La Tunisie au Mondial 2006 : A vaincre sans péril…





“Rien ne nous rend si grand qu’une grande douleur”, disait Alfred de Musset. La Tunisie a bien souffert face au Maroc avant de forcer la décision et atteindre son objectif, à savoir se qualifier pour la Coupe du monde 2006, et cette réussite n’a eu que plus d’éclat. Les péripéties du dernier match Tunisie-Maroc et qui ont donné des frissons aux joueurs, staff technique et public, nous rappellent encore une fois qu’en football, on ne peut jurer de rien et que, malgré tous les atouts dont on dispose, la vérité du terrain peut prendre de court les plus grands prévoyants et les techniciens les plus avertis. Le football, c’est aussi ça, c’est surtout ça et c’est ce qui fait son charme. En effet, qui aurait prévu ce début catastrophique des nôtres qui étaient étrangement fébriles dès les premiers échanges de balle, qui avaient encaissé en première période deux buts stupides et avaient perdu comme par enchantement leur jeu. Il était évident que les Boumnijel, Jaïdi, Trabelsi et consorts étaient comme enchaînés par ce satané stress et cette diabolique pression. Il fallait faire face à un redoutable adversaire marocain qui jouait son va-tout, lutter contre la course inexorable des minutes, contenter ce merveilleux public venu faire la fête et résister à la pression. Ajoutez à toutes ces exigences un but encaissé d’entrée et un jour sans sur le plan technique. Avouez que ça faisait trop pour nos représentants. Ces derniers n’ont dû en fin de compte leur salut qu’à cette rage de vaincre et cette volonté inébranlable d’aller au bout de leurs intentions. Qu’importe la manière, l’essentiel samedi était de se qualifier, tout le reste n’est que littérature car l’histoire ne retiendra que le résultat final. Ainsi, ces souffrances endurées ont conféré justement à la qualification, la joie, la délivrance et le soulagement. Mais force est de reconnaître aussi que ce passage en Allemagne s’est dessiné depuis quelques mois déjà quand les camarades de Dos Santos ont réussi les plus belles conquêtes et comme le dit le vieil adage “A quelque chose malheur est bon”. La prestation en demi-teinte de samedi dernier rappelle à tous qu’en football, le labeur est quotidien et que rien n’est acquis définitivement. La bande à Lemerre a encore beaucoup à apprendre et que pour réussir la prochaine CAN et le prochain Mondial, il faut bien cravacher dur, en toute humilité pour défendre honorablement le dernier titre continental remportée haut la main en 2004 et réussir le séjour en Allemagne en juin prochain. Roger lemerre, qui a bien souffert samedi dernier et qui était à un certain moment méconnaissable, est bien averti. Et un technicien averti en vaut deux, mais aussi “qui sait souffrir, peut tout oser”. Jamel BELHASSEN ______________________________ Paroles de Médias Frank Simon (France Football) “J’ai vu un match très disputé mais avec beaucoup de gestes d’anti-jeu. Mentalement les protagonistes étaient amoindris car très crispés. Le but heureux de Adel Chedly a permis aux Tunisiens de s’en sortir malgré un petit match sur le plan technique. Les Marocains étaient bien déçus, car ils quittent l’épreuve sans avoir subi la moindre défaite”. Jean Philippe Cointot (L’Equipe) “C’était un vrai match de Coupe. Les joueurs étaient sur leurs nerfs. A un certain moment, j’ai eu peur pour les Tunisiens. Ils m’ont donné l’impression d’avoir peur de gagner, mais finalement leur qualification à la Coupe du monde est amplement méritée. Ils ont fait preuve d’une grande force de caractère. Les Marocains, qui n’ont perdu aucun match, ont fait en cours de route un nul de trop”. Mohamed Ben Thabet (Essahra Maghrebia) “Voilà une élimination amère pour le Maroc qui a perdu des points bêtement en cours de route. La prestation a été bonne dans l’ensemble, mais quelques détails ont fait la différence en faveur de la Tunisie”. Propos recueillis par J.B.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com