Bilan des programmes ramadanesques : Des créations… et des navets





Une floraison de productions télévisées a bien rythmé le Mois de Ramadan. La palette était mi-figue, mi-raisin. Mais c’est toujours bon de trouver des compétences et des compétitivités. A comparer le Mois saint 2005 à ses précédents, nous pourrons déduire qu’il a été le plus rythmé. Il y a eu tout d’abord, pour les accros des sorties nocturnes, un boom inhabituel de festivals. Outre l’Octobre musical, le Festival de la Médina a de son côté volé assez haut avec son programme diversifié et de haute facture. Mieux encore, nos régions et quartiers se sont réjouis de leurs quelques manifestations de musique, poésie et théâtre. Ensuite, il y a ces casaniers, petits et grands. Qui, après la rupture du jeûne, s’allongent volontiers sur leur canapé, saisis par un éventail de feuilletons télévisés et autres programmes pour tous les goûts et de tout registre. Outre les plages musicales de toutes sortes destinées à nos mélomanes, il y a eu, pour ceux qui aiment se ressourcer, de la religion ou de l’histoire. Pendant tout un mois, ils ont été largement servis. Quelques documentaires “religieux” et autres courts métrages sur des monuments de piété, sur des victoires qui ont fait la grandeur des Musulmans, des siècles durant, ont été transmis par Tunis 7, Canal 21 ou Hannibal TV, la chaîne privée “vieille” de seulement quelques mois, avec “Sakr Koraïch” qui a retenu bon nombre de téléspectateurs, un peu avant la prière d’Al Maghreb. Pour les férus de l’humour et des jeux, nos chaînes ont toutes mis le paquet. Mais, chacune à sa façon. Il y a eu aussi du bon et du moins bon. Le produit le plus croustillant a été (qui continue toujours) “Dlilek Mlak” qu’anime tous les soirs Sami Fehri sur la chaîne nationale. Il a accroché tous les rêveurs et joueurs. Avec “Le monde rit”, la chaîne des Jeunes Canal 21 n’a pas été négligée. Elle aussi avait ses “propres clients”. C’était du vif, du moderne et de l’alléchant… Et la contagion, du rire continue. Mais cette fois-ci avec cette jeune chaîne Hannibal TV, devenue “terrestre” depuis quelques semaines , qui a attrapé le virus et s’est bien éclatée avec des émissions de bonne facture. Car, avec l’humour on a associé une pointe de critique qui a plu à beaucoup de gens. Ces derniers n’ont pas zappé en suivant “Awadh wa Joha”, “Ibtissamet Hannibal” (caméra cachée), “Hannabal fi houmetna”. Les téléspectateurs se sont finalement retrouvés. De la bonne satire, du concret et parfois même du “osé”. Mais ce “osé” est bien retravaillé sur un lit d’intelligence et il est bien passé. Les jeunes et moins jeunes étaient parfois tiraillés. Entre ces séries humoristiques et “Dlilek Mlak” de T7 qui passent en même temps. Quant aux feuilletons, les amoureux des petites histoires de fiction n’ont pas été privés. Ils ont eu des produits d’importation. Mais aussi du pur jus tunisien. Les feuilletons locaux, produits et réalisés par bon nombre de nos créateurs n’ont pas été grosso-modo un échec. Il y a eu toujours quelque chose à mâcher, du bon ou du mauvais sens. Mais, finalement, le Tunisien, quand il trouve de la nouveauté, il ne s’en plaint pas. Au contraire, il attache beaucoup d’attention au produit tunisien. Il sympathise avec les acteurs connus et découvre de nouveaux visages et talents. Ceci a été l’occasion pour alimenter tant de dicussions et surtout de critiques. Cette frénésie de feuilletons télévisés, comme “Charaâ al Hob”, “Le retour du Miniar”, “Chaâbane fi Romdhane” ou autres “El Khottab Al Bab” était finalement et malgré les quelques carences la bienvenue. Généralement, nos chaînes ont répondu aux attentes du grand public et ont été attachantes. Les spectateurs n’ont pas cherché beaucoup ailleurs. Sauf dans quelques cas. Comme ces “fawazir” d’un temps révolu que l’indéboulonnable Aïda Boubaker tente d’animer avec ses épisodes “Fi ramchet Aïn” qui s’étirent interminablement sur des longues minutes, provocant un ennui à souhait, à nous faire bâiller, et nous envoie à nos affaires avant le journal de 20h00. Et avant de replonger à nouveau, devant le petit écran. Où on a de tout. Tantôt il y a de la créativité débordante, tantôt de la redondance à plaisir. Mais on a eu de la multiplicité et ceci est bon, toujours bon. Car ça va se jouer entre les chaînes et leurs offres et que le meilleur de ces écrans gagne sur terrain. Seul juge est le spectateur. Qu’on doit respecter et lui donner de la bonne matière pour qu’il puisse se voir dans le miroir. Du réel et surtout tiré de notre quotidien. Et le Tunisien, par preuve, est sensible et aime consommer le local, un produit bien de chez lui. Ca le touche de près. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com