Une carrière entre guillemets





Quand elle a ouvert les yeux à Bologne en Italie, Ricarda Vivarelli Matondo avait presque le crayon à la main. «J’ai toujours dessiné tout ce que je pouvais copier et inventer et je mettais tout sur papier: des maisons, des habits de ma poupée et même des chaussures, à l’époque je voulais devenir esthéticienne», dit-elle tendrement. Le destin a voulu que les Vivarelli aillent à Milan et s’y installent définitivement. L’enfant a grandi de quelques centimètres avec toujours la même passion. Au lycée, l’adolescente s’inscrit en parallèle de ses études à l’académie Brera, une école très fréquentée, où on apprend à dessiner les nus et les anatomies humaines. La petite Ricarda attire l’attention de ses professeurs qui voient en elle une dessinatrice prometteuse et lui donnent un coup de pouce. L’adolescente prend de la maturité, découvre les grands de la sculpture comme Greco. Nous sommes à Milan dans les années 1970. L’artiste expose ses dessins et peintures pour la première fois. Puis elle entre dans le cercle culturel et artistique italien et fréquente l’atelier de Dorlando. Plus tard, elle devient sa collaboratrice et l’aide à élaborer les plus complexes des sculptures. Depuis, plusieurs expositions griffées de son nom suivront. Actuellement, «ses œuvres se trouvent dans les collections publiques et privées en Suisse, Belgique, France, Espagne, Yougoslavie, Canada, USA. Mais aussi au Koweït, Sénégal, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Cameroun, Tunisie, Liban et Italie». Entre temps, la demoiselle Vivarelli rencontre un ingénieur congolais qui suivait ses études post-universitaires à Milan. C’était en 1977. Il deviendra son mari. Regroupement familial oblige et madame Matondo quitte son pays natal pour vivre au Zaïre. Elle sera plus tard la maman d’Aimé, aujourd'hui à Paris pour son mastère en gestion, d’Hervé qui réside à Lausanne et poursuit ses études de polytechnique fédérale et le petit dernier, Yannick résidant à Milan où il fait des études en économie. Des événements ont eu lieu au Zaïre et Ricarda fut évacuée avec ses trois mômes comme tous les étrangers. En 1992, M. Matondo fut engagé par la BAD. Il rassemble sa petite famille et part en Côte d’Ivoire pour y rester treize ans. Ils se sont construit une belle maison à Abidjan avec une baie vitrée, donnant sur une vue imprenable et un atelier pour la chère Ricarda. Qui s’est bien intégrée dans la société africaine et qui parle couramment le français, sa deuxième langue et le lingala, la langue parlée à Kinshassa. Aujourd’hui, elle reprend ses activités et a tout le temps pour peindre les lumières de notre pays. Et elle est à «deux pas» de son pays natal. Z.A.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com