Constructions anarchiques à Hammamet : Quand le béton envahit les vergers d’agrumes…





• 40% des habitations sont construites sans autorisation de bâtir Les effets pervers de l’incroyable dynamique urbaine que connaît Hammamet se font de plus en plus sentir. Les habitations anarchiques poussent comme des champignons aux dépens de l’équilibre écologique et de l’esthétique de la ville. Hammamet-Le Quotidien Les écologistes tirent la sonnette d’alarme. Hammamet ressemble à une “énorme dalle de béton”, constatent les écolos originaires de cette station balnéaire de renommée mondiale située à 60 km de Tunis. Une récente étude réalisée par l’Association d’éducation relative à l’environnement à Hammamet (AERE) révèle que 40% des habitations sont construites sans autorisation de bâtir. “La construction anarchique est une vieille rengaine à Hammamet”, souligne Dr Salem Sahli, secrétaire général de l’Association. Et d’ajouter : “Ce problème ne concerne pas uniquement le logement dit social. Il touche de plus en plus les habitations de haut standing du fait que la ville des jasmins exerce une attraction inégalée sur les autochtones et les étrangers”. Trop peu de Hammamétois demandent des autorisations de bâtir auprès de la municipalité. Tout au long de l’année 2004 la mairie n’a reçu que 500 demandes d’autorisations de bâtir. 500 demandes ont été également déposées au cours des neuf premiers mois de l’année 2005. Un membre du conseil municipal confie que seuls 35% des demandes d’autorisations de bâtir sont satisfaites, ce qui correspond à une demande acceptée sur trois. * Besoins croissants Le service chargé de gérer l’expansion urbaine au sein de la municipalité semble incapable de maîtriser la dynamique urbaine et à lutter contre l’habitat anarchique. “Ce service formé d’une seule architecte urbaniste et de quatre techniciens a besoin d’être étoffé au plus vite”, fait remarquer Dr Sahli. Une étude réalisée à l’occasion de la révision du plan d’aménagement urbain (PAU) de la ville par M. Jalel Abdelkéfi, architecte urbaniste, démontre que la ville des jasmins a besoin de 600 hectares au cours des vingt prochaines années pour assurer le logement, équipement sanitaire, voiries... C’est pourquoi les responsables de l’AERE réclament l’intervention d’un opérateur public spécialisé dans le domaine de l’habitat à l’instar de l’Agence Foncière de l’Habitat (AFH) pour piloter la croissance urbaine de la ville. D’autant plus que la construction anarchique constitu une atteinte à l’esthétique de cette station balnéaire et pose de sérieux problèmes écologiques dus au recul continue des vergers d’agrumes qui constituent l’emblème de la région... Walid KHEFIFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com