«B d B d?o» : Pas de deux





Maria José Barandiaran et Maria José de Bustos jouent au piano comme elles dansent. En accordant leurs mouvements, regards, notes... La trentaine élégante, dans leur robe noire et leurs talons aiguilles, les deux pianistes espagnoles Maria José Barandiaran et Maria José de Bustos, qui aiment s’appeler par les initiales de leur nom B d B d?o, ont donné avant hier un concert à vingt doigts. Leur jeu sobre et juste, qui dénote une grande maîtrise du clavier, est servi par une grande sensibilité féminine. Leurs notes sont claires, légères, virevoltantes, à la fois accordées et libres, en tout cas assez joyeuses et enjouées pour donner à l’interprétation de deux jeunes femmes un cachet méditerranéen, lumineux et ensoleillé. Les morceaux présentés signés par Madina, Rodrigo, Ravel, Infante et Albeniz sont portés, il est vrai, par une forte inspiration espagnole voire andalouse. C’est sans doute la raison pour laquelle les deux musiciens les ont choisis pour leur premier concert carthaginois. Choix heureux s’il en est, qui a été très apprécié par les quelque deux cents mélomanes présents. Durant la soirée, Maria José Barandiaran et Maria José de Bustos étaient assises, l’une en face de l’autre, se regardaient jouer, dialoguaient par notes interposées. Elles exprimaient une forte complicité voire une amitié cimentée par une passion commune : le piano. Formées toutes deux au conservatoire de Saint Sébastien (Espagne), elles ont formé depuis 1990 un duo qui s’est produit un peu partout dans le monde, de Paris à Istanbul en passant par Moscou, Athènes, Stocklholm, Varsovie, Lisbonne, Manchester, Lyon, Bayonne, Toulouse, Buenos Aires, Montevideo, La Havane, Manille et le Caire. Elles ont aussi pris part à de nombreux festivals internationaux et se sont produites sous la direction de nombreux chef d’orchestre de renom. A la fin du concert, et en guise de remerciement au public qui les a applaudies chaleureusement, les deux pianistes ont interprété deux morceaux qui n’étaient pas prévus au programme : «La Danse du feu» de l’Espagnol Manuel de Falla et «La comparsa» du Cubain Lecuona qui participent du même dessin mélodique, inspiré des traditions populaires et folkloriques espagnoles. Les deux Maria José, qui comme de fausses-jumelles ne se quittent presque jamais, se produiront enthousiastes le 22 octobre à Avila. Puis à Saint Sébastien le 14 novembre. Elles sont aussi attendues le 8 décembre à Madrid. Zohra ABID


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com