Un ancien marine fustige la brutalité américaine en Irak : «La campagne militaire US… un génocide»





L'entraînement militaire américain a formé des troupes tellement insensibles à la violence que la brutalité fait loi aujourd'hui sur le terrain en Irak, attisant la résistance, accuse le livre, paru hier en France, d'un ancien marine. Le Quotidien-Agences Jimmy Massey, un ex-sergent, juge dans un entretien que les attaques quotidiennes infligées aux forces armées américaines et aux civils irakiens n'expliquent pas "la brutalité que la population irakienne a vue au début de l'invasion". Dans son livre "Kill! Kill! Kill!" (Tue! Tue! Tue!), il affirme que des Marines de son unité ont tué des dizaines de civils non armés en raison d'une perception exagérée du danger, ajoutant qu'ils en éprouvaient une exaltation d'ordre sexuel. "Je n'ai pas trouvé d'éditeur américain", précise l'auteur, dont le livre est sorti en France, en français. La journaliste française qui l'a aidé à écrire son ouvrage, Natasha Saulnier, a estimé que les groupes d'édition américains avaient peur d'un livre "sujet à controverse" pouvant entraîner des conséquences commerciales et nuire à l'image des troupes auprès de l'opinion publique. Massey, parti d'Irak en mai 2003, a écrit le livre après avoir quitté l'armée en souffrant d'un stress post-traumatique. "L'expérience m'a aidé à cicatriser", explique-t-il. "Elle m'a permis de fermer beaucoup de chapitres et de répondre à beaucoup de questions". Dans son livre, il raconte que lui et un groupe de Marines se rendaient près de Bagdad lorsque dix Irakiens ont commencé un mouvement de protestation en criant des slogans anti-américains. Entendant le son d'un coup de feu, lui et son unité ont tiré sur le groupe, tuant la plupart des manifestants avant de découvrir qu'aucun d'eux n'était armé. * La responsabilité de Bush Il évoque aussi plusieurs épisodes à des barrages où des civils non armés n'ont pas arrêté leur voiture et ont été abattus. Il se souvient avoir interpellé un jour un officier en lui disant que la campagne militaire américaine "ressemble à un génocide" et que "notre seul objectif en Irak, c'est le pétrole et le profit". Pour Jimmy Massey, cette violence ordinaire à laquelle il a participé était le résultat d'un entraînement au combat approuvé dans les hautes sphères du commandement américain. Les révélations sur les mauvais traitements de prisonniers irakiens par des soldats américains dans la prison d'Abou Ghraib et ailleurs en Irak sont symptomatiques du problème, souligne l'auteur du livre. Les briefings militaires font que les soldats perçoivent "tout le monde comme un terroriste potentiel". "Ils instillent de la peur et de la panique aux Marines", juge-t-il. L'administration du président Bush a une responsabilité "dans les atrocités et les meurtres à des barrages", accuse l'ancien soldat. Son éditeur a précisé qu'aucune version anglaise du livre n'est prévue pour l'instant, mais qu'une édition espagnole sortira au début 2006. _____________________________ Le Sénat américain interdit explicitement les sévices contre les prisonniers Le Quotidien-Agences Le Sénat américain a interdit explicitement hier aux militaires de torturer et maltraiter des prisonniers, une semaine après la condamnation de la soldate Lynndie England, symbole du scandale des sévices infligés dans la prison irakienne d'Abou Ghraib. Cette mesure était soutenue notamment par l'ancien secrétaire d'Etat du président George W. Bush Bush, Colin Powell, ancien chef d'état-major interarmées, et l'organisation de défense des libertés individuelles ACLU. L'amendement stipule qu'"aucun individu sous la garde ou le contrôle physique du gouvernement des Etats-Unis, quels que soient sa nationalité et son lieu de détention, ne doit être soumis à des traitements ou punitions cruels, inhumains ou dégradants". La présidence américaine a une nouvelle fois exprimé mercredi son opposition à cette mesure. "Cela limiterait la capacité du président, en tant que commandant en chef , à mener efficacement la guerre contre le terrorisme", a assuré le porte-parole Scott McClellan.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com