Erwin Rehling/Fritz Mosshammer : Un duo… d’amour





Après l’Octobre musical, l’Acropolium de Carthage n’a pas pris congé. C’était la veille de l’Aïd. Et pourtant, on a ouvert les portes et vendu des billets... Pas mal de billets ! Et pour la fine fleur de Tunis qui aime la musique, la vraie et la bonne. Surtout que le concert du mercredi n’est pas n’importe quoi et il mérite le déplacement. Tant mieux pour ceux qui sont venus et tant pis pour les absents. Dès le début de leur concert, Erwin Rehling et son «faux jumeau», Fritz Mosshammer étaient légers et aux anges. Et ils affichent avec bonheur leur humeur enthousiaste. Ils étaient aussi en forme et en très bonne forme. Turbulents ! Juste ce qu’il faut et tous deux débordent de..., la scène qui n’arrive plus à contenir leur joie, leur jeu... Les deux «petits monstres», au large sourire permanent, avaient tout pour saisir leur public — acquis déjà dès leur entrée en «fanfare» —, le charmer et surtout le retenir jusqu’à la fin. Le duo a été «armé» d’une batterie, d’une bassmarimbaphone, de cor alpin, guimbarde, foujara, trompette de poche... et de n’importe quel accessoire. De n’importe quel objet banal et usuel qui peut créer un son quelconque. Même de jeu de pierres. Qui ont donné de l’épaisseur à leur premier concert tunisien. Un concert très rythmé. Où il y a de tout. Où on se moque éperdument des frontières, des modèles. Un concert qui ne connaît pas le terme limite. Et le duo de nous offrir généreusement un flot de sons sans limite aucune. Sur une sorte de matelas à ressorts, les sons sautillent, cédant la voix à Fritz Mosshammer. Une voix à la fois aiguë, grave, assourdissante et douce. Qui nous surprend. Qui nous berce..., et qui nous resurprend..., et rebelote sans jamais succomber à... l’ennui. Ni tomber dans les airs faciles et la médiocrité. Le duo sait soutirer les bonnes musiques des profondeurs de l’humanité et les retravailler avec les sonorités nouvelles et à leur guise... C’est ainsi que les Erwin Rehling et Fritz Mosshammer ont pu «conquérir» la salle de l’Acropolium à moitié pleine (positivons-nous, car il s’agit d’un jour de fête et c’est déjà beaucoup) avec leur propre label, estampillé d’authenticité, d’originalité et d’une musique atypique... Où chaque morceau joué se base sur la précision et frise la perfection (et nul n’est parfait). Il fallait y assister pour vraiment voir l’ampleur de l’enthousiasme de ce duo d’enfer (et de paradis !), surtout avec le cor alpin qui nous a transportés jusqu’aux cimes des montagnes, survolant forêts vierges et rivières ruisselantes, sur un lit de notes tantôt dynamiques et éloquentes, tantôt timides, délicieusement doucereuses et mâtinées d’une rare sensibilité. Le duo qui aime s’appeler Hammeling était ce soir-là au top..., avec son spectacle composé d’un peu de tout et mélangé de mille et un ingrédients. La recette était bonne. Et surtout, bonne pour nous donner de la joie, de la fraîcheur pétillante. Merci à l’ambassade d’Autriche qui nous a conviés à ce spectacle haut en couleur et de haute facture. Le public a aimé, applaudi et savouré des textes d’un registre différent, ponctués de notes, de rires, de drôlerie, de savoir-faire, de sympathie, d’intelligence pour toutes les musiques du monde. Et sans barrière aucune. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com