Lassaâd Dhaouadi, président de CSCF (UTICA) : «Voilà comment je vois le nouveau Conseil supérieur des services»





Sollicité par les professionnels lors de la Consultation nationale sur les services, le Conseil supérieur des services vient de faire l’objet d’une décision présidentielle, ouvrant ainsi la voie à une structuration et à une cohérence appelées par les souhaits de tout le secteur. Parmi les premiers à s’en féliciter, M. Dhaouadi vient de confier au «Quotidien» les espoirs qu’il fonde sur le Conseil. Tunis — Le Quotidien Prenant à témoin les expériences belge, canadienne et française dans la structuration du secteur des services, M. Lassaâd Dhaouadi, président de la Chambre Syndicale des Conseils Fiscaux (CSCF - UTICA) rappelle que les pays développés n’ont pas cessé les efforts pour garantir la qualité des prestations, l’indépendance des professionnels, leur intégrité et leur haute qualification pour garantir la protection du consommateur. * Mettre fin aux conflits d’intérêt A la tête des mesures adoptées par les pays développés pour donner plus de cohérence à ce secteur, on constate la création d’un organisme qui veille au développement des professions et à la sacro-sainte protection du consommateur. Au niveau communautaire européen, le Conseil européen des professions libérales (CSPL, basé à Bruxelles) est composé d’organisations inter-professionnelles et d’associations qu’il représente et dont il défend les intérêts en qualité de consultant et d’observatoire, un interlocuteur privilégié des institutions européennes. Une inspiration pour M. Dhaouadi qui estime que notre Conseil supérieur des services permettra certainement de mettre fin aux conflits d’intérêt et de déclencher le processus de mise à niveau des activités de services sur des bases scientifiques, loin de ce qu’il appelle «la conception négative basée sur l’octroi de dons et de subventions» comme on le constate actuellement. * 15 points pour combler un déficit «alarmant» C’est de la sorte que la conception qu’a notre interlocuteur du nouveau Conseil peut être récapitulé en une quinzaine de points où il ne laisse aucune facette sans revendiquer sa réalisation : - La réalisation d’études sur les différentes professions; - L’étude des préoccupations des professions et des consommateurs de leurs services; - S’assurer que les diplômes ouvrant droit à l’exercice d’une profession garantissant la spécialisation et la haute qualification; - Inciter les universités à créer les spécialisations, et ce, en fonction des besoins des professions et du marché de l’emploi; - Sensibiliser et protéger le consommateur; - Inciter les professions à respecter les standards internationaux; - Contrôler les organisations professionnelles et s’assurer qu’elles veillent à la protection du public; - Etudier le droit professionnel comparé et développer la recherche scientifique en droit professionnel; - La mise en place du guide des professions afin de protéger le consommateur contre les charlatans; - Tenir le registre des professions et mettre à jour leur nomenclature (actuellement inexistante); - Publier un rapport annuel sur la situation des professions de services par référence aux normes reconnues dans les pays développés; - Préparer la stratégie de négociation et de libéralisation des activités de services; - Mise à niveau et réglementation des professions et harmonisation du droit professionnel tunisien avec la législation des pays développés, notamment européens. D’ailleurs, les membres européens du groupe 5+5 ont réclamé cette harmonisation à travers l’article 17 du protocole de libéralisation des services avancé en 2005; - Mise en place du code des professions comme c’est le cas du Canada et autres pays développés; - Identification des obstacles et des causes de la non réglementation et la non mise à niveau de plusieurs professions de service (conseils fiscaux et autres), alors que la décision relative à la mise à niveau des activités de service a été prise depuis 1997. Pour M. Dhaouadi, la liste n’est pas longue comme on pourrait le penser à première vue. Il faudrait seulement se rappeler que nous sommes en train de commenter le domaine le plus porteur pour l’économie tunisienne dans les années à venir. Il souligne, optimiste, qui si telle est la démarche du Conseil, cela nous permettra de combler un déficit alarmant dans ce domaine. M.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com