Henri Zgheïb : Le poète qui chante la femme





Jeudi soir, deuxième jour de Ramadan, après la rupture du jeûne. Le poète Henri Zgheïb était invité par S.E. Chokri Abboud, ambassadeur du Liban à Tunis, à sa résidence. La soirée était tout en douceurs et en rimes. Et de haute facture littéraire. Les invités étaient bien sûr une dizaine d’ambassadeurs arabes accrédités à Tunis et des personnalités libanaises résidant en Tunisie. Mais surtout des poètes tunisiens. Il y avait notamment Jamila Mejri, Moncef Mezghani et autres Sghaïer Awled Ahmed. Ils ont tous apprécié ce qu’a déclamé Henri Zgheïb et applaudi les «maximes d’amour» qu’a égrenées avec élégance le patron de l’Odyssée et l’auteur d’une corbeille de quelque 72 titres entre poésie, prose, essais, biographie, traductions. Le poète libanais compte aussi 9 recueils dont un est une anthologie des extraits de ses poèmes traduits à Washington et publiés par la Maison d’édition New-Pen Bond. Si vous nous parliez de votre Odyssée ? Réponse du poète de la femme et de l’amour : «J’ai fondé l’Odyssée, qui est un comité littéraire et culturel en 1996. Ce centre est tenu par trois femmes, Alexa Kiameh, Mona Ghazal et Racha Najjar. Toutes trois très actives sur le plan culturel, artistique et social. Notre but est d’organiser des activités culturelles spécifiques en l’honneur des personnalités littéraires et politiques du Liban et du monde arabe. Comme la commémoration des personnes de proue décédées, tels Nassib Makarem, Taoufik Youssef Awad... Et surtout honorer des auteurs jeunes à l’occasion de la parution de leurs premières œuvres. Comme Leïla Othman du Koweït, Haïfa Yafet de l’Arabie saoudite». Qui volent aujourd’hui assez haut dans l’univers de la poésie contemporaine. De son Odyssée est né un festival poétique qui se tient chaque année, au mois de novembre, au bonheur de poètes arabes. Notre Jamila Mejri y a participé, comme tant de femmes de la région arabe et méditerranéenne. «L’Odyssée publie aussi trimestriellement une revue poétique et rend compte des poèmes non publiés antérieurement», nous raconte le poète du pays du Cèdre avec une éloquence hors-pair. Qu’avez-vous prévu pour la saison 2005-2006 ? «Surtout organiser des soirées poétiques chaque mois et ça va être exclusivement de la poésie classique et non moderne. C’est en fait pour rendre hommage à tout ce qui est classique arabe et contemporain, tout comme les orchestres symphoniques qui jouent de la musique classique. Le but de ce projet est de vivifier ce genre de poésie pour ne pas le laisser se faner dans les bouquins sur les étagères des bibliothèques», nous précise Henri Zgheïb. La poésie de Henri aborde principalement la femme esthétique et sentimentale avec «la précision très spécifique du niveau pur de Eve, contrairement à toute la poésie qui chosifie cette belle créature». Sa conception : la femme devrait être sublimée dans la poésie : «Elle est pour moi la belle combinaison de la mère, la fille, l’amie, la bien-aimée et comment oserait-on hachurer ce beau visage qui capture toute cette sublimation. Elle est toute amour et qu’on sublime l’amour, l’esthétique, la patrie», a-t-il dit. Henri Zghaïeb est né en décembre 1948 à Jounieh, sur les côtes sahéliennes libanaises où il a fréquenté ses écoles et lycées. De l’Université Saint Esprit Kaslik, il décroche des diplômes en littérature arabe, de philosophie lui permettant d’enseigner la littérature, la traduction. Puis il s’oriente vers l’écriture. Nous sommes en 1988, la situation au Liban était endémique. Henri Zgheïb quitte son pays natal et s’installe aux USA où il a enseigné en anglais la civilisation arabo-islamique. De retour au Liban en 1994, il reprend ses activités d’antan et cumule les responsabilités dans les journaux. Il occupe aussi le poste de président du Centre du patrimoine libanais au sein de l’Université américaine, de premier responsable du syndicat des artistes et autres activités dans les radios. Henri n’aime pas parler de la politique mais quand on lui a posé une question sur le rapport du PNUD, il était furieux : «Oui, il y a de quoi. Nous manquons de créativité. Nos intellectuels doivent sortir de l’ombre et s’imposer pour sauver ce qui reste à sauver de la Oumma...». Et d’ajouter qu’il a «une belle histoire avec notre pays qu’il a connu depuis un quart de siècle. C’était en 1980 avec Majda Erroumi à l’ouverture du Festival international de Carthage». Puis avec une poésie spéciale pour la Tunisie «De Tyr à Carthage» composée par Ghassen Rahabani. L’auteur de «Intimités» et «Improvisations sur le rythme de ton visage» a écrit pour plusieurs chanteurs comme Salwa Alqatrib, Ragheb Alama et autres Hiba Kawas qui vient d’ouvrir la 23ème édition du Festival de la médina. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com