Kamel Chebli (Entr. C.A.) : “Je n’ai pas trouvé des joueurs indisciplinés”





L’enfant du club a sans hésitation accepté de relever le défi là où beaucoup d’autres se seraient dérobés. Kamel Chebli, 20 ans de carrière de joueur au C.A depuis les jeunes catégories jusqu’aux sommets d’une fabuleuse aventure argentine parmi la bande à Chétali, n’a pas eu la carrière d’entraîneur qui en ferait aujourd’hui l’un des “gourous” de la corporation. Comment avez-vous trouvé le Club Africain à votre arrivée il y a dix jours? — Rien de vraiment alarmant. Au contraire, j’ai trouvé des joueurs “corrects” qui veulent travailler et qui m’ont dit d’emblée: “Vous allez voir, on est prêt à relever le défi”. Je n’ai trouvé à vrai dire aucun problème d’autant que l’ambiance est bonne. Les joueurs savent se préparer convenablement. Il y a de la volonté chez eux. On les sent totalement professionnels. Le match de Sfax contre le C.S.S vous a un peu bousculé puisque vous l’aviez conduit après une ou deux séances d’entraînement sous vos ordres… — Oui, j’aurais bien aimé disposer d’un peu plus de temps de travail, mais il faut savoir s’adapter en football. C’est Ramadan et en plus d’une séance matinale, je prévois une autre le soir chaque mardi. Je crois que notre prochaine sortie sera déterminante car elle doit nous redonner goût à la victoire. Youssef Zouaoui, votre prédécesseur, s’était plaint de problèmes de discipline en plein derby de la capitale? — Jusque-là, je n’ai pas rencontré de problèmes de discipline. Mes joueurs se donnent à fond et suivent les consignes. Certes il y a quelquefois de petits détails. Si l’on constate un manquement à ses devoirs, il faut savoir sanctionner. A vrai dire, chacun, agit selon ses convictions. J’entame depuis voilà dix sept ans. je crois n’avoir trouvé aucun problème. En vérité, j’ai le plus souvent exercé à la tête de clubs appartenant à la Nationale “B” avec leurs cortèges de problèmes qui sont plus importants et plus difficiles à résoudre que ceux de l’élite: joueurs non payés, pas d’argent pour mettre sur pied un stage ou recruter de bons joueurs… Justement, cela doit vous sembler un peu drôle de chapeauter un club de la Ligue 1 qui, par dessus le marché, appartient à la fameuse bande des quatre grosses cylindrées… — Un peu drôle, ce n’est pas vraiment le terme. On peut penser que Kamel Chebli va avoir la trouille à la tête du Club Africain. Non il n’est pas dans ma nature d’avoir peur et ce challenge ne m’effraie pas plus qu’un autre. Je ne suis pas tombé de la dernière pluie, comme on dit, et je pense pouvoir me vanter d’avoir disputé quelque chose comme 350 ou 360 matches avec le Club Africain, dont près d’une trentaine de derbys. Dans ma carrière de joueur (près de 20 ans depuis les jeunes catégories), je n’ai jamais ressenti la trouille, même dans les matches à gros enjeux. Et puis, n’oubliez pas qu’ici, je suis chez moi, dans mon club à lui donner un coup de main lorsque cela s’avère nécessaire. Il suffit de tenir les mots qu’il faut responsabiliser les joueurs et leur faire confiance en même temps. Pensez-vous disposer aujourd’hui d’un effectif capable de tenir la route tout le long de la saison et de jouer les premiers rôles? — Je crois que l’effectif a besoin d’être renforcé, l’hiver prochain, par un milieu offensif et un défenseur. Un étranger pourrait figurer parmi ces deux recrues. Entre-temps, il est impératif de ne pas céder du terrain en haut du tableau. Les matches nuls ne nous avancent plus à rien et les trois prochaines sorties (CAB et ESS à Tunis, l’ASM à la Marsa) seront cruciales à cet effet. Dans votre dispositif, vous comptez un fin stratège: le Malien Dramane Traoré. Occupe-t-il une place particulière sur l’échiquier clubiste? — Dramane est un faux lent qui vient généralement “dédoubler” Oussama Sellami sur le flanc gauche, se transformant en ailier capable d’adresser des centrages précis ou de permettre à Sellami de centrer. Quand il est en forme, il peut nous aider énormément. Oussama possède également une bonne technique et fait preuve de beaucoup d’intelligence. Tous les deux peuvent être tout à fait complémentaires. Le C.A n’a toujours pas résolu le problème du latéral droit où tour à tour on y voit se relayer les Zaâlani, Souissi ou encore Pape Touré… — Khaled Souissi reste à mon avis un bon joueur. Seulement, il a le tort de s’engager à fond, de se montrer impulsif ce qui lui fait commettre beaucoup de fautes. Il me semble qu’il est possible de l’essayer à d’autres postes. Quant à Touré, outre sa présence remarquable sur le flanc, il peut évoluer au milieu. Un milieu de terrain tenu par les observateurs pour être le point fort de l’équipe? — Oui, quand il est en forme, il est très bon. S’il y a des blessés et qu’il doive changer un ou deux éléments de ses composantes, il devient lent. Mais je crois que la porte est également ouverte devant quelques jeunes qu’il faudra essayer. Etes-vous d’avis que l’axe défensif représente depuis le début de saison le talon d’Achile de l’ensemble “rouge et blanc”? — Si cela est vrai, je l’imputerai à une mauvaise organisation collective en ce sens où il n’y a pas de couverture en diagonale. Au lieu de suivre le ballon, on a tendance à suivre l’adversaire là où il se déplace. Il vous faudra travailler énormément sur ces lacunes, en attendant que le groupe s’enrichisse. Quels sont vos favoris pour le titre de champion de Tunisie 2005/2006? —Je ne risque de surprendre personne en répondant “la bande des quatre favoris”. Sur la durée, ce quatuor sait se replacer et imposer ses plus grands moyens et son effectif pléthorique. L’Espérance S.T est revenue en force. Sera-t-elle le principal favori? — Non. Il n’y a rien de définitif. Le championnat est encore très long et il y a beaucoup de points à prendre. L’avantage de l’E.S.T tient à sa récente victoire dans le derby. Cela peut s’avérer important pour le moral dans l’immédiat. Mais la route est bien longue pour choisir un quelconque favori. Propos recueillis par S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com