Festival Méditerranéen de la B.D. : De l’imaginaire avant tout





“Un festival ne peut pas à lui seul promouvoir la bande dessinée tunisienne, il faudrait d’autres initiatives émanant des auteurs, éditeurs et auteurs opérateurs culturels”, explique Habib Bouhaouel, président du Festival méditerranéen de la Bande dessinée de Tunis. Dans le cadre de la 4ème session du festival méditerranéen de la B.D, qui s’est tenue à la médiathèque Charles-de-Gaulle de l’avenue de Paris de Tunis du 29 septembre au 2 octobre, une conférence était prévue le samedi soir “autour de la bande dessinée tunisienne”. On avait prévu aussi deux conférenciers, nos confrères Hatem Bouriel et Tahar Fazaâ. Ces derniers ayant fait faux bond, sans qu’aucune explication n’ait été donnée à leur absence et c’est Habib Bouhaoual, président du festival, qui a dû faire le boulot au pied levé. Dessinateur et bédéiste, qui a pris part à l’aventure de la B.D tunisienne depuis les années 1970, le conférencier improvisé maîtrisait bien son sujet. Les jeunes auditeurs présents, qui sont pour la plupart des étudiants aux Beaux-Arts ou à l’Institut supérieur des Sciences et Technologies du design, n’ont donc pas perdu au change. Au contraire. L’exposé de Bouhaouel était assez instructif et offrait l’avantage de la franchise. Oui, la bande dessinée tunisienne est en crise. Après des débuts très prometteurs dans les années 1970, elle passe actuellement par une période de vide à la fois institutionnelle et artistique. Les raisons sont multiples. Le conférencier en a cité certaines: le désintérêt des journaux pour cet art n’a d’égal que l’indifférence du public. Résultat: nombre de créateurs dans ce domaine se sont tournés vers d’autres formes d’expression. “Dans cet environnement peu propice au développement de la bande dessinée, quelques irréductibles continuent d’y croire. C’est le cas notamment de l’écrivain et éditeur Abdelaziz Belkhodja et du dessinateur humoriste Lotfi Ben Sassi”, explique Habib Bouhaouel qui a l’humilité et l’élégance de ne pas se citer lui-même parmi ces “résistants de la dernière heure”. Cette crise est d’autant plus inexplicable que la B.D a un marché dans notre pays comme partout ailleurs. A preuve: les albums produits par Apollonia Editions se sont très bien vendus. Il était un temps aussi où les journaux et magazines comme Le Temps, Réalités, La Presse et Tunis Hebdo consacraient un espace conséquent aux bandes dessinées. Il y avait aussi un public de lecteurs passionnés pour cet art. Il n’y a aujourd’hui aucune raison pour que tout cela cesse. Habib Bouhaoual plaide donc pour un retour de la B.D sur la scène médiatique et culturelle. Il faudrait pour cela plus que de simples initiatives institutionnelles comme l’organisation d’un festival, d’une conférence ou d’un atelier. Il faudrait aussi que les dessinateurs et bédéistes fassent preuve d’imagination, réinventent leur art, créent un nouvel imaginaire adapté à l’époque. “Nos ancêtres ont créé des personnages aussi attachants que Jha, Rass El Ghoul et Ommi Sissi. C’est à nous d'imaginer de nouveaux héros auxquels les jeunes d’aujourd’hui peuvent s’identifier”, explique Bouhaouel qui a déjà en tête le programme de sa cinquième édition. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com