de route, les instrumentistes Abdelbasset Metsahhel au violon, Slim Jaziri au qanûn et Mohamed Abdelkader Bel Haj Kacem pour les percussions, et pour le chant Anis Jaaïdi et Firas Ben Slimane. La soirée était en fait dédiée à ces femmes qui ont marqué notre patrimoine musical de la Rachidiya comme Chafia Rochdi, Saliha, Dalila, Fathia Kheïri, Hana et Choubeïla Rached. Mais aussi de l’inoubliable Hassiba Rochdi qui n’a jamais appartenu à cette institution, mais qui était de la foule au féminin. Il s’agit donc d’un hommage doublé à la Rachidiya, tout d’abord et à ces dames qui ont donné de leur temps, talent et foi, la voix et la forme à notre patrimoine, aujourd’hui, épanoui. Très épanoui, quand les professionnels y mettent de leur savoir-faire. Là où il faut et quand il faut... Avec «Hajrou al habib», «Fel Ghorba efnani», «Erjaâ lellah», «Ya hajira», «Ya welfeti», «Ma ahlaha tathbilet înek», et autres «El âchaga» et les Agha, Ternane, Karaballah, Triki, Ben Jeddou, Srarfi et autres Mohamed Salah El Mehdi, Mahmoud Bourguiba, Ahmed Kheïreddine et Gaston Bchiri, paroliers et compositeurs, nous avons eu droit à un patrimoine, remis au goût du jour. Pris et repris par des «pro» en la matière qui ont su comment agrafer dessus une broche de couleurs, d’un brin de leur savoir, d’un brin de leurs talents et d’une touffe de leurs sens sans qu’ils touchent à l’âme toute sobre d’un legs, vieux de 70 ans. Ainsi, les chants de La Rachidiya se sont renouvelés par «Rachidiyat» et Rihab Sghaïer par sa voix succulente les a auréolés de couleurs. C’était un exquis. C’était beau, pur comme de l’or, vingt quatre carats. Le public composé de fin connaisseurs a savouré, a aimé et applaudi le jeune ensemble et à sa tête Naoufel Ben Aïssa. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com