Amine Letaïef : «J’ai attendu mon heure en silence»





Meilleur buteur du championnat après huit journées, Amine Letaïef a surpris plus d’un, car personne ou presque, ne le voyait passer si vite au premier plan. Seul Khaled Ben Yahia lui a donné sa chance et a vu juste. Interview d’un avant-centre discret dans la vie mais actif sur le terrain. Après une longue traversée du désert vous voilà au devant de la scène avec en prime la première place au classement des buteurs. Comment expliquez-vous cette métamorphose? — Il faut d’abord rendre hommage à mon entraîneur Khaled ben Yahia qui a cru en moi et m’a remis en confiance. Puis, avec la succession des matches, j’ai commencé à retrouver une bonne partie de mes sensations et de mon efficacité devant les buts adverses. Cela dit, le travail sérieux à l’entraînement m’a permis aussi de convaincre mon coach, et le reste, je l’ai accompli lors des matches que j’ai livrés jusque-là. Vous occupez aujourd’hui la première place au classement des buteurs avec six réalisations en huit matches. S’agit-il pour vous d’un objectif de premier ordre? — L’intérêt de l’équipe passant avant tout, je joue toujours pour contribuer au succès de l’Espérance mais si j’ai la chance de marquer ce sera tant mieux pour les deux. Cela dit, le titre de meilleur buteur s’il est acquis conjointement avec le titre de champion, je serai très heureux. Comme c’était le cas lors du dernier derby quand vous aviez déclaré sur ces mêmes colonnes que gagner et marquer vous comblait de bonheur. — Oui, car rien ne sert de marquer si, en fin de compte, l’équipe perd le match. Face au C.A mon vœu a été exaucé car je tenais à gagner et à marquer vu que rien ne vaut le triomphe dans un derby de ce genre; au stade de Radès et face à un grand public. Avant de revenir au premier plan, avez-vous douté de vos capacités quand vous étiez souvent sur le banc? — Croyez-moi, j’ai beaucoup souffert oui, mais je n’ai jamais douté car j’ai confiance en mes moyens. J’ai toujours fait partie des équipes nationales, des jeunes, puis olympique et enfin avec la sélection A. Je faisais même partie du groupe qui a remporté la Coupe d’Afrique 2004. J’attendais mon heure en silence jusqu’à l’arrivée de Khaled Ben Yahia. Avez-vous un message particulier à ceux qui vous ont “enterré” très tôt? — Je sais que certains n’ont jamais cru en moi même quand je faisais partie des internationaux. Et ma revanche, je la prends aujourd’hui sur les terrains. Croyez-vous avoir atteint votre meilleur niveau à l’heure actuelle? — Non, j’estime sincèrement que j’ai les moyens de faire beaucoup mieux, car le travail sérieux finit toujours par payer. Et si on évolue dans un milieu sain, l’épanouissement ne saura tarder. Ces derniers temps les formules changent souvent au front de l’attaque de l’Espérance. Comment arrivez-vous à vous adapter aux choix de l’entraîneur? — Un joueur professionnel doit se plier aux plans de son coach. Zitouni, Dos Santos et moi-même donnons le meilleur de nous-mêmes sans nous poser de question du moment que l’intérêt du club est en jeu. Passons maintenant à l’événement de ce week-end. Un explosif Tunisie-Maroc se profile à l’horizon. Comment se présente pour vous ce match, vous qui connaissez si bien la sélection? — Ce sera une opposition très difficile. Pour la Tunisie, se qualifier au Mondial est nécessaire. J’ai confiance en mes camarades et je sais que malgré la difficulté de la tâche, les protégés de Lemerre iront au bout de leurs intentions et feront le bonheur de tous les Tunisiens. Après avoir fait partie du groupe convoqué pour le match face au Kenya vous voilà hors-liste avant ce Tunisie-Maroc. Comment ressentez-vous cela? — Sans aucun état d’âme particulier. Le dernier mot revient au sélectionneur qui choisit selon les exigences de chaque rencontre. J’espère aussi vois mes camarades se qualifier à la Coupe du Monde et arracher une place parmi eux avant le grand rendez-vous de l’Allemagne 2006. Propos recueillis par Jamel BELHASSEN


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com