Aigles de Carthage – Lions de l’Atlas : Voyage dans les tréfonds du derby maghrébin





Un total de 21 points enverrait les Aigles de Carthage au septième ciel et le bonheur ne tient donc plus qu’à un simple petit point à prendre, ce soir, par une superbe soirée ramadanesque, devant les Lions de l’Atlas. Comme attendu depuis le tirage au sort des éliminatoires combinées CAN-Mondial 2006, le dernier match du groupe 5 Tunisie-Maroc servira de finale donnant droit à un visa pour l’Allemagne, du 9 juin au 9 juillet 2006. Le derby maghrébin a le plus souvent donné lieu à des nuls au bout d’affrontements crispants, tendus et très engagés. Et les hommes de Lemerre se contenteraient volontiers cette fois-ci d’un nouveau partage des points. La donne va à l’évidence totalement changer par rapport à celle du match aller (1-1) lorsque même une défaite de l’un ou de l’autre n’avait pas encore un effet irrémédiable. Demain, on peut aisément deviner que les hommes de Badou Zaki vont se livrer à fond : le sélectionneur chérifien voudrait avoir le cœur net en ne laissant aucune marge aux reproches. Les artificiers Jawad Zaïri (Sochaux) et Youssef Hajji (Rennes) seront ses meilleurs atouts. Les «Lions» ont l’habitude d’insister sur le versant droit où Walid Ragragui vient souvent prêter main forte à Boukhari. La recherche du surnombre sera peut-être le thème prédominant d’autant que le pressing requiert une présence massive à chaque zone du terrain. Et dans ce souci constant de créer le surnombre, il faudra se montrer vigilant devant les plongées fréquentes de Talal El Karkouri, auteur d’un but contre la Tunisie (sur coup-franc) et d’un autre, le 3 septembre dernier lors de la victoire dans la douleur (1-0) assurée face au Botswana, à Rabat même. Pour la qualité du centrage, il faudra faire très attention d’autant que les avants marocains possèdent un excellent jeu de tête qu’ils surent souvent imposer au sein du Championnat de France. * «E.N. en danger» Il faudra s’attendre demain dans la cuvette de Radès, à une fulgurante réaction d’amour-propre venant de la part d’un ensemble déstabilisé par la polémique et par une féroce campagne de presse engagée depuis la perte du leadership du groupe 5 au profit des hommes de Roger Lemerre. Au cœur de cette campagne, on pouvait ainsi lire sur les colonnes du quotidien «L’opinion» ceci : «Eh là là... Eh là là... il y a une équipe nationale en danger. Une équipe nationale qui a enchanté le public marocain et l’a fait sortir fêter sa joie dans la rue, une équipe nationale où les talents ne manquent pas, où les individualités sont remarquables et où les résultats sont des plus honorables et des plus encourageants (...). Or, comme le «sensass» marche fort par les temps qui courent, on est en train de s’aventurer dans des situations de crise qui vont nous mener à une débandade générale (...) Aussi, est-il temps de mettre le holà à cette déstabilisation orchestrée pour des raisons discutables, voire inavouables». Cette rage de démontrer que tout ce qui s’écrit et se dit à leur sujet peut se transformer en un incomparable levier et en un formidable élixir qui épargneraient à Zaki, le sélectionneur fortement déstabilisé et contesté, mille et un discours savants pour motiver ses troupes. Et comme les comparaisons font la joie des sportifs et le délice des fans, il n’est pas inutile de rappeler l’océan de sérénité qui confine au conformisme dans lequel nagent les copains de Hatem Trabelsi depuis l’avènement, l’été 2002, de l’ancien coach des «Bleus». C’est à peine si, par une remarque tirée par les cheveux, on invite de temps en temps celui-ci à se montrer moins prudent d’autant que l’allégresse n’a pas de prix et que tout le monde voudrait voir ses favoris adopter en tout temps et en tout lieu une attitude offensive. Comme on peut le constater, dans le match-piège de Radès, les difficultés seront aussi bien d’ordre technique que psychologique pour les «Aigles de Carthage» qui raffolent, tout compte fait, de ces matches-couperet où tout se joue à quitte ou double l’espace de deux mi-temps, sans possibilité de rachat. Ils ont appris à puiser au fond de leurs ressources et d’aller même bien au-delà, la campagne de la CAN-2004 servant à cet effet d’excellente mise à l’épreuve et d’examen probant. S.R. ____________________________ Leurs impressions Ali Boumnijel “Je m’attends à une rencontre difficile et même très disputée. On aura l’avantage du terrain, du public et du classement, mais rien n’est gagné d’avance. A nous de faire preuve de la même rigueur qui nous a permis de briller depuis quelque temps, et sur ce plan, je considère qu’on a encore un avantage sur l’adversaire”. Slim Ben Achour “Nous aurons en face un adversaire très motivé et nous devrons le prendre très au sérieux malgré les conditions favorables dont nous disposons. Pour réaliser notre objectif, il va falloir sortir un grand match et ne rien lâcher à l’adversaire. Je suis optimiste car on a les moyens pour le faire. Karim Hagui “Les deux équipes se connaissent parfaitement et un tel match nécessitera peut-être une concentration extrême, mais surtout une grande expérience. Sur ce plan, la nôtre est plus importante et elle fera, à mon avis, la différence”. Radhi Jaïdi “Ce sera dur face à une formation marocaine très motivée qui pensera peut-être à prendre sa revanche après la finale perdue à la CAN 2004. Nous avons bien travaillé et nous sommes prêts à relever le défi. Je m’attends à voir toute l’équipe carburer à merveille et les défenseurs en feront de même puisqu’ils retrouvent tous la grande forme et se remettent même à marquer”. Adel Chedli “Ca fait longtemps qu’on travaille dur et rien ne peut nous récompenser qu’une qualification au Mondial. Alors, pas question de rater l’aubaine. Nous sommes conscients de la lourde tâche qui nous attend et nous sommes déterminés à relever le défi. L’adversaire est valeureux et fera tout pour nous piéger, mais nous sommes prêts pour le battre de nouveau et confirmer notre suprématie”. Propos recueillis par K.Z.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com