G-B – loi antiterroriste : Blair contre tous





Conforté par les sondages, le Premier ministre britannique Tony Blair reste déterminé à obtenir du Parlement une prolongation à 90 jours de la garde à vue pour les suspects de terrorisme, en dépit de la grogne de son parti travailliste et des attaques de l'opposition. Le Quotidien - Agences Lors d'une réunion avant-hier soir des députés travaillistes à Westminster, Blair a repris l'initiative en proposant de limiter à un an la validité de sa loi antiterroriste. Son extension éventuelle nécessiterait un nouveau vote des députés. En échange, les députés sont appelés à soutenir la disposition la plus controversée du texte, qui autorise la police à détenir 90 jours sans inculpation les suspects de terrorisme, contre 14 jours actuellement. Tony Blair, qui bénéficie du soutien de l'opinion publique selon tous les sondages, a, semble-t-il, été persuasif puisqu'à l'issue de la réunion, plusieurs députés jusque-là récalcitrants se sont dits convaincus. Selon le quotidien The Times hier, 64% des Britanniques sont favorables aux 90 jours et The Sun, le journal britannique au plus fort tirage, faisait campagne hier pour ce projet en lui consacrant toute sa première page. Ann Clwyd, qui présidait la réunion des parlementaires du Labour, a ainsi estimé que "très peu de députés travaillistes s'opposeront au gouvernement mercredi", jour du vote sur le projet de loi. "Lors de la réunion, (des députés) disaient qu'actuellement, la police ne se sert pas toujours du nombre total de jours dont elle dispose. Alors pourquoi en serait-il différemment avec les 90 jours ?", a-t-elle relevé. * Sans consensus Le ministre britannique de l'Intérieur Charles Clarke a indiqué que le gouvernement avait renoncé à parvenir à un consensus avec l'opposition. "Les conservateurs et les libéraux-démocrates ont très, très clairement indiqué avant-hier (lundi) qu'ils n'étaient pas prêts à aller au-delà d'une période de détention de 28 jours", a déclaré Clarke sur la BBC. "Sur cette base, le consensus que j'espérais obtenir ne peut plus être atteint", a-t-il poursuivi. Pour le Premier ministre, le défi autour de ce projet de loi est double. D'une part, il se dit convaincu que le texte se justifie au vu de la menace terroriste qui pèse sur la Grande-Bretagne, en particulier après les attentats de Londres, le 7 juillet (56 morts, plus de 700 blessés). En second lieu, Tony Blair a vu son autorité politique remise en cause à l'occasion de cette affaire, et nombre d'observateurs politiques se sont ouvertement interrogés sur sa capacité à durer à Downing Street. Le sondage du Times a même révélé que 59% des Britanniques estimaient que le Premier ministre, réélu avec une courte majorité le 5 mai, était en train de perdre de son autorité politique. En cas d'adoption du texte par les députés aujourd’hui, Blair ferait encore une fois taire les critiques et démontrerait qu'il tient toujours la barre. Ce serait aussi une occasion de plus de se refaire au dépens des tories, en pointe dans l'opposition au texte et toujours en quête d'un nouveau leader. Clarke s'est dit convaincu que le gouvernement allait l'emporter au Parlement. "J'escompte que nous ne perdrons pas ce vote", a-t-il déclaré. Par précaution, une solution de secours a toutefois été subtilement élaborée, avec un amendement d'une député travailliste établissant à 60 jours la durée de la détention sans inculpation.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com